Serfs humiliés
A trop franchir les barrières du temps,
Se sont retrouvés aux portes du trépas ;
Ont vu le malheur, de l’hiver, au printemps,
Ecaler du cerneau le frugale repas;
Celui dont se sustente, quand il mord à l’appât,
Le cul terreux, défié du magistral titan.
A trop braver les cruels monarques, ces loups,
Dans l’ombre des cités, se sont faits rigaudons,
Sans s’en apercevoir ; humiliés, ces marlous
En sont pour leurs frais, laissés à l’abandon.
Ilotes confis en la lie de soumissions, roturiers
Rivés au pal de la vieille noblesse, encavés
Aux diktats de la gent fortunée, aventuriers
Aux vagues chargées d’embruns, entravées
Du rostre déchirant la lame iodée, ce bissac
D’où pendouillent les écumes de mer…
S’écrasent au matin, refoulées du ressac
Bavant froides glaires, mucus trop amer.
En factotum asservi à la bourgeoisie, le sot
Prise de la nique, l’immodeste bravade ;
Le voilà, attifé de pompes, aux lueurs d’un
queusot,
Obséquieux, bouffi, décoté de la vade ! …
Quand on leur parle de liberté, font montre
De réserve… car, de la liberté, ces larvaires,
N’ont que faire… la justice ?... Ils sont
contre ;
Salivent d’improbité, face à ce lourd revers.
Si vous les rencontrez enchatonnés de haine,
Que leur corps épuisé brocarde le repos,
C’est que la tolérance harmonise leurs chaînes...
La mansuétude accoise les squames de la peau.







