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vendredi 2 avril 2021

HAUD DUBIUM CONFRACTUS* Equivoque rupture

 

HAUD DUBIUM CONFRACTUS*

Equivoque rupture

                                                                                                            

                            

      Η διφορούμενη ρήξη
I diforoúmeni ríxi


Les eaux de l’Aliákmon m’emprisonnent ;

J’aimerais fuir ce long fleuve égéen…

Dans l’Eubée, voir quand elles frissonnent,

Skyros, la Céphalonie… fuir le plébéien

 

Pleurant Ulysse, Pénélope ; à rebours,

M’allonger au bord de Zákynthos,

Ouïr la méditerranée battre tambour,

Puis, m’enfoncer dans le lit de Naxos. 

 

De l’errance, aux nuits sédentaires,

Nulle démesure, ni d’altières frasques

Au dispendieux enflammé d’adultères

Soutenus de mégères fantasques.

 

Thanatos satirise l’aguichante mort,

Sans se soumettre à la soif d’aimer,

Aux nymphes de Korrigan, sous le mors,

D’hamadryades s'y venant rétamer.

 

Ce venin gicle de béantes artères,

Aux soirs voûtant la silhouette

D’énamourées, bacchantes trop austères,

Puritaines vestales sous voilette.

 

Dois-je m’absoudre des contraintes,

Longer des fiefs, la contrescarpe ?

Faut-il, en de longs râles, de plaintes,

Arguer de l’enthymème, l’argutie qu’écarte

 

L’idéal... je maîtrise, c’est tant mieux,

L’inférence modulée du mien langage…

Nier des sorites, l’atticisme d’envieux,

Eût été, je le crois, trochisque de bandage !



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

 

SAUCIUS AT RUSTICO* Serfs humiliés

 

SAUCIUS AT RUSTICO*

Serfs humiliés

 

A trop franchir les barrières du temps,

Se sont retrouvés aux portes du trépas ;

Ont vu le malheur, de l’hiver, au printemps,

Ecaler du cerneau le frugale repas;

Celui dont se sustente, quand il mord à l’appât,

Le cul terreux, défié du magistral titan.

 

A trop braver les cruels monarques, ces loups,

Dans l’ombre des cités, se sont faits rigaudons,

Sans s’en apercevoir ; humiliés, ces marlous

En sont pour leurs frais, laissés à l’abandon.

 

Ilotes confis en la lie de soumissions, roturiers

Rivés au pal de la vieille noblesse, encavés

Aux diktats de la gent fortunée, aventuriers

Aux vagues chargées d’embruns, entravées

 

Du rostre déchirant la lame iodée, ce bissac

D’où pendouillent les écumes de mer…

S’écrasent au matin, refoulées du ressac

Bavant froides glaires, mucus trop amer.

 

En factotum asservi à la bourgeoisie, le sot

Prise de la nique, l’immodeste bravade ;

Le voilà, attifé de pompes, aux lueurs d’un queusot,

Obséquieux, bouffi, décoté de la vade ! …

 

Quand on leur parle de liberté, font montre

De réserve… car, de la liberté, ces larvaires,

N’ont que faire… la justice ?... Ils sont contre ;

Salivent d’improbité, face à ce lourd revers.

 

Si vous les rencontrez enchatonnés de haine,

Que leur corps épuisé brocarde le repos,

C’est que la tolérance harmonise leurs chaînes...

La mansuétude accoise les squames de la peau.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

jeudi 1 avril 2021

MAGISTERIUM HAEC FUGE ! * Fuyez ce magistère !

 

MAGISTERIUM HAEC FUGE ! *

Fuyez ce magistère !

 

Abrutis des louanges du fourbe ecclésial,

Les fidèles dévient du naos de l’idolâtrie ;

Se voient enjugués, l’âme, le cœur contrits,

Aux rites séculiers de loges abbatiales,

Du riche vatican aux pirouettes bestiales,

Ce ventre de l’enfer en quête d’audimétrie…

 

Fuyez ce magistère où les fiers cardinaux

Prélats de bombance, séduisent vos enfants

Avant de les pousser au son de l’olifant,

Aux couches satinées, puis, aux confessionnaux,

 

Les pousser à vomir le mal-être nimbant

La créature souillée du nonce pédéraste,

L’innocent blessé que la honte dévaste,

L’enfant humilié de l’ignoble pléban !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

