Disgrâce
En prince disgracié, tu fuis les alcôves
Où jadis ton aura sublimait les poètes ;
En des colichemardes talées de défaites,
Tu séduis la plèbe, drapé d’un raglan mauve…
Ta gouaille de cardinal rassure parfois,
L’écorchée vive ; ta faconde éveille,
De l'alexandrin, le fin dard de l’abeille
S’en venant butiner le nectar, en ce froid
Aux promesses onciaires, ces miettes
Eparses aux vents d’avril : fragments gagés
Dont tu as secret; ce dispendieux va piéger
Le cénacle ivre de subsides : inutile conquête
D’aréopage dupé de tes manœuvres… isolée,
Ta gouaille cerne de l’interdit, l’offense
Faite aux dames, aux portes du carmel…
Richelieu, trompeur d'oligarchie papale,
Pirouette en derviche, Sardanapale
Muché de la didascalie : doux murmel
D’un textus de palimpseste de copiste
Asservit à ta munificence de hâbleur
Au rets de la gent fortunée : banquistes
Voués au prédicat : sénestre de scripteur
Mis à mal d'emprunteurs, cosignataires,
Tristes négociants que la faillite enterre,
Mine de regrets gaussés du contempteur
Abrité sous ta toge de vil rigaudon
D’un roi en camisole : monarque châtré
De galantes déçues qu’il voudrait encloîtrer,
Et c’est peu de le dire ! poussées au bastidon
D’un pouvoir de réserve... au barycentre
D’un royaume pentu, dont tu scelles trop tôt,
Trop tard, peut-être (?) en vulgaire hottentot,
L’entrée empruntée de silènes pris au cantre
D’un ourdissoir placé entre les mains
D’une reine fardée en catin, une poupée
Au divan des débauches... découpée,
Puis, posée au sulfureux carmin
De la lèvre à baiser… agréable tenaille
Goûtant de l’hédonisme, le cépage
Chu de la balèvre qui lentement, l’encage,
Afin d’en assouvir les noueuses entrailles.
Cardinal pugnace, ton âme, ce pochoir
Fait de l’itératif, aux foudres d’algarades,
Confortable duvet… le péché te dégrade,
Pour te mieux laisser choir….
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021







