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mercredi 4 novembre 2020

LACRIMAE OPALINI COLORIS,*

 

LACRIMAE OPALINI COLORIS,*

Opalescentes larmes

 

Coulent des rivières sur ta joue fardée,

Tempêtes de larmes, sur ta moue enfantine ;

Le soleil de l’amour y viendra darder,

Pour occire ce mal que les rires butinent.

 

 


 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

AUTUMNUS IN SPECULO*

 

AUTUMNUS IN SPECULO*

Au miroir de l’automne

 

 

Elle venait s’asseoir au bord de la rigole,

Ravie de regarder passer au ciel d’automne,

Les cols verts en partance, qu’abandonnent

L’oie, la bernache… ces dernières décollent,

Pour d’autres errances, suspendues en l’envol

De ce gris… que les nuées crayonnent.

 

Elle, s’imaginait un monde plein de clarté,

Une sphère poudrée d’étincelants reflets

Au miroir de l’azur, où s’en viennent souffler

Les vents froids de novembre, la désertée.

 

La buée aux carreaux de sa chambre d’infante,

L’attristait… aimerait revenir s’alanguir

Au bord de la rigole, s’en aller seule, fuir

De ce vieux manoir, aux tentures adiantes,

 

Les imposants couloirs où se perdent au soir,

Les pas désaccordés de prestes factotums,

L’insolente mollesse des serves économes,

Rétives à l’idée de simplement surseoir

 

A l’appel du lord, son géniteur… amphitryon

Qui, de la noble cause, achève sans discourir,

Le juste corollaire, pour du vide, parcourir

L’inutile vacance… fusse sans prétentions…  

 

Elle n’avait, en ces lieux où le temps amplifie

De la monotonie, l’uniformité, nulle approche ;

Méditative… sans bornes, ni accroches,

Se laissait modeler… que croyez-vous qu’elle fît,

 

Quand les ans, à sa porte, virent tambouriner ?

Son cylindre de femme, ses yeux-bohémiens,

N’accordèrent que peu d’intérêt au cœur adamien

Escortant sa jeunesse aux besoins affinés.

 

Alors, évasive, comme aux matins floutés

De trompeuses complaintes, elle longeait

De la froide rigole, les berges trop rongées

Pour du décor de l’aube, se laisser permuter.

 

Riche de souvenirs à peine mués, sa pensée

Empaquetait aux délices de l’être, les tons

De l’aquarelle sublimée du généreux bouton

Éclos en la réserve de ses pleurs nuancés.

 

Femme-enfant, n’accordait permanence aucune

Aux viles présomptions de la gent cafardeuse ;

Le spleen la dévêtant de cette nébuleuse,

Aurait raisonné de l’affect, une à une,

 

L’entêtante mnésie, la ressouvenance accorée

Aux chroniques fardées de gages dilatoires

Commués du moindre mal, sans de l’ostentatoire,

Amoindrir le panache l’y voulant emmurer.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 3 novembre 2020

SCIO*

 

SCIO*

Je sais

 

Je sais que la souffrance n’est point,

A ce que l’on nous dit, entre chien et loup,

Un puissant artefact, un mirage oint

De pessimistes clercs, comme vous, jaloux

De voir s’évaporer les volutes trop floues

Du croyant dont Seul, Dieu prend soin.

 

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

… SILENTIUM SUMUS MORI !*

 

SILENTIUM SUMUS MORI !*

Silence… on se meurt !

 

Entrez sans faire de bruit ! Soyez sages,

Quand du chahut des âmes s’élèvent

Des mensonges, que peu à peu, encagent

Les superstitions !… au matin, nous achève,

Et sans mal, la religion dont la sève,

Imperméabilise l'esprit pris en otage.

 

Regardez se faner les chaisières de l’ombre,

Ces bigotes ridées du catéchuménat !

