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mercredi 19 mai 2021

DIS* Concomitance

DIS*

Concomitance

 

Les mots d’amour  se sont évaporés ;

Eventés les soupirs de nos conciliabules…

Souvent, j’ai envie, lorsque je déambule,

De refaire le chemin, où parfois, à l’orée,

 

Tu m’attendais sereine, ragaillardie,

Au petit matin blême… ta peau avait le goût

Du fruit juste cueilli, la saveur dont s’engoue

La balèvre déliée de fables qu’on ourdit.

 

Je te revois sous le chêne pédonculé ;

Robe de mousseline, trottines de bambée :

Charmant tableau… en un soir de flambée,

Quand s’étrécie l’espace aux reflets éculés.

 

Tes yeux, ce miroir aux teintes azurées,

Projetaient sur les miens, d’étranges lueurs

Cascadant mollement sur l’exsangue pâleur

De tes joues enfantines semblant emmurer

 

Les mutines fossettes posant à ton sourire,

La moiteur des baisers volés, par insolence,

Le charme du goûteux… en l’intense.


L’assurance des nymphes à conquérir,

Mais aussi la décence des muses à chérir,

A, sans pudibonderie, réactivé l’offense.

 

Au seuil des résipiscences, aluné parfois,

Le passé m’octroie de piètres rogatons…

Il semble que l’ouvrage harmonise les tons,

Encernant de l’angoisse, le hideux effroi.

 

Rêveur, aux nuits écorchées de silence,

Je voyage d’insomnies, en marasme ;

Escaladant de la haie pénétrée de sarcasme,

Les fragiles boutures du sommeil intense…

 

En l’éveil, je redeviens prince de l’utopie,

Chevauchant de mes amours anciennes,

La longue traverse, où l’âme fait siennes,

Les riches odyssées déplissées d’entropie.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mardi 18 mai 2021

MUTATIONEM EPIDICTIC* Epidictique mutation

MUTATIONEM EPIDICTIC*

Epidictique mutation

 

Quand s’écroulent les murs de solitude,

S’affaissent les pans de la thébaïde,

Le silence n’est, en l’aurore livide,

Que taciturnité… au sein de l’assuétude.

 

De partout, fusent les gorges-pleines ;

Les filles_ femmes devenues, traduisent

De l'irréel, si les chagrins l’épuisent,

L’onirique exégèse, la massore ancienne.

 

Les enfants, aux flaques, s’esbaudissent ;

N'est en ces liesses, crainte aucune; l’histoire

Se revêt de chatoyants atours ; l’illusoire

Fait montre de retenue... pâlissent,

 

Les nuits d’encre, vidées de longs râles,

De plaintes encloîtrées d’aigreur ;

Le monde est à ce point ivre de terreur,

Qu’il faille pour l’ouïr, le souffle biaural.

 

J’ai donné, sans savoir_ reçu sans douter

Du piège enjuguant la mienne réserve…

De ma peau intronisée des serves,

A la chair conspuée d’amantes filoutées

 

De cacochymes, ai vu se racornir

Mon être pénétré d'affres, d’épreuves ;

La solitude enflait du lit froid de mon fleuve,

L’impétueux roulis, pour l’en mieux assainir.

 

Des clairs matins, aux sombres vespérales,

Inutile goupille entre les doigts crispés

De la gent offensée, j’ouvrais, en sigisbée,

Mon cœur froid aux rosières claustrales

 

S’en venant minauder au profil du flou 

Pris au rets de ces brèves comptines

Dont le galant concède, au for de butine,

Quelque aveu déguisé; l’audace le renfloue.

 

Sous le pont de possibles victoires,

Ma vie désencagée de présomptions,

Sut_ grand bien m’y fasse ! _ sans émotions,

Délier l’entregent des flux ostentatoires ;

 

En ces ires conspuées du bellâtre,

Mes pensées ceignirent de hardiesse,

L’artefact posé au col de la détresse,

Dont s'écaille le songe en l’emplâtre.

