PLUMBUM
PLAGA*
Estocade plombée
Il est en ma demeure, au profil d'ombres
Qui lentement défilent au soir de mille plaintes,
Une fade silhouette que le silence éreinte :
Fugace empreinte d’une serve bien sombre…
Je l’entends se poser aux rais de l’abat-jour,
Comme éthérée, perdue : évanescente lune
Disjointe du réel, sans constance, immune,
Tel le loup épié de spires à contre-jour.
Il est en mon repos de pisteur alouvi
Dont les crocs, sans offre de pitance, enserrent
Du vide à conquérir, ce vaillant adversaire,
Au-delà de l’Ether, rogatons d’une piètre vie.
Quand s’éveille la femme en l’onirisme quiet
Captivant ma mémoire, je vois se raccourcir,
Aux primes renaissances, avant de s’étrécir,
Les lueurs s’en venant naître, s’appuyer
Aux parois de mon ciel de lit, s’accrocher là,
Aux tentures moirées du vieux baldaquin
Entretissé du feu de riches arlequins
Pavanant nuit et jour sur le froid altuglas.
Il est aux heures écornées de mon devenir,
Sans qu’il m’en soit donné de pouvoir l’expliquer,
Un être qui à ma peau s’y semble dupliquer,
Un double anxiogène que je voudrais bannir…
Hélas, de ces feintes soufflées, à mon réceptif,
S’intercalent des rêves proches de l’indécence ;
L’étrange parachève sans mal, de l’insolence,
L’effronterie notoire, se gorgeant d’impudence
En l'éclair de méandres pulsés de l’affectif…
Du douteux ressac où se cognent les peurs,
Aux pulvérulents miasmes d’existence,
L’angoisse encerne de la capacitance
Le réduplicatif excitant ma torpeur.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021