PARVUS*
Petite
Petite,
il fait soleil quand tu fermes les yeux ;
Vois, la
lune se pose en douceur sur ta peau !
Attends
que les nuages mordorent de bleu,
Tes yeux
d’enfant sage, en ton regard si beau !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
PARVUS*
Petite
Petite,
il fait soleil quand tu fermes les yeux ;
Vois, la
lune se pose en douceur sur ta peau !
Attends
que les nuages mordorent de bleu,
Tes yeux
d’enfant sage, en ton regard si beau !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
RUN POTEST*
Possible déshérence
La mort
est un tunnel au cœur même de la vie ;
Elle vient
s’allonger entre les côtes noires
De la
désespérance, puis, lentement, dévie,
Afin d’en
mieux dissoudre du laminoir,
La
pointe ébréchée du col de l’entonnoir,
Les dernières
larmes, les ultimes pleurs
Engourdis
sous les râles d’intenses agonies ;
La pâleur
du silence qu’entenaillent les peurs,
Ralentit
peu à peu, le faîte des gémonies…
Il pleut
d’autres dimanches, de nouvelles folies,
Qui du
sacramentel, peuplent de l’abstinence,
Rétentive
cadmie fuitée de froides lies,
Et qui
du panthéisme, divisent, en permanence,
Le zélateur
buté, l’athée, ivres de contenance,
Sans du
tropisme, affecter l’insipide homélie.
La mort
est une note sur le vieux clavecin
De l’existence
tierce… un refrain inconnu
Du naïf,
dont la nigauderie, à l’éveil du tocsin,
Pommade
à escient, la coulpe ; l’ingénu
Se fait
fort, puisque séduit, cœur à nu,
De l'aliéner
aux liturgiques pompes, à dessein,
Quand sombre
l’affidé... crève le parvenu.
A pile
ou face, sur la peau du sixain de kursaal,
En mise
de piquet de reversi, la mort se dilue,
Pour se
mieux fondre aux tripes abyssales
Du sujet
sevré de rédemption, qui, du talus,
Aux ascensionnelles
marches, fait escale,
Avant de
s’endormir au culte clérical
De pernicieux
doyens aux prêches vermoulus.
La mort,
en facétieux lutin, goguelin rusé,
Drape de
décorum l’ascétique doublon
De l’idoine
perclus de traditions, sans l’user,
Ni lui aimanter
l’âme aux débris de riblon…
C’est
un monarque froid, un fier podestat
Dont la
toge balaie les bribes de confort
Du serf
désenclavé, fuyant le tiers-état,
L’anachorète
voilé de peccavi, qui, sans effort,
Traverse
les méandres du fictionnel… plus fort,
Semble être
le sujet défait de desiderata…
La mort
a emprunté, sans impedimenta,
La route
de vieux songes allumés de bickford.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020
STRUPRUM*
Séduction
Je t’appelle,
puis, m’enfuis de la sphère
Où les
mots crachent un venin d’ascèse ;
Je resterai
debout… vaillant ; n’en déplaise
A ceux
qui, comme toi, quelquefois, s’indiffèrent
Du style, l’emphase, dont ne se peut défaire,
Le verbeux
assouvi, le loquace, qui, à l’aise,
Trompe son
auditoire, séduit en son repaire,
La louve
alanguie… celle qu’il préfère.
Je t’appelle,
avant que de me perdre ailleurs ;
Si douces
sont les ombres, les chaudes aquarelles
Ne
peuvent rehausser le trottoir des marelles,
Ni fasciner
au soir, le casuiste railleur…
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
PUERITIA VSTIONE PROUENIUNT*
Vaporeuse enfance
Sur un
arbre perché, l’oiseau épie l’enfant
Qui voudrait
devenir, en l’aube retenue,
Partenaire, en ces lieux modelés de la nue,
De cette
créature dont le suroît pourfend
L’inflexible
voilure, et qu’amadouent encor,
Aux nouvelles
mâtines, les brumes argentées
Du triste
paysage, sans grâce, ni beauté,
Roidi sous
le feuillage d’un piètre décor.
L’enfant
voudrait toucher cet astre de faïence
Dont l’escapade
livresque anime en ses yeux,
Les
spongieuses pupilles, et qui de ce soyeux,
Égrène peu
à peu, l’étrange sapience.
Il a des
mots purgés de lourds chagrins,
Les voudrait
dévêtir de peines trop tôt couvées ;
Nul ne
peut, en ce deuil, comme lui, retrouver
Des rêves
d’innocence, les sillons pérégrins ;
Son cœur
sait reconnaître de l’ivresse du jour,
Le parfum
des frimas bercés du renouveau_
Captieuse
essence déversée des vaux,
Quand la
fragrance vient poser en ajour
Au col du
clair azur, les rais enchevêtrés
Aux sélectives
brises, en vogue sur l’Ether,
Et qu’accompagnent,
soulevées de nos terres,
D’infimes
poussières pleinement excentrées.
Riche de
chaudes couleurs, sa pensée vagabonde,
Afin d’en
diluer, au for de l'errance folle,
Cosmétique
empreinte, vain onguent de fiole
Dont l’affect
serti de vapeurs rubicondes,
Appréhende
du rouge, les criardes nuances,
Exècre du
carmin, comme de la fuchsine,
Les cerces
violacées, l’infecte térébenthine,
Insidieux
baume, liniment de résipiscence.
Sur un
arbre perché… il se voyait pépier
Hors du
nid, où l’oisillon quémande
Maigre pitance, pour de l’offrande,
S’emplir
le fin jabot, et sans y perdre pied.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020
FACIES ORBITALIS CIET*
Cailloux orbitaux
Elles brillaient
au soir, allumaient
En nos
yeux ravis, de chaudes étincelles ;
Se faisaient
en la nuit, acclamer,
De l’astre-bohème
soulevant la nacelle
Au-dessus
des flots bleus, quand ruissellent
Les bruines
s’y venant rétamer…
Ces pierres
posées en fins cailloux de voûte,
Remorquaient
des comètes pantières,
Le
filet miroitant en-deçà de nos routes,
Le soyeux
réticule et sa longe altière…
Aux canisses
des fenêtres, les rais clairs
Diffusaient
en doux tressauts d’éclairs,
D'infimes faisceaux balayés de vents
Marouflés
aux murets de l’accon en partance,
Posés au
faîte du navire, que balancent
Les vagues
se brisant aux récifs du levant.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
SUBSTANTIAL REVERENTIA*
Substantielle révérence
Quand les
premières plaies deviennent
Béantes
blessures, que les cautères
Emportent
de l’existence austère,
Schismes
et ordalie… ce quoiqu’il advienne;
A couvert,
ou bravant chaque diluvienne,
Devons
accorder déférence à la terre.
Quand les
peines encloses de souvenirs
Enracinent l’affect aux possibles nuances,
Il faut
du retenir, enserrer la muance
Dont la
voix étranglée se veut abstenir.
Ils verront
de la beauté des choses,
Avant que
d’en douter, La Main du Créateur,
Ceux qui,
infidèles, vils prévaricateurs
Prétendent
du Ciel, savoir les nobles causes
Asservissant
l’âme du croyant ; cette foi,
Je le
concède céans, est l’estime déliée
Du répulsif
doute… à l’ultime palier
De la
mort annoncée, transie en ce froid,
La pensée
s’en vient, courbée au beffroi
De l’agnosticisme,
se targuer, en alliée
Ointe de
peccavi… sans toutefois,
Discriminer
du cœur, les fards frontaliers.
A genoux
au pied du Divin Réceptacle,
Le Repentir
domptera le sujet oppressé
De vapeurs
telluriques, ce nimbe agressé
De spermatorrhée
chue de la débâcle ;
Elle souille l’amant dont l’embâcle
Obstrue
du raisonnable, l’efficace tracé.
Je veux m’éloigner de la gent offensée
De mes rimes barbares, mes tances ;
Elles se
veulent libres, sans des circonstances,
Poudrer
de conjonctures, la molle resucée
Pour de l'événementiel, en un verbe gloussé
De fins
rhéteurs, éteindre le slang laïussé
D’impartiaux
bretteurs, sa permanence…
Des fades
chattemites, au lourd patelinage
Des trompeurs
de ce monde, ai vu s’assujettir
Les plus
riches penseurs se laissant abrutir
De grandiloquence,
de dissolubles adages,
En un
cérémonial les venant mettre en cage,
Avant de
les truffer d’anachronismes sages,
Trop sages
pour voiler du septemvir,
Les rites
de l'épulon toujours prêt à sévir.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
QUAE IBI ERAT*
Elle était là
Elle était
là, dans l’ombre de mon ombre,
Évacuant du mal dont elle était captive,
Les chaudes
meurtrissures, qu’avivent
Les démons,
de son côté plus sombre…
Elle croyait
que mourir au seuil du désespoir,
L’aiderait
à renaître au printemps à venir ;
Elle avait
oublié, des envies à bannir,
L’indiscrète
tarole tambourinant au soir
En son cœur
éclaté, son âme déchirée,
D’où s’enflent
des remords tronqués,
Regrets, qu’écoutent encor ronquer,
Le mésaise, l’absence, avant de chavirer.
Elle était
là, égarée, comme brisée
Sous la
vindicte d’amants illusionnés,
De galants
déçus d’être abandonnés,
Quand l’expectance
s’y vient immiscer.
Son regard
dévoilait du mal la modelant,
La fielleuse
lie… car de la