 

Je me couche serein, vainqueur exempté

De fautives lubies, de muances larvées ;

Seul acteur ânonnant de lèvres incurvées,

Le soliloque d’âmes, peu à peu, exultées.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

lundi 17 mai 2021

EAMUS USQUE IN ALA* Remontons l’allée

EAMUS USQUE IN ALA*

Remontons l’allée

 

Remontons l’allée, avant que ne surviennent

Les premières ventées… devant la cheminée,

Tu pourras t’asseoir… rêver, l’âme sereine,

Imaginer, quand les bruines s'égrènent,

D’autres lendemains, des journées animées,

Où les amants savent encor s’aimer,

Les filles peuvent, en l'aube, allumer

De bizarres spires, aux plages écumées

Des matins d'où s'éveillent des reines !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

PARDUS* Le léopard

PARDUS*

Le léopard

 

Epuisé, hors d’atteinte, prisonnier des ronces,

Il avance, pelage sanglant, flanc à nu,

Entre les herbes folles, à peine retenues

Aux marcottes qui au fourré, s’engoncent,

S’entretissant aux lianes dont le prosimien

Décrêpe le tubule, avant de s’élancer,

En svelte bateleur aux gestes nuancés,

Sur l’imposant breuil ; y paissent les lémuriens…

 

Epuisé, hors d’atteinte, s’en vient trépasser

Dessus la bryacée… de sa bave moussue,

S’échappent peu à peu, de tièdes byssus

Coulant de ses naseaux cinglés de cactacées.

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

dimanche 16 mai 2021

ET CAVALIER* Le cavalier

ET CAVALIER*

Le cavalier

 

Laissez-moi courir, laissez-moi!

Je suis ce cavalier qui traverse

Les champs, lorsque au soir, larmoie,

L'azur défiguré sous la crue d'averses.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

HAEC MOVENT…* Elle… émoi

HAEC MOVENT…*

Elle… émoi


Avions du temps, quelquefois,

Supporté inclémence… peureux,

Lors, que les mots douloureux

Agressent de l'intime, et l'esprit, et la foi.

 

Avions de l'enfance, en méditatifs,

Refondu les tons, modelant des heures

Minutes et secondes, quand la peur

Sermonnait tous nos transports plaintifs.


Elle enjôlait, sous d'ardentes fièvres,

L'infantile émoi, le candide tourment ;

Sa beauté profanait des serments,

L'estime obombrée de nos lèvres.


Engainant du doute, la perplexité

Du paraître au tertre de l'ennui,

Sa cognition emmargeait de nuits

Clivées aux morgues indomptées.

 

Du secret mutin, au dévergondage,

Son poreux souffle, du compendium,

Vêtait de mystère le riche décorum

D'implexes joutes ceintes d'adages.

 

Je m'étais aux plinthes de son nu,

Posé, sans dénaturer en l'espèce,

Le sublime antébois, que dépèce

L'ossature superbe, l'esquisse retenue.


Liées, nos ombres souveraines

Plissaient du déjà-vu, l'ensellure

Affectant du désir, les murmures,

Le taraudant coït, sa rengaine


Qui du col pubien,  au suave hymen,

Humecte de la glaire, les spasmes

Encordés à ce pesant marasme

Par trop repu de gamètes gramen.

 

L'adolescence intronise en ces tares,

Au vice pommadant l'incivilité,

Des reflets satinés dont la fébrilité

Agrémente en l'état, l'étrange avatar.


Faut-il des matins emperlés de rosée,

D'autres printemps évincés de l'errance,

Pour enclore des riches manigances,

L'aventure mitée, sa dérive drossée.

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

samedi 15 mai 2021

STANS ! Debout !


STANS !

Debout !

 

Réveillez-vous la vie ; il est temps

De fleurir de l’âme les jardins suspendus !

Réveillez-vous l’envie, les perdants

Bannissent du désir, tous les malentendus !

 Réveillez-vous l'histoire, quand l'autan

Souffle sur les eaux, et que l'inattendu

Perce le long silence du pénitent tendu !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021