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samedi 20 février 2021

SUUS’ NICE QUOD E* Il fait bon

 

SUUS’ NICE QUOD E*

Il fait bon

 

Il fait bon vivre sur les terres cendrées,

Où paissent les amours baguées d’illusions ;

Les amants s’y prélassent avec effusion ;

Lors, s’enflent les soleils de l’imposant adret.

 

Il fait bon musarder sur la lande farouche,

De taler de la sente, les crantages renflés…

Mon cœur a fait promesse aux soufflées

A venir, d’en préserver la précieuse ouche.

 

Il fait bon s’alanguir au nord de Tirlemont,

En la cité flamande, au creuset de la Gette ;

Y flémarde la loche sous la froide cuvette

Où s’ébroue la truite bercée du goémon.

 

Il fait bon voyager aux prémices de mai,

Quand le tubule aspire la rosée diaphane ;

La flore s’esbaudit, enivrée de barbane

Accrochée au repli des manches élimées.

 

Aimerais m’assoupir aux solstices d’hiver,

Hiberner en Ecosse, quand frileuse, l’absence

Pointe de sa rétive mue, en la déliquescence,

L’économe doublure sous d’ouateux revers.

 

Fidèle aux fontaines fuses de l’imaginative,

Je prise du douzil, pour tromper ma pépie,

Le nectar des poètes, dénudant par dépit,

Les irascibles strophes de l’appréciative.

 

Il fait bon se soumettre, aux ides écalées,

Au bonheur dont la plume s’étoile…

Des spires d’été, aux rais qu’entoilent,

Au soir, les brumeuses à jamais isolées,

 

Se délectent mes rimes de trouvère blessé

De la faconde de grincheux podestats…

J’entrelace mes plaintes, et sans en faire état…

Qu’il m’en soit donné de les mieux tancer !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

vendredi 19 février 2021

ANTOINE DE GENTILE... et Angelina, mes bien-aimés

 

&



Les hommes prennent des routes,

De sombres raccourcis… s’égarent

Aux lunes d’Artémis, puis s’encroûtent,

En de moites tunnels, l’œil hagard…

 

Toi, tu as su enjamber de la littérature,

Le fastueux entrelacs, la riche stylistique ;

Tes mots ont adouci le feu de l’écriture,

Calmé de l’idiome, l’étrange dialectique.

 

Ton île grisée de sel marin, ivre de liberté,

T’a offert un cortège d’images décadrées ;

Tu les as su poser, sans montre de fierté,

Au faîte de poèmes, par ton art, engendrés.

 

Au calme des nuits d’encre, sur la page blessée,

Tu cautérises les plaies de l’acuité…

Ton œuvre, que les ombres ne peuvent traverser,

Conquiert seule, du graphisme, l’absoluité.

 

Ecoute chuinter les larmes d’Abarbarée, au soir,

Quand le silence emmure les songes bleus,

Que les nymphes voyagent sans ostensoirs,

Que se meurent les daines au cœur frileux !

 

Ta plume émerveille les poussifs glossateurs ;

Ils aimeraient offrir des arpèges aux sages

Sertis du raisonnable, fuir des prosateurs,

La folle rectitude, bafouer les présages…

 

Antoine de Gentile, ménestrel aguerri, aède

Pris au cortège de subtils parnassiens…

Tu les guides pourtant… mais, ils cèdent

Leur art à la rhétorique… qui de l’ancien,

 

Au jeune cacographe, pourrait administrer

L’ouvrage conspué d’un vexant dithyrambe ?

Toi, tu modules du verbe, sans t’y déconcentrer,

La précieuse rythmique anoblissant l’ïambe…

 

Latiniste éprouvé de ses pairs, journaliste,

Qui de l’imaginative, su conter aux hommes,

Les travers de ce peuple abolitionniste,

En éveillant des mânes tropicaux, le fatum…

 

La Martinique te couchait sur son sable cuivré,

Caressant de ta peau, le tissu confortable…

Naquirent de ces étreintes, des saynètes livrées

Avec humour, aux serves qu’on attable…

 

Qu’importe ! De Saint-Pierre lestée de souvenirs,

Aux ruelles jouxtant Perinon, Terre Sainville ;

Des quartiers, où Auguste Joyau voulut s’alunir,

Au canal Levassor, tes yeux perçaient des villes,

 

Les plus nobles secrets… en bouquets d’ironie,

Heureux en ces travers, tu formolas le fat,

Jouant à qui perd, gagne, hissant l’harmonie

Entre les moites hanches de vendeurs de loofah.

 

Angelina, ta muse… réceptive ondine,

Douce inspiratrice dont, fier, je l’avoue,

Je porte l’éponyme, a donné des couleurs,

De pigmentaires nuances, à mes primes badines.

 

De mon cœur écorché de salves rancunières,

Aux capricieux baisers de pimbêches fardées,

Sommeillent en mes joies sevrées de lumières,

Mes larmes cabossées, mes rires brocardées,

 

Des envies_ que dis-je envies ! _ des besoins

De sentir, mes bien-aimés, votre joue

Sur la mienne, et de vos mots, prendre soin,

Afin qu’il m’en souvienne, de ce ciel acajou

 

Que vos tendres profils agrémentaient en l’aube,

De clignements complices, de conciliabules…

Desfontaines y délaçait pour moi, sous engobe,

Les minuscules traces, dont mes pas funambules

 

Eclataient, dessus la houppelande, les miasmes

D’un bonheur à jamais disparu… je savais _

Que ne l’aurais-je hurlé ! que le poids du marasme

Lesterait mon ego… jadis, c’est vrai, je survivais ;

 

Ne suis plus aujourd’hui, qu’un vieux chiffon,

Une froide défroque, en cette thébaïde,

Où s’enlisent mes rêves… peu à peu, s'y défont

Mes lambeaux d’existence ; je sens venir les rides…

 

S’il me reste un soleil, au petit jour naissant,

Un peu de renouveau au nord de mes matins,

Je vous les dédicace, car je porte en mon sang,

Antoine, Angelina, vos vies accotant mon destin.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

IN QUINDECIM* A quinze ans

 

IN QUINDECIM*

A quinze ans

 

 

J’ai, moi aussi, traîné sur l’avenue

Où l’on refait le monde… à quinze ans,

Genoux écorchés, frondeur, cœur à nu,

Caressions les filles ; au matin, apaisant

 

Du mal les meurtrissant... parfois,

La peur de devenir pauvres femmes,

D'abandonner le nid au faîte du beffroi,

Sans pudeur, quand rougeoie leur flamme.

A quinze ans,

Je mordais la peau de l’hédonisme,

La balèvre aux cruelles gerçures ;

Ma peau, ce chiffon d’atavisme,

Attisait le sang de mes blessures.

 

 

Maladroitement, en de baveuses mues,

Je quittais l'antre de la puérilité, devenant

Arsouille de pygocoles lubies… ému

D’être, de la métempsychose, prévenant

 

Quant au style... naïf acolyte de cour,

Dont les drôlesses qui arguent faiblesses,

Fardent ostensiblement du parcours,

Les stigmates de fébriles détresses.

A quinze ans,

Vidé de ma substance, j’émiettais,

Des ripailles, l’orge de complaisance,

Prisais du pétun d’épicurisme flouté,

Le perlot d’ouateuses volutes d’offenses.

 *

Ai, comme vous, braves gens de jadis,

Bu le lait des nymphes, ces mousmés

Prises en deux courants d’air, en jocrisse

Bavant son pucelage de gosse désarmé.

 

 

Mes espoirs ont pris l’eau, mes désirs fondus

Ont fait de vos fêtes, vêpres de convenance ;

Ai, en reptation, longé des sous-entendus

De barbons, l'immodeste constance.

A quinze ans,

 Se roidissaient mes larmes

D’adolescent hardi, peut-être lâche,

Rêvant en écolier passif, du charme

Qui émane de mutiques potaches.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

jeudi 18 février 2021

LUCIDITY* Implosion

 

LUCIDITY*

Implosion

 

Aux heures folles du sombre devenir,

S’enfouissent rêves et fantasmes goulus ;

Ne tient plus qu’à un fil_ l’a t-on voulu ?

Notre vie d’androïde, en ce noir avenir.

 

Sans verdeur, l’existence se débilite,

S’étiole au parvis de la résurgence…

Le temps, cet artefact de la sénescence,

Encave la pensée ; l’espoir l'habilite.

 

Aux heures figées, qu’entaille l’agonie,

Le corps s’imperméabilise, sans combattre

L’ombre entoilant nos silhouettes albâtres,

Ni vaincre les degrés de roides gémonies.

 

La mécanique de prosimiens, son schème,

Son profil rabougri, au moite crépuscule,

Font un bruit de breloques… acculent

Le faible, en l’impasse ou perce l’anathème.

 

Aux heures fardées de mensonges d’ascètes,

Le rite flou du catéchuménat, absout

Le mécréant, dont la morgue dissout

De la ferveur, la repentance, prête

A faire du croyant, quand, ému, il s’apprête

A convertir l'âme dégorgée de la soue,

Un nouvel épigone… plus rien ne l’arrête.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mercredi 17 février 2021

NOCTIBUS* Nuits

 

NOCTIBUS*

Nuits

 

Nuits de sacrilèges, de débauches, d’ivresses,

Nuits profanées d’amants sous les guenilles,

Que faites-vous, ô nuits floues de détresses,

Quand la peau du péché, de Rome, à Manille,

Vêt les iconoclastes de dispendieuses messes ?

 

Nuits de mort, de souffrances, de deuils,

Voyez au gris pavé de la désespérance,

L’âme estropiée, l’esprit nu ; ils s’effeuillent

Aux laudes écalées de mornes insolences !

 

Nuits cendrées, qui du songe, atteignent

Les degrés du confort onirique, les marches

De l’irréel, regardez, quand la vision saigne,

L’offensante blessure du sage patriarche !

 

Nuits sybaritiques, vécues de l’odalisque,

Déliez de vos frasques, la grandiloquence !

Seriez-vous, à ce point, moulées en trochisque,

Qu’il faille vous gaver de corne d’abondance ?

 

Nuits évincées de l’astre d’Epiméthée, du ventre

De Mercure, de l’esprit d’Umbriel, de Trinculo,

Qui mandate vos actes bercés du barycentre

De Caliban, l’esclave rivé au cône de trullo ?

 

De longues nuits d’orage, au matin renaissant,

De fades nuits poudrées de quotidiens frimas,

A l’éveil butiné de la douce rosée, l’indécent

Vous fait fête, puis, s’affaisse aux langes du coma.

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mardi 16 février 2021

BISSENOS MULTUM NEBULAE TURBINIBUS* Brouillards de solitude

 

BISSENOS MULTUM NEBULAE

TURBINIBUS*

Brouillards de solitude

 

Le ciel cotonneux désactive mes rêves,

Pour me faire oublier la haine des miens,

La cruauté de ceux dont la fielleuse sève

Abâtardit l’espèce de vils prosimiens.

 

L’azur se fait rétif, refusant de m’offrir,

Un rayon sous la nue, un rai de liberté ;

Il vient mordre, pour me faire souffrir,

Au nanan de ma vie, peu à peu, désertée

 

De ceux qui, hier, m’offraient large sourire ;

Ma solitude encloître, sans les domestiquer,

Les passions, et qui sans coup férir,

Agrémentent mes songes cosmétiqués.

 

Je regarde mourir, aux plaintives ventées,

L’enfance emmurée de souffrances… mon dos

Ensanglanté de perverses mains, hantées

Par le désir de tuer… ils m’appelaient Mando,

 

Pour farder d’apparence, le mal les chevillant ;

Ces caïnites castes, illusoire fratrie poudrée

De mécréance, ces êtres qui se croient vaillants,

Et qui, âmes damnées, s’égarent sous l’adret

 

Du col infranchi du profane : L’Amour, le Vrai,

Celui que voudrait abêtir l’arsouille engrossé

D’inepties propres à déconcerter l’ivraie,

La famille rusée, ce clan toujours drossé,

 

Au moindre courant d’air, vers l’abîme

Où s’ébrouent les pécheurs de ce monde,

Irascibles impies, dont la toge s’abîme

Aux crantages d’un haquet immonde.

 


Si de ma solitude, émanent des chagrins,

De mon cœur orphelin, percent des joies ;

Nul ne les peut éteindre… en digne pérégrin,

J’efface de mes traces, les rides qui rougeoient.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

lundi 15 février 2021

POWDERING* Poudroiement

 

POWDERING*

Poudroiement

 

De voir fleurir les roses voulant s’épanouir,

A donné à mon cœur, une grâce nouvelle…

Lorsque j’ai vu, à l’aube, l’ondée s’évanouir,

Nageait au ciel nouveau, la noble bartavelle,

J’ai su que les saisons, propices aux civelles,

Poudroieraient les marées, sans les plus éblouir.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021