pinterest

samedi 16 janvier 2021

EGO OBLITUS* J'ai oublié

 

EGO OBLITUS*

J'ai oublié

 

J'ai oublié les filles qui couchaient

Dans la grange, leurs corps adolescents,

Les femmes qui, en larmes, cachaient

De leurs défaites, les rêves opalescents.

J'ai oublié les messes, où les ensoutanés

Berçaient d'insanes coulpes, les hommes,

Les femmes, sans attaches, pour façonner

De l'âme, l'évidente structure, dont Rome,

À coups d'encycliques, polit la mesure,

Dont le pape, ce trompeur, agrémente,

Entre deux psalmodies, cela, à l'usure,

La réelle constance, quand le doute fermente

De la foi, l'efficace, sans harnacher du cœur,

L'agréable systole… faut-il donc qu'on se mente,

Pour masquer du réel,  les reflux de rancœur!  

J'ai oublié Mando, au bord du caniveau ;

N'est plus mienne, sa raison… tant pis !

Il me tarde d'atteindre, par-dessus le biveau,

La nouvelle étoile… sans haine, ni dépit.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

TUNICA ALBA* Blanc manteau

 

TUNICA ALBA*

Blanc manteau

 

Tombent les premières neiges, sur Paris;

Il pleut de blancs flocons sur Paname;

La capitale demeure_ j'en aurais fait pari,

Siège d'une poudreuse liée au macadam.

 

Au balcon des Germanopratines, les grêlons

Chahutent sans s'en faire, quand s'affaissent

Les congères ; on voit se roidir du stolon,

Marcottes engourdies, radicelles en tresses.

 

Le cri perçant de l'oisillon poudré, éveille

Le silence dont se vêt la campagne; l'enfant

Ecoute pleurer la rivière ; la corneille

Attristée, ne peut s'y abreuver ; elle pourfend

 

De son bec, la vitreuse coulée… l'hiver pousse

Sa diaphane crue, au ventre des jardins…

Il en gélifie, peu à peu, les jeunes pousses,

Les semis cachés sous le beau grenadin.

 


Les écoliers enveloppés de mante, glissent

De la sente pentue, heureux de musarder

En ces ivresses, qui en l'âme, s'immiscent,

Ces folles pirouettes dont on s'aime farder.

 

Qu'aurais-je à me plaindre du rude déluge,

Cette baille polaire moulée en l'espèce,

Et qui, de la nature, aspire sous les luges,

D'hostiles perlées... la brise les dépèce !...

 

D'autres brumes, d'étouffantes plaies

Barricaderont le seuil des chaumières;

J'y verrai _ du confort d'éphémères palais _

Se rabougrir janvier, ses salves rancunières…

 

D'autres surent, avant les saturnales,

Modeler de ce pesant poitrail_ lourdaude

Masse congelée, douteux cérémonial,

Quand s'affairent encor, aux laudes,

 

Les zélateurs clivés sous la barlongue

D'un conformisme encavant l'intellect:

Rituel aiguisé de semonces oblongues

Maculant sans réserve, le joyau de l'affect.

 


L'hiver en moi, fait aussi des siennes ;

Bouscule des printemps, sans grâces,

L'altérable mouture, car de ma draisienne,

Je voyais le monde qui lentement s'encrasse

De scissions, de vindictes princières, s'enlace

Au pieu du derviche, épié sous persiennes…


O Dieu, il me tarde de fuir la mélasse

Où patauge l'imbu ; l'orgueil le matelasse

De désirs fondus, songes estropiés, qu'aliènent

Prévaricateurs, marlous, chiennes,

Bavant d'épaisses glaires dont s'enjôle Candace!

 

  Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

vendredi 15 janvier 2021

RESONARE AUTEM MOLESTIAE MEI* L’écho de mon malaise

 

RESONARE AUTEM MOLESTIAE MEI*

L’écho de mon malaise

 

Mon bonheur est un cri poussé dans la nuit,

Un sanglot plein de larmes, d’émotions ;

C’est un soleil éteint, en l’aube enfuie,

Quand m’oppresse le vide, l’anhélation.

 

Mes rires sont de luttes voilées d’impudeur,

Des bouts de mots au bâti de mes lèvres ;

Nul ne peut en jauger l’étrange profondeur,

Sans se faire complice de brûlantes fièvres.

 

Mes envies sont des larves en reptation,

Sur le tapis glissant de vos désagréments ;

Qui sait si elles tairont de l’admonestation,

L’ordalique semonce, l’incisif rudoiement !

 

Mes besoins sont des geôles enjuguant l’attente

Profanant de la foi, l’approche proximale,

Dont l’incivil boude, en des moues insolentes,

L’abord, avant de se lancer, en stupide animal,

Sur la nef de ces fous jouant à se faire mal,

Ces ascètes de laudes, que la mort violente.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

DUOS INTER VERTICES* Entre deux pôles

 

DUOS INTER VERTICES*

Entre deux pôles

 

Les soldats voient poindre la victoire,

Quand l’ennemi recule, avant de fuir ;

L’enfant, lui, voit du luxe ostentatoire,

L’échec dont le cœur veut s’enduire.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

CUM…* Quand…

 


CUM…*

Quand

 

Quand les loups s’entre tuent, les hommes

Perdent espoir, puis, tuent, à leur tour;

Le sang des guerriers, dont s'entourent

Les âmes, éveille l'instinct de l'abrocome.