INSERERE QUOQUE PREAVARICATORUM* Inserts de prévaricateurs

 

INSERERE QUOQUE PREAVARICATORUM*

Inserts de prévaricateurs

 

Pour conquérir la plèbe, de mille facéties,

Le kaiser, en derviche, alimente toujours,

De sa folle harangue, et la nuit, et le jour,

Le zélateur confus, le disciple indécis

 

Au rets de la séduction, quand, pragmatique,

S’en éloigne le pieux… il est en ces averses,

Nulle possible embellie… les chemins de traverses

Sont des sentes creusées, bermes chaotiques

 

Empruntées de silènes en paisse ; ces butors

Ajustent de concert, en des gras baragouins,

Mensonges et certitudes, dont sont oints

Les prélats, ces fats, prophétisant à tort…

 

Damnant l’infidèle de la mesquine Rome,

Ce fief d’apostats, les curés du dimanche,

En vils ensoutanés de messe, enclenchent

De l’esprit, le commutateur, dont l’homme,

 

Fier, en mariolâtre, accentue courbette

Au pied de statues inertes, icônes chaulées,

Emmarbrées au faîte de puants mausolées

Salués de bigotes essoufflées, en barbettes.

 

Pour baguer l’incivil ajusté au désordre,

L’impétrant admoneste céans, le jobastre:

Caricature de pochade ; du désastre,

Bien sûr, n’a que faire, s’il peut mordre

 

A la chair du plaisir marginal… se peut-il

Enclouer aux lois dévastatrices du récipiendaire

Infatué, par trop inféodé, éraflé de cardère,

En l’inconfort d’amphigouriques styles !

 

Pour confondre le sage, j’admoneste ma plume

Jouant entre les rails d’un tropisme buté,

Qui, de la réflexion, au langage redouté,

Défigure l’absence… métrage que j’assume.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mercredi 31 mars 2021

SUMMO MONTIS* Du haut de la falaise

 

SUMMO MONTIS*

Du haut de la falaise

 

Du haut de la falaise, où s’engouffrent les vents,

Les bruines ont perlé sur le petit matin…

La rocaille a peu à peu, ridé du relief gailletin,

L’épaisse ajouture, le dôme, s’en désenclavant.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mardi 30 mars 2021

CARPINUS BETULUS* Charme commun

 

CARPINUS BETULUS*

Charme commun

 

Sous la belle charmille, fleurissent des amours

Inhospitalières, peu enclines au bonheur,

Défigurées d’amants qui, en palissonneurs,

Asservissent sans mal, les frêles thysanoures

 

Avouant, la nuit tombée, leur infidélité…

Elles pleurent parfois, quand l’offense supplice

La désarmée, puis, entre les interstices,

Irradient le tendron ivre de volupté.

 

Personne ne comprend, ne peut donc s’émouvoir

De la vile débauche, du foyer, au couvoir,

Dont la louve blessée se fait ambassadrice ;

 

Se peut-il que l’audace en confisque réserve ?

Se doit-elle céans, lénifier la serve,

Poser quelque indulgence à ce fol artifice ?

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

lundi 29 mars 2021

SI POSSEM* Si je pouvais

 

SI POSSEM*

Si je pouvais

 

Si je pouvais accoupler nos destins,

Enfiévrer de désirs, ta rétive personne,

La froide solitude dont la nuit bedonne

Ta passive langueur posée en muretin.

 

Si je pouvais encager tes silences, lier,

Sans craintes aucunes, tes inhibitions

De sage couventine grisée d’émotions,

En ce jardin où pousse l’angustifolié.

 


Si je pouvais duveter tes murmures,

De l’ouate des clairs matins égrenés

Au parcours de vierges rassérénées,

Prises au rets du sage qu’on emmure,

 

Avant que de l’emprisonner au songe

Peu à peu dévoilé, quand éclose, l’ivresse

Du hourvari, cerne l’alacrité, l’allégresse,

Fusent de plaisirs qui patinent, et rongent.

 

Si je pouvais éteindre tes nuits blanches,

Faire naître des soleils en l’éveil des eaux,

Parfumerais tes jours, en digne damoiseau,

Du nard opiacé étoilant mes dimanches.

 

Hélas ! du mal d’amour, comme de la romance,

S’étranglent les redites de vaines actions

Dont la phonie enserre la réduplication,

Ce cafardeux écho aux brumeuses muances.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021