Leur sourire, ce leurre, est bien sombre,

En la glossolalie d’un credo de cognat…

 

Pétris de lourds sermons de désabusés,

De prêches d’archevêché, l'homme,

De l’ensoutané, emprunte, en adepte rusé,

Les trompeuses mimiques ; il fuit, en somme,

 

Les Célestes Promesses, pour l’apocryphe

D’encycliques romains ; ces parchemins mités

Rédimés de profanes, subtils hiéroglyphes

De vaticanes caves… font l’unanimité…

 


D’aucuns confèrent aux puantes formules,

Sans s’en désengager, une aura manifeste ;

Ciboire au bord des lèvres, le fervent émule

Renie même sa foi, puisant du palimpseste,

Aphorisme tronqué, maximes indigestes,

Ânonnés d’abbés tonsurés, nonces sous cuculle.

 

Venez, messieurs les trépassés, voir le caveau

Où de vous, les vers feront bombance !

Vos entrailles bâillées du glissant caniveau,

De l’ossuaire chaulé, ce charnier rance,

Empuantiront la soute, en-deçà du biveau.

 

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 2 novembre 2020

PARVUS*

 

PARVUS*

Petite

 

Petite, il fait soleil quand tu fermes les yeux ;

Vois, la lune se pose en douceur sur ta peau !

Attends que les nuages mordorent de bleu,

Tes yeux d’enfant sage, en ton regard si beau !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

 

RUN POTEST*

 

RUN POTEST*

Possible déshérence

 

La mort est un tunnel au cœur même de la vie ;

Elle vient s’allonger entre les côtes noires

De la désespérance, puis, lentement, dévie,

Afin d’en mieux dissoudre du laminoir,

La pointe ébréchée du col de l’entonnoir,

Les dernières larmes, les ultimes pleurs

Engourdis sous les râles d’intenses agonies ;

La pâleur du silence qu’entenaillent les peurs,

Ralentit peu à peu, le faîte des gémonies…

 

Il pleut d’autres dimanches, de nouvelles folies,

Qui du sacramentel, peuplent de l’abstinence,

Rétentive cadmie fuitée de froides lies,

Et qui du panthéisme, divisent, en permanence,

Le zélateur buté, l’athée, ivres de contenance,

Sans du tropisme, affecter l’insipide homélie.

 

La mort est une note sur le vieux clavecin

De l’existence tierce… un refrain inconnu

Du naïf, dont la nigauderie, à l’éveil du tocsin,

Pommade à escient, la coulpe ; l’ingénu

Se fait fort, puisque séduit, cœur à nu,

De l'aliéner aux liturgiques pompes, à dessein,

Quand sombre l’affidé... crève le parvenu.

 

A pile ou face, sur la peau du sixain de kursaal,

En mise de piquet de reversi, la mort se dilue,

Pour se mieux fondre aux tripes abyssales  

Du sujet sevré de rédemption, qui, du talus,

Aux ascensionnelles marches, fait escale,

Avant de s’endormir au culte clérical

De pernicieux doyens aux prêches vermoulus.

 

La mort, en facétieux lutin, goguelin rusé,

Drape de décorum l’ascétique doublon

De l’idoine perclus de traditions, sans l’user,

Ni lui aimanter l’âme aux débris de riblon…

 

C’est un monarque froid, un fier podestat

Dont la toge balaie les bribes de confort

Du serf désenclavé, fuyant le tiers-état,

L’anachorète voilé de peccavi, qui, sans effort,

Traverse les méandres du fictionnel… plus fort,

Semble être le sujet défait de desiderata…

La mort a emprunté, sans impedimenta,

La route de vieux songes allumés de bickford.

 

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 1 novembre 2020

STRUPRUM*

 

STRUPRUM*

Séduction

 

Je t’appelle, puis, m’enfuis de la sphère

Où les mots crachent un venin d’ascèse ;

Je resterai debout… vaillant ; n’en déplaise

A ceux qui, comme toi, quelquefois, s’indiffèrent

Du style, l’emphase, dont ne se peut défaire,

Le verbeux assouvi, le loquace, qui, à l’aise,

Trompe son auditoire, séduit en son repaire,

La louve alanguie… celle qu’il préfère.

 

Je t’appelle, avant que de me perdre ailleurs ;

Si douces sont les ombres, les chaudes aquarelles

Ne peuvent rehausser le trottoir des marelles,

Ni fasciner au soir, le casuiste railleur…

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020