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vendredi 6 août 2021

PASSIONELLES EMPREINTES

PASSIONELLES EMPREINTES

 

Je suis un amoureux au petit matin blême :

Un preste céladon de grandes avenues,

Qui, à la boutonnière, porte pour l’ingénue,

Un rose blanche semblable au diadème.

 

Je suis de ces galants solitaires et affables,

Dont l’ouïe est attentive aux conseils des sages ;

En libre-penseur, au détour de vos pages,

Ai vu naître l’enfance aux mesures des fables.

 

Mes quinze ans ont semé galets sur les plages

Où les filles s’étoffent de conciliabules,

Au soir de l’astre bleu, quand la nuit funambule

Avance sur le fil de comètes peu sages.

 

J’étais en ma réserve de soupirant fragile,

Aquafortiste aux flamboyantes teintes :

Etrange portraitiste sans ruses, ni feintes,

Agrémentant de rêves l’odalisque docile.

 

L’adolescence mienne ne fut pas récessive ;

Elle s’ajustait souvent aux rétives nubiles

Enjuguant quelquefois d’étreintes malhabiles,

Les prétentions leurs, les envies concessives.

 

Aux aurores, céans, je parcours en chantant,

L’allée où les vierges s’adornent de soupirs,

De rires affectés cueillis, et pour s’en échampir,

Du béjaune égaré en de fades printemps.

 

Je suis un amoureux en habit de trouvère ;

J’effeuille marguerite au jardin de Psyché ;

Ma peau est traversée d’un cœur haut-perché

Agitant ses grelots, toujours à découvert…

 

Si je caresse encor, des vibrantes musiques,

Le sulfureux tempo, ma voix, elle, en adoucit

L’espace… veloutée de cantates, elle forcit

Parfois du contre-ut, l’élocution turcique.

 

Je demeure _ grand bien m’y fasse ! _

Sous la charmille de nouveaux prétendants,

Rassuré à l’idée qu’il y a ; il aura des perdants,

De bien tristes loosers dont je ravis la place.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

jeudi 5 août 2021

A RECULONS… (Quand je serai enfant)

A RECULONS…

 (Quand je serai enfant)


Quand je serai enfant sur les berges vieillies,

Verrai de la mer les insolentes vagues ;

Je regarderai naître, après folles saillies,

Les chiots nouveau-nés, sans la rague

 

Enroulée au nichoir couvé de moinelles,

Et qu’épient les turbulents gamins :

Ces garnements rusés, sous la tonnelle

Abritant la portée, à l’orée du chemin.

 

Quand je serai géant au milieu des gnomes,

L’étrange, du quotidien, se laissera vêtir ;

Les âmes animées deviendront des hommes,

 

Et les filles, princesses devenues, sans mentir,

Feront promesses… sans user d’addendum

Aux garçons qui vécurent jadis en oppidum.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

BEL ETE

BEL ETE

 

Eté, mon bel été : te voilà à ma porte !

Il semble que les vents t’entoilent

De douceur et te ceignent d’étoiles

Gravitant en splendides cohortes.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

EMOTIONS LAMINEES

EMOTIONS LAMINEES

 

Quand s’étirent les jours, se prolongent les nuits,

L’absence vient emmurer de mes songes dociles,

L’onirique support… s’y promènent, graciles,

Les filles captives d'offenses méconnues de l’ennui,

Enfiévrées d’hédonisme, de prétentions fragiles.

 

Quand la tissulaire trame, ce subéreux piège

Se déploie en mes lunes, je me couche, vaincu

De ces trop lourds clichés où l’enfance a vécu,

Enjuguée du mensonge des grands ; y siège

La peur du retenir… bradée à moindre écu.

 

Se faut-il rédimer aux grilles d’un confessionnal,

Anonner à l’ouïe d’un cacochyme nonce,

De futiles grimaces, d’aciculaires oponces,

Se laisser du nopal, lacérer ; de pompes atonales,

Psalmodier en l’état des litanies absconses ?

 

Quand l’hiver vient river à mon futur chaste,

De vexantes images ceintes de sénescence,

Je rabroue du passé l’obséquieuse décence :

Ce trompeur narcotique aux atteintes néfastes

Et qu’inhale le couard défait d’outrecuidance.

 


Que dois-je imaginer en ces rites forcés,

Ces mimiques larvées de concussionnaires

Dont la bourse pleine refrène l’adversaire

Egaré aux maltôtes, et par trop engoncé

A l’ajour d’un triste prébendier agencé

Au luxe d’un notable si l’exacteur l'enserre ?

 

Quand je verrai l’automne entasser à ma porte,

Reliquat de chagrin, séquelles d’hypocondrie,

Mes larmes ne seront, décavées d’anhydrie,

Qu’éphémères crevasses, rhagades mortes…

Tomberont les volets enchâssés d’hémiédrie,

Derrière le mantelet d'émotions plus fortes.   

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mercredi 4 août 2021

L’ADIEU Didier BARBELIVIEN

L’ADIEU

Didier BARBELIVIEN

 

Adieu
Aux arbres mouillés de septembre
A leur soleil de souvenirs
A ces mots doux
A ces mots tendres
Que je t'ai entendu me dire
A la faveur d'un chemin creux
Où d'une bougie allumée
Adieu à ce qui fut nous deux
A la passion du verbe aimer

Adieu
Est une infinie diligence
Où les chevaux ont dû souffrir
Où les reflets de ton absence
Ont marqué l'ombre du plaisir

L'adieu est une lettre de toi
Que je garderai sur mon cœur
Une illusion de toi et moi
Une impression de vivre ailleurs

L'adieu
N'est que vérité devant Dieu
Tout le reste est lettres à écrire
A ceux qui se sont dit adieu
Quand il fallait se retenir
Tu ne peux plus baisser les yeux
Devant le rouge des cheminées
Nous avons connus d'autres feux
Qui nous ont si bien consumés

L'adieu
C'est nos deux corps qui se séparent
Sur la rivière du temps qui passe
Je ne sais pas pour qui tu pars
Et tu ne sais pas qui m'embrasse
Nous n'aurons plus de jalousies
Ni de paroles qui font souffrir
Aussi fort qu’on s’était choisis
Est fort le moment de partir

Oh l'adieu

L'adieu
C'est le sanglot long des horloges
Et les trompettes de Waterloo
Dire à tous ceux qui s'interrogent
Que l'amour est tombé à l'eau
D'un bateau ivre de tristesse
Qui nous a rongés toi et moi
Les passagers sont en détresse
Et j'en connais deux qui se noient

Adieu
Aux arbres mouillés de septembre
A leur soleil de souvenirs
A ces mots doux
A ces mots tendres
Que je t'ai entendu me dire
A la faveur d'un chemin creux
Où d'une bougie allumée
Adieu à ce qui fut nous deux
A la passion du verbe aimer

Adieu
C'est le loup blanc dans sa montagne
Et les chasseurs dans la vallée
Le soleil qui nous accompagne
Est une lune bête à pleurer
L'adieu ressemble à ces marées
Qui viendront tout ensevelir
Les marées avec les mariés
Le passé avec l'avenir

Oh l'adieu
Oh l'adieu
Adieu

 

Didier BARBELIVIEN

MON PETIT OISEAU

MON PETIT OISEAU

 

Mon petit oiseau s’est encor blessé ;

Il a, ce matin, chu de la noueuse branche,

En voulant approcher la fragile hanche

Du nid agrémenté de brindilles cassées.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mardi 3 août 2021

TENEBREUSES HARANGUES




TENEBREUSES HARANGUES

 

Fier, sur sa cathèdre, se prenant pour Dieu ;

Il se joue de la foi du Chrétien véritable…

Il voudrait tant et tant, pouvoir le mettre à table

Au ventre du Vatican, cet enfer de haut-lieu…


Il se croit invincible, mouchant de quiproquos,

Le larvaire buté, qui en blasphémateur,

Ose l’appeler ‘’père’’… lui, ce cynique menteur

Dont les prêches alimentent l’obstacle de l’écho.


Il croit régner en maître sur le simple d’esprit,

La pauvre ménagère, la béguine coincée ;

Dire que l’homme dont l’âme s’est laissée poncer,

Croit que ce funambule serti de lourds mépris :


Cet arrogant pape de prévariquât conduira

Les prétendus fidèles du noviciat de zélation,

Au Faîte du Royaume de La Belle Sion,

Ad patres, avec palmes et gloire, sous aura :


Cet éphémère nimbe dont le catholicisme

Ebaubi en l’état, agrémente l’icône de retable :

Pauvres hères ; ils sont de ces bistables :

Parures de labret soufflée du syncrétisme


A la lèvre romaine de chaisières dupées,

De moniales de mariolâtrie : folles vierges

En génuflexion devant un hideux cierge,

Pincées sous la férule de cardinaux huppés

Pénétrés de bombance, de rites et de pompes

Dont le faux magistère attise les plumets,

Aux tempêtes butées s’en venant allumer

La mèche d’un office de désuet psychopompe.

 

Lorsque s’écroulera cette Rome papale, ce fief :

Riche tombeau de blasphèmes annelés,

Princes et archevêques se feront tonneler

Du Divin Chasseur… l’esprit lesté de vains griefs,


Le mécréant boira de coupe pleine, le venin

Du serpent de l’Eden : ce fielleux pérore dont Eve

Sustenta à la lie sa balèvre lippue, cette sève

Eventée, au soir… enivrée de l’infect tanin,

Sans reconnaître_ bigame ! _   de la trêve,

L’Ultime semonce du Dieu en Colère : Brève

Admonition du Sauveur Eternel, en l’Appel Léonin.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021