APUD
LAUTULAS DIMICATUM*
Désaffection
Se fanent les années en l’antre du malheur ;
Heures désaccordées, inutiles leurres,
Accrochés au bout de nos larmes, ces pleurs
Ruisselant au matin, au faîte des douleurs.
Armand Mando ESPARTERO© copyright
2021
APUD
LAUTULAS DIMICATUM*
Désaffection
Se fanent les années en l’antre du malheur ;
Heures désaccordées, inutiles leurres,
Accrochés au bout de nos larmes, ces pleurs
Ruisselant au matin, au faîte des douleurs.
Armand Mando ESPARTERO© copyright
2021
PARENTUM
MALIGNITATIS EXCOGITATS*
Diablerie
parentale
Larvaires, en de sombres impasses ;
En reptation, au ventre des ruelles,
En résilles de catin, viles, artificielles,
Drainent un venin d’impudiques candaces.
Eux, cul entre deux chaises, œil hagard,
Epient de la catin, la croupe incendiaire ;
Stériles en ces manœuvres, quoique fiers,
Ils franchissent les monts, où le faible s’égare.
Couples enchevêtrés d’immondices, de sueurs,
Parcourent le boulevard des noceurs…
S’y dévoilent, la chienne en quête de l’âme-sœur,
La gorgone poudrée, trahie de fades lueurs.
Sur les grands maréchaux, quand s’alune l’envie,
Les voilà, pétris de malsaines pensées…
Où est le sage, où marche l’insensée ?
Il n’y a que débauches, balbutiantes vies !
Ce miroir déformé que scrute encor l’enfant,
Est un artefact en liquéfaction, ectoplasme
Hantant la geôle du désir, floué de marasmes,
Ersatz d’un monde chu, que la rage pourfend.
Aux nuits inachevées, aux heures dévastées,
Je les regarde mordre au fruit de l’indécence,
Chevillés au péché d’Eve, sevrés d’innocence ;
L’hédonisme d’Epicure les vient enkyster.
Si j’ai nagé, comme eux, aux orgiaques flux,
Des eaux de la ribaude, ai su m’éloigner…
Ai déparé mon âme, pour la mieux soigner…
Me voilà, ceint d’espoirs attisés en l’influx !
O Dieu, mon Maître, viens éteindre le feu
De ces riches suppôts dont le Diable toilette
L’existence, de mensonges, qu’émiettent
Les vents de la vraie liberté !… Tu le peux !
Armand Mando ESPARTERO© copyright
2021
José Maria de Heredia
Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos, de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal.
Ils allaient conquérir le fabuleux métal
Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,
Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
Aux bords mystérieux du monde occidental.
Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
L’azur phosphorescent de la mer des Tropiques
Enchantait leur sommeil d’un mirage doré ;
Ou, penchés à l’avant des blanches caravelles,
Ils regardaient monter en un ciel ignoré
Du fond de l’Océan des étoiles nouvelles.
José Maria de Heredia
DUO INTER
SE ERUMPIT*
Entre deux
pauses
Je fais le tour de songes obérés de disgrâces ;
En de subtiles danses, tournoient,
virevoltent,
Sans se préoccuper de l’onirique trace
Imprégnant la douceur de salves de révolte.
Minuit vient cheviller à mes lubies actives,
D’inlassables semonces, dont le butoir excite
Le sommeil lesté de fantasmes, et, qu’avive
L’imaginaire peuplé d’obsessions illicites.
Au glas de mes nuits blanches, quelquefois,
S’entrelacent de perceptibles rires ; ils
butent
Aux parois du silence transpercé du froid
Encloué de rumeurs que l’angoisse culbute.
Je survole les heures de mon devenir,
Les minutes du temps à assagir, sans blesser
De l’ego manifeste, pour seul, l’entretenir,
L’inappréciable orgueil le voulant offenser.
Moulé entre deux pauses, je duvète l’espoir
D’un satin brocheté, d’une soie de rayonne ;
Mes soupirs torsadés du performant guipoir,
Agonisent au matin où l’aube les crayonne.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2021
IMBRIBUS*
Noires averses
Un jour de pluie... un jour comme un autre ;
La faune s’en revient d’une lourde paissance,
Les bruines butinent le grand port de plaisance ;
S’y affairent des hommes dont l’audace est nôtre.
Un jour de crachin sur la mer démontée ;
Les barques domptent la houle, aux tempêtes
Crachant le venin de vents qui s’émiettent
Avant de se purger de la chaleur d’été…
Un jour d’averse perçant la canopée ;
Lianes et marcottes s’entrelacent, s’étreignent
Sous le halo des cimes, et que jamais n’atteignent
Les rudes bourrasques s’y voulant agripper.
Quand il pleut sur la berme talée du troupeau,
Les crevasses piègent les marchands pressés
De rejoindre la ville, son marché… oppressés,
Ils longent le sentier, en pérégrins groupaux.
Quand il pleut sur mon lit, de solitaires larmes,
S’éteignent mes soleils, mes princières lunes ;
Je voudrais, en l’aurore, contrer mon infortune ;
Hélas, n’est de l’absence, qu’inoffensives armes !
Armand Mando ESPARTERO© copyright
2021
SUUS’ NICE
QUOD E*
Il fait
bon
Il fait bon vivre sur les terres cendrées,
Où paissent les amours baguées d’illusions ;
Les amants s’y prélassent avec effusion ;
Lors, s’enflent les soleils de l’imposant adret.
Il fait bon musarder sur la lande farouche,
De taler de la sente, les crantages renflés…
Mon cœur a fait promesse aux soufflées
A venir, d’en préserver la précieuse ouche.
Il fait bon s’alanguir au nord de Tirlemont,
En la cité flamande, au creuset de la Gette ;
Y flémarde la loche sous la froide cuvette
Où s’ébroue la truite bercée du goémon.
Il fait bon voyager aux prémices de mai,
Quand le tubule aspire la rosée diaphane ;
La flore s’esbaudit, enivrée de barbane
Accrochée au repli des manches élimées.
Aimerais m’assoupir aux solstices d’hiver,
Hiberner en Ecosse, quand frileuse, l’absence
Pointe de sa rétive mue, en la déliquescence,
L’économe doublure sous d’ouateux revers.
Fidèle aux fontaines fuses de l’imaginative,
Je prise du douzil, pour tromper ma pépie,
Le nectar des poètes, dénudant par dépit,
Les irascibles strophes de l’appréciative.
Il fait bon se soumettre, aux ides écalées,
Au bonheur dont la plume s’étoile…
Des spires d’été, aux rais qu’entoilent,
Au soir, les brumeuses à jamais isolées,
Se délectent mes rimes de trouvère blessé
De la faconde de grincheux podestats…
J’entrelace mes plaintes, et sans en faire état…
Qu’il m’en soit donné de les mieux tancer !
Armand Mando ESPARTERO© copyright
2021
Les hommes prennent des routes,
De sombres raccourcis… s’égarent
Aux lunes d’Artémis, puis s’encroûtent,
En de moites tunnels, l’œil hagard…
Toi, tu as su enjamber de la littérature,
Le fastueux entrelacs, la riche stylistique ;
Tes mots ont adouci le feu de l’écriture,
Calmé de l’idiome, l’étrange dialectique.
Ton île grisée de sel marin, ivre de liberté,
T’a offert un cortège d’images décadrées ;
Tu les as su poser, sans montre de fierté,
Au faîte de poèmes, par ton art, engendrés.
Au calme des nuits d’encre, sur la page blessée,
Tu cautérises les plaies de l’acuité…
Ton œuvre, que les ombres ne peuvent traverser,
Conquiert seule, du graphisme, l’absoluité.
Ecoute chuinter les larmes d’Abarbarée, au soir,
Quand le silence emmure les songes bleus,
Que les nymphes voyagent sans ostensoirs,
Que se meurent les daines au cœur frileux !
Ta plume émerveille les poussifs glossateurs ;
Ils aimeraient offrir des arpèges aux sages
Sertis du raisonnable, fuir des prosateurs,
La folle rectitude, bafouer les présages…
Antoine de Gentile, ménestrel aguerri, aède
Pris au cortège de subtils parnassiens…
Tu les guides pourtant… mais, ils cèdent
Leur art à la rhétorique… qui de l’ancien,
Au jeune cacographe, pourrait administrer
L’ouvrage conspué d’un vexant dithyrambe ?
Toi, tu modules du verbe, sans t’y déconcentrer,
La précieuse rythmique anoblissant l’ïambe…
Latiniste éprouvé de ses pairs, journaliste,
Qui de l’imaginative, su conter aux hommes,
Les travers de ce peuple abolitionniste,
En éveillant des mânes tropicaux, le fatum…
La Martinique te couchait sur son sable cuivré,
Caressant de ta peau, le tissu confortable…
Naquirent de ces étreintes, des saynètes livrées
Avec humour, aux serves qu’on attable…
Qu’importe ! De Saint-Pierre lestée de
souvenirs,
Aux ruelles jouxtant Perinon, Terre Sainville ;
Des quartiers, où Auguste Joyau voulut s’alunir,
Au canal Levassor, tes yeux perçaient des villes,
Les plus nobles secrets… en bouquets d’ironie,
Heureux en ces travers, tu formolas le fat,
Jouant à qui perd, gagne, hissant l’harmonie
Entre les moites hanches de vendeurs de loofah.
Angelina, ta muse… réceptive ondine,
Douce inspiratrice dont, fier, je l’avoue,
Je porte l’éponyme, a donné des couleurs,
De pigmentaires nuances, à mes primes badines.
De mon cœur écorché de salves rancunières,
Aux capricieux baisers de pimbêches fardées,
Sommeillent en mes joies sevrées de lumières,
Mes larmes cabossées, mes rires brocardées,
Des envies_ que dis-je envies ! _ des besoins
De sentir, mes bien-aimés, votre joue
Sur la mienne, et de vos mots, prendre soin,
Afin qu’il m’en souvienne, de ce ciel acajou
Que vos tendres profils agrémentaient en l’aube,
De clignements complices, de conciliabules…
Desfontaines y délaçait pour moi, sous engobe,
Les minuscules traces, dont mes pas funambules
Eclataient, dessus la houppelande, les miasmes
D’un bonheur à jamais disparu… je savais _
Que ne l’aurais-je hurlé ! que le poids du
marasme
Lesterait mon ego… jadis, c’est vrai, je survivais ;
Ne suis plus aujourd’hui, qu’un vieux chiffon,
Une froide défroque, en cette thébaïde,
Où s’enlisent mes rêves… peu à peu, s'y défont
Mes lambeaux d’existence ; je sens venir les
rides…
S’il me reste un soleil, au petit jour naissant,
Un peu de renouveau au nord de mes matins,
Je vous les dédicace, car je porte en mon sang,
Antoine, Angelina, vos vies accotant mon destin.
Armand Mando ESPARTERO© copyright
2021