Concomitance
Les mots d’amour se sont évaporés ;
Eventés les soupirs de nos conciliabules…
Souvent, j’ai envie, lorsque je déambule,
De refaire le chemin, où parfois, à l’orée,
Tu m’attendais sereine, ragaillardie,
Au petit matin blême… ta peau avait le goût
Du fruit juste cueilli, la saveur dont s’engoue
La balèvre déliée de fables qu’on ourdit.
Je te revois sous le chêne pédonculé ;
Robe de mousseline, trottines de bambée :
Charmant tableau… en un soir de flambée,
Quand s’étrécie l’espace aux reflets éculés.
Tes yeux, ce miroir aux teintes azurées,
Projetaient sur les miens, d’étranges lueurs
Cascadant mollement sur l’exsangue pâleur
De tes joues enfantines semblant emmurer
Les mutines fossettes posant à ton sourire,
La moiteur des baisers volés, par insolence,
Le charme du goûteux… en l’intense.
L’assurance des nymphes à conquérir,
Mais aussi la décence des muses à chérir,
A, sans pudibonderie, réactivé l’offense.
Au seuil des résipiscences, aluné parfois,
Le passé m’octroie de piètres rogatons…
Il semble que l’ouvrage harmonise les tons,
Encernant de l’angoisse, le hideux effroi.
Rêveur, aux nuits écorchées de silence,
Je voyage d’insomnies, en marasme ;
Escaladant de la haie pénétrée de sarcasme,
Les fragiles boutures du sommeil intense…
En l’éveil, je redeviens prince de l’utopie,
Chevauchant de mes amours anciennes,
La longue traverse, où l’âme fait siennes,
Les riches odyssées déplissées d’entropie.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021