Quand les chiennes subissent la colère

Du chasseur anonyme, en quête de trophée,

La femme chue du couvoir de Morphée,

Cherche l'ultime repos, la pause salutaire,

Avant du dispendieux, engainer abondance;

On la voit retoucher du miroir des années,

L'écailleux contrevair ; là, son derme tanné

Implore le sursis du fard de tolérance.

 

Quand ma peau cerne de ta chair blessée,

Les moindres interstices, que fuitent de nous,

Les blessures de l'affect… émus, à deux genoux,

Confessons du fol épicurisme, la froide resucée.

Faut-il qu'il m'en souvienne, imbu du confort

Entenaillant l'ivresse, moult regrets d'ascèse (!?)

Mes soifs décélèrent, de ta peau que je baise,

L'inextinguible pépie… je veux, du contrefort

De de ton col, cet altier butoir d'odalisque,

De ton sein évidé de jouissances, balayer

De l'aréole, sans forcir, et pour la délayer,

L'empreinte du mamelon... sans risque…

Mon souffle, que tes geignements pistent,

Capture du soupir, les rafales modulant

Des nigricans, ta rose effilure d'abbesse,

Inaltérable creuset dont s'entrône la fesse,

Au ventre creusé de désirs insultants.

 

Quand l'hiver à ma porte, ensable les matins,

Que somnolent les rires de camérières,

Œil torve, languissante moue, derrière

Les volets clos, se défroissent satins…

 

Livrées ex cathedra, aux sermons de butors,

Les nones s'allègent de coulpes d'offertoire;

Aimeraient aux mâtines, de l'histoire,

Défaire l'ascensionnelle rampe… à tort,

Puisque des gémonies, à la métempsycose,

Les degrés harmonisent  de l'impair,

D'oniriques bermes jouxtées de repaires,

Dont l'absence s'encloue à fortes doses.

 

Quand les chattes, des froides gouttières,

Se laissent retenir, les mâles se faufilent,

Glissent sous l'éclisse, aux lunes qui défilent...

Là, les amants se tutoient, sans têtières…


A bouche que j'espère, avancent les sirènes

Dont la nuit fait promesse… cuisses en résilles,

Nombril en entonnoir… lentement, grésillent

Avant que de gésir, les ombres qui s'égrènent

Du mont pubien, ces frissons-aquarelles.

 

Quand je serai enfant, mes yeux devineront,

De la femme pastel, les premières pensées…

Je passerai l'étoupe à ses pleurs nuancés,

Pour adoucir sa vie de mutique tendron.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

jeudi 14 janvier 2021

ET CAVALIER* Le cavalier

 


ET CAVALIER*

Le cavalier

 

Laissez-moi courir, laissez-moi!

Je suis ce cavalier qui traverse

Les champs, lorsque au soir, larmoie,

L'azur défiguré sous la crue d'averses.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

A PEREGRINO* L'étrangère

 

A PEREGRINO*

L'étrangère

 

La fille qui me sourit, parle une langue

Que je ne comprends pas… J'aimerais

Lui dire, que la pâleur exsangue

Dont se vêt son regard, abriterait_

Si elle le voulait _ mes yeux vagabonds,

Posés au marbre chaud de son ventre,

Où fourmillent des désirs furibonds,

Sur lesquels mes envies s'éventrent,

Si les nuits violentent mes rêves,

Ou les matins coagulent mes besoins

Moulés dans la hantise, qu'achèvent

Les peurs irraisonnées, quand point

Le soleil estropié de volutes chagrines

Flouant de la nue, l'ouateuse conversion,

Et que balaient les risées ambrines.

 

La fille me séduisant, lacère mes angoisses,

Égratigne du spleen, le subéreux tissu,

Sans dévoiler du mal, l'étrange poisse

Retenue au licol de fièvres pansues ;

Pose ses lèvres sur ma peau sursitaire

D'énamouré vaincu, bercé d'afflictions;

Sa bouche aspire des flux contraires,

L'eau des miennes contradictions.

 

En un langage inaudible au profane,

M'a confessé des larmes, des cris

Sous la chair meurtrie de courtisane,

Dont la première fois aimante le proscrit,

Au compas de jambes engainées de satin…

Voulait-elle, de la désespérance, enclore,

Avant que de me lier, en ce froid matin,

L'âpre moulage, en délacer du décor,

Le ligneul retenu à l'auguste barnum,

Ce butyreux cordon placé en dragonne,

Pour retenir le chapiteau où l'homme

Se doit défaire d'horribles gorgones.

 

Ne pouvait égrener du fantasme,

L'inutile chapelet… fut-ce rédhibitoire…

Son style pénétrait du marasme,

L'apraxie, sans de l'attentatoire,

Calmer l'enfièvrement… nous ne doutions

De ce que les années feraient un jour, germer

Sur ces jachères talées sans précaution,

Ces ruches pleines, mais jamais essaimées.

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021