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jeudi 11 février 2021

MARE* Outre-lieu

 

MARE*

Outre-lieu

 

Lewis Carroll est triste, Alice ne viendra plus

Au pays où les rêves assagissent les fées…

Il soupire, en pleurant sur ses songes défaits,

Ses musiques d’antan, et qui nous ont tant plus.

 

Alice s’ennuyait, elle aussi, du livre sans images

Que feuilletait sa sœur, sans paroles, sans vie…

Sa douceur désirait un plus humble parvis,

Un tertre infranchi de doctes mis en cage.

 

Quand, en belle redingote, surgit le blanc lapin,

Montre à gousset, canne de sureau clair,

La tendre Alice n’en fut pas étonnée ; l’éclair

Qu’il produisît, en courant, ici, en dépeint

 

Toute la scène… elle l’entend s’écrier : _ il est tard !

Quelle imagination !!! oh ! Quel tableau !!!

Se peut-il qu’elle entendît: _ quelle tare ! _

Ou _ je suis en retard ! En retard ! En retard !

Tel le voyageur scrutant l’onde, du hublot…

 

Alice lui emboîte le pas, jusqu’au terrier ;

Là, chue… sans s’arrêter, prise au tourbillon

D’un voyage, où les ombres se vêtent de haillons…

Quand de l’imaginaire, le cœur semble sérié…

 

Carroll prétend que l'œuvre s’adressait aux adultes ;

Les adultes sont, d’éphémères décans, des enfants

Amorçant du silence, les rives ; l’âme en pourfend_

Dit-on, les méandres ; l’oubli absout, et catapulte

 

Aux mortes cognitions… qu’y faire ?...

Les contes de l’enfance, sont des vices d’amants :

Visqueuses larves _ mue sans linéaments,

Entoilés de colère ; la honte s’y infère.

 

Si Alice a gouté à  l’exode, bu le lait

De fiction, le désir de renaître au jardin

Des fragrances premières, trouble le citadin

Qu’encloue le raisonnable… il le fallait !

 

Blanche-Neige est, c'est ainsi _ croyez-le !

Le symbole d’une coulée de sperme...

A ces désordres, l’académie mit terme…

Les nains représentent les phallus _ sachez-le !

De journaliers amants… le beurre et la galette

Du chaperon, symbolisent le lubrifiant,

Pour un coït indigne… en s’y fiant,

Les frères Grimm, de galette, firent fête,

 

Profit… elle assure gain d’inexpérimentée ;

Rougement vêtue, pour confirmer le sang

De virginité perdue; la mère-grand, à l’indécent,

Confirme la vieillesse nous venant hanter.

 

Comptines et fables, sont un réquisitoire

Pour consciences mitées, ces cribles…

L’hédonisme bafoue encor La Bible…

Diane en prône le culte, en l’offertoire.

 

Lewis Carroll en confesse, sous larmes,

Dans  ''De l'autre côté du miroir'',

L’affreux malentendu qui, des villes, au terroir,

Pousse le conceptuel à assombrir le charme

 

De l’expressive joie dont s’étoilent les mondes,

Quêtant du bonheur, les chatoyants pixels…

Le zélateur, lui, s’accouple aux brèves de missel

L’apocryphe y entaille la vierge pudibonde…

 

Moi, du stoïcisme, aux rites sublunaires,

Ne garde trace, vainquant de l’apparence,

Le violent artefact… formolé d’ignorance,

Mon esprit se dilue des vacants avenaires.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mercredi 10 février 2021

ALEA IACTA EST* Le sort en est jeté

 

ALEA IACTA EST*

Le sort en est jeté

 

Si vous restez vivants, la mort s’accrochera

A vos pensées en berne, pour les désaccorder

Du bel imaginaire… tel l’être protocordé,

Traînerez des fentes branchiales, sans aura,

En gluante ascidie, l’exuvie qui mourra,

Sans voir de la superbe, ni la brocarder,

La trompeuse gestuelle… advienne que pourra !

 

En vous laissant mourir aux choses du monde,

Verrez naître des hommes, avant longtemps,

De riches sentiments… vous saurez, qu’en doutant,

L’âme se fait complice d’antiquailles immondes.

 

Il n’est rien qui ne se puisse, au soir pénétré

De doutes, d’infections, relever… l’audace

Est un miroir sans tain, un reflet dans la glace

Où se mire le profil s’y voulant concentrer.

 

Quand le sort est jeté, le sujet disgracié

Implore son bourreau, invoque son dieu

De pacotille : icône percée en son milieu

D’une dague romaine, un apex d’acier.

 

Alors….

 

La mort jouxte la vie… le cosmos se démembre ;

Tombent sur les tombeaux d’hypocrites larmes ;

La beauté de l’espèce s’endeuille, puis s’arme

De cran, en l’hiver nous roidissant les membres.

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

PRIMUS INTER PARES* Premier parmi les pairs

 

PRIMUS INTER PARES*

Premier parmi les pairs

                                              

à Nicolas de Condorcet


Au plus profond de l’être, s’enfouissent des mots ;

Les scribes les civilisent, pour en estropier

Du rhéteur, sans faconde, le polycopié,

Talant du pompeux, les troubles anomaux.

 

Quand suffoque le sage, s’étrangle le sophiste,

Verbe ânonné ex cathedra, le doxographe

Pilonne de la stylistique, en l’utile orthographe,

L’exacte graphie dont s’arme le rigoriste…

 

Quand j’ai su (pu) me soumettre à la lettre,

Sans crainte, m’assujettir au verbe, ma prose

S’est défaite des frasques lestant la glose ;

Que ne l’aurais- je osé, sans du mal, m’entremettre !

