Eté, mon bel été : te voilà à ma porte !
Il semble que les vents t’entoilent
De douceur et te ceignent d’étoiles
Gravitant en splendides cohortes.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Eté, mon bel été : te voilà à ma porte !
Il semble que les vents t’entoilent
De douceur et te ceignent d’étoiles
Gravitant en splendides cohortes.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Quand s’étirent les jours, se prolongent les
nuits,
L’absence vient emmurer de mes songes dociles,
L’onirique support… s’y promènent, graciles,
Les filles captives d'offenses méconnues de l’ennui,
Enfiévrées d’hédonisme, de prétentions fragiles.
Quand la tissulaire trame, ce subéreux piège
Se déploie en mes lunes, je me couche, vaincu
De ces trop lourds clichés où l’enfance a vécu,
Enjuguée du mensonge des grands ; y siège
La peur du retenir… bradée à moindre écu.
Se faut-il rédimer aux grilles d’un confessionnal,
Anonner à l’ouïe d’un cacochyme nonce,
De futiles grimaces, d’aciculaires oponces,
Se laisser du nopal, lacérer ; de pompes
atonales,
Psalmodier en l’état des litanies absconses ?
Quand l’hiver vient river à mon futur chaste,
De vexantes images ceintes de sénescence,
Je rabroue du passé l’obséquieuse décence :
Ce trompeur narcotique aux atteintes néfastes
Et qu’inhale le couard défait d’outrecuidance.
Que dois-je imaginer en ces rites forcés,
Ces mimiques larvées de concussionnaires
Dont la bourse pleine refrène l’adversaire
Egaré aux maltôtes, et par trop engoncé
A l’ajour d’un triste prébendier agencé
Au luxe d’un notable si l’exacteur l'enserre ?
Quand je verrai l’automne entasser à ma porte,
Reliquat de chagrin, séquelles d’hypocondrie,
Mes larmes ne seront, décavées d’anhydrie,
Qu’éphémères crevasses, rhagades mortes…
Tomberont les volets enchâssés d’hémiédrie,
Derrière le mantelet d'émotions plus fortes.
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2021
Didier BARBELIVIEN
Adieu
Aux arbres mouillés de septembre
A leur soleil de souvenirs
A ces mots doux
A ces mots tendres
Que je t'ai entendu me dire
A la faveur d'un chemin creux
Où d'une bougie allumée
Adieu à ce qui fut nous deux
A la passion du verbe aimer
Adieu
Est une infinie diligence
Où les chevaux ont dû souffrir
Où les reflets de ton absence
Ont marqué l'ombre du plaisir
L'adieu est une lettre de toi
Que je garderai sur mon cœur
Une illusion de toi et moi
Une impression de vivre ailleurs
L'adieu
N'est que vérité devant Dieu
Tout le reste est lettres à écrire
A ceux qui se sont dit adieu
Quand il fallait se retenir
Tu ne peux plus baisser les yeux
Devant le rouge des cheminées
Nous avons connus d'autres feux
Qui nous ont si bien consumés
L'adieu
C'est nos deux corps qui se séparent
Sur la rivière du temps qui passe
Je ne sais pas pour qui tu pars
Et tu ne sais pas qui m'embrasse
Nous n'aurons plus de jalousies
Ni de paroles qui font souffrir
Aussi fort qu’on s’était choisis
Est fort le moment de partir
Oh l'adieu
L'adieu
C'est le sanglot long des horloges
Et les trompettes de Waterloo
Dire à tous ceux qui s'interrogent
Que l'amour est tombé à l'eau
D'un bateau ivre de tristesse
Qui nous a rongés toi et moi
Les passagers sont en détresse
Et j'en connais deux qui se noient
Adieu
Aux arbres mouillés de septembre
A leur soleil de souvenirs
A ces mots doux
A ces mots tendres
Que je t'ai entendu me dire
A la faveur d'un chemin creux
Où d'une bougie allumée
Adieu à ce qui fut nous deux
A la passion du verbe aimer
Adieu
C'est le loup blanc dans sa montagne
Et les chasseurs dans la vallée
Le soleil qui nous accompagne
Est une lune bête à pleurer
L'adieu ressemble à ces marées
Qui viendront tout ensevelir
Les marées avec les mariés
Le passé avec l'avenir
Oh l'adieu
Oh l'adieu
Adieu
Didier BARBELIVIEN
Mon petit oiseau s’est encor blessé ;
Il a, ce matin, chu de la noueuse branche,
En voulant approcher la fragile hanche
Du nid agrémenté de brindilles cassées.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Fier, sur sa cathèdre, se prenant pour Dieu ;
Il se joue de la foi du Chrétien véritable…
Il voudrait tant et tant, pouvoir le mettre à
table
Au ventre du Vatican, cet enfer de haut-lieu…
Il se croit invincible, mouchant de quiproquos,
Le larvaire buté, qui en blasphémateur,
Ose l’appeler ‘’père’’… lui, ce cynique menteur
Dont les prêches alimentent l’obstacle de l’écho.
Il croit régner en maître sur le simple d’esprit,
La pauvre ménagère, la béguine coincée ;
Dire que l’homme dont l’âme s’est laissée poncer,
Croit que ce funambule serti de lourds mépris :
Cet arrogant pape de prévariquât conduira
Les prétendus fidèles du noviciat de zélation,
Au Faîte du Royaume de La Belle Sion,
Ad patres, avec palmes et gloire, sous aura :
Cet éphémère nimbe dont le catholicisme
Ebaubi en l’état, agrémente l’icône de retable :
Pauvres hères ; ils sont de ces bistables :
Parures de labret soufflée du syncrétisme
A la lèvre romaine de chaisières dupées,
De moniales de mariolâtrie : folles vierges
En génuflexion devant un hideux cierge,
Pincées sous la férule de cardinaux huppés
Pénétrés de bombance, de rites et de pompes
Dont le faux magistère attise les plumets,
Aux tempêtes butées s’en venant allumer
La mèche d’un office de désuet psychopompe.
Lorsque s’écroulera cette Rome papale, ce fief :
Riche tombeau de blasphèmes annelés,
Princes et archevêques se feront tonneler
Du Divin Chasseur… l’esprit lesté de vains griefs,
Le mécréant boira de coupe pleine, le venin
Du serpent de l’Eden : ce fielleux pérore
dont Eve
Sustenta à la lie sa balèvre lippue, cette sève
Eventée, au soir… enivrée de l’infect tanin,
Sans reconnaître_ bigame ! _ de
la trêve,
L’Ultime semonce du Dieu en Colère : Brève
Admonition du Sauveur Eternel, en l’Appel Léonin.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
A force de l’aimer, elle a fini par fuir
Les chemins étrécis de la ville fardée
De luminaires, de cocagnes, de cuirs
Entretenus de longs pylônes ardés.
A force de la suivre à travers la broussaille,
A l’orée de sentes ébranlées de grands vents,
Ai vu naître et mourir en mes champs de bataille,
Bonheur et infortune du remords éprouvant.
A force de marcher sur ses pas imprécis,
Ai fini par confondre, avant l’aube nouvelle,
L’insolente douleur du bretteur indécis,
Et la douce euphorie dont l’ivresse nivelle
L’affectivité, avant que d’assagir le cœur
Empreint de ce lyrisme qu’émousse la rancœur.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Juteuse comme l’offrande
aux rois,
Soutenue de saveurs toujours
inégalées ;
En un bruit sourd, aux vents… dégringolée,
S’affaisse sur la mousse, derrière la paroi
Où s’ébattent les larves
de sous-bois,
L’insecte accroché à nos
rudes mollets.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021