 

Quand de l’altière mise, s’est entoilée ma rime,

L’iambique substance de fades élégies,

A dupé de l’affect, qui la pourtant régie,

La pulsatile trille dont la pensée se grime.

 

Survivant sur la terre des princières plumes,

Ai, en de brèves coulpes, confessé de mes tares,

La carence… lors, avant qu’il soit trop tard,

Desserre le carcan, qu’ensembles, nous occlûmes.

 

Inassouvie, pugnace, riche de palinodie,

Pirouette la catachrèse qu’Isocrate admoneste ;

Se voudrait _ hélas ! _ indispensable queste…

Quand du présomptueux, s’arme la prosodie.

 

Fût-ce moins raisonnable, en ces fatales rixes

De maîtriser le ton harmonisant l’image !?

Est-ce du mimétisme empreint de mordançasse,

Que fusent les tons du sermonnaire prolixe ?

 

Rien de moins sûr !... Premier parmi les pairs,

Habile voltairien, Condorcet crispe du paradoxe,

Le dissociatif, pour de l’esprit hétérodoxe,

Eteindre la niaiserie lui servant de repaire.

Aimerais, comme lui, enclore de l’orthodoxe,

L’arrogance bouffie de minables impairs.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

SCRIBES AD ME Ecrivez-moi

 

SCRIBES AD ME

Ecrivez-moi

 

 

Et si vous m’écriviez une lettre d’amour,

En la moite paresse du petit matin,

Peut-être aurais-je de vos frileux satins,

Accusé habitude, en mutin troubadour.

 

Me raconteriez vos frasques d’égérie,

Nuits teintées d’euphorie passagère…

Amante en des salons boudés de harengères,

Vous vainquîtes jadis la courtisanerie

 

Dont les chattes sifflent aux soirs embrumés,

L’irascible hédonisme qui, de l’épicurien,

Anesthésie l'ordalie sans liens ;

En l’heure blême, s’y figent les flous bitumées.

 

Si vous me narriez en des minauderies,

Les assidus hommages de céladons

Égrenant de l’aveu, kyrielle de pardon ;

Lors, verrions, sans pudibonderie,

 

S’esbaudir nos corps déracinés

De la chair sursitaire… enjoliverions

Des mornes confesses, charmante agrion,

Le joug du relaps du pénitent mort-né.


Fi des luttes semblables aux pancraces !!!

Absolviez- vous jadis, les viles estocades

D’énamourés épiant derrière la rocade,

Au souffle ahanant, les altérables traces ?

 

Ecrivez-moi vos songes, ces villégiatures,

Folies, excès jouxtés de la mémoire,

Les confidences... sans jamais surseoir,

Des riches entrelacs, l’ambigüe épissure !

 

Réceptifs aux maux, mes yeux oublieront

La noirceur du silence des solitudes…

Viendrai un jour, vaincre l’exactitude,

Des clepsydres ; là, nous nous aimerons.

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021 

mardi 9 février 2021

ALIQUAM…* Il sera temps…

 

ALIQUAM…*

Il sera temps…

 

 

Puisqu'il faut des rêves, éteindre l'illusion,

Atteindre des pensées, en un temps dérisoire,

Les choix cosmétiqués, les indécisions,

Il nous faudra un jour, sur le fil du rasoir,

Traverser de l'épreuve, l'horrible confusion.

 

Puisqu'il faut des mots, paraphraser les signes,

De la glose ampoulée, délétère, encenser

Le discours du rhéteur : sycophante indigne,

Il nous faut sans contrainte, nuancer

 

Du propos, le pathos, crever du pédantisme,

Plantureuse panse, bedonnant rumen,

Lestant du laïus, le piteux alarmisme

Emphatique parénèse ; la glotte la malmène.


Puisqu'il faut en ces temps incertains, boire

Du raisonnable, le réduplicatif, apaiser

De l'anadipsie, l'outrecuidance folle, croire

En cet avenir trop sombre, pour biaiser,

 

Il nous faut encor retoucher du tableau,

Le pastel affadi, teinter du mordançage,

L'aveuglant chatoiement… tête hors du hublot,

Ecouter les sirènes aux cavatines sages.

 

Il est temps, je pense_ d'entériner le doute,

Ratifier de l'appréhension, la controverse,

L'irréfragable lâcheté… ici, l'ego s'encroûte,

Pour disparaître sous les larmes d'averse.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

lundi 8 février 2021

A UNE DAME CREOLE CHARLES BAUDELAIRE

 

A UNE DAME CREOLE

CHARLES BAUDELAIRE

 

Au pays parfumé que le soleil caresse,
J'ai connu, sous un dais d'arbres tout empourprés
Et de palmiers d'où pleut sur les yeux la paresse,
Une dame créole aux charmes ignorés.

Son teint est pâle et chaud ; la brune enchanteresse
A dans le cou des airs noblement maniérés ;
Grande et svelte en marchant comme une chasseresse,
Son sourire est tranquille et ses yeux assurés.

Si vous alliez, Madame, au vrai pays de gloire,
Sur les bords de la Seine ou de la verte Loire,
Belle digne d'orner les antiques manoirs,

Vous feriez, à l'abri des ombreuses retraites,
Germer mille sonnets dans le cœur des poètes,
Que vos grands yeux rendraient plus soumis que vos noirs.

ADMONITIO* Admonition

 

ADMONITIO*

Admonition

 

S’il faut de la mémoire évincer les tumultes,

Il nous faut aussi purger la remembrance,

De sombres souvenirs teintés d’indifférence,

Quand le plus faible, au péché, rend un culte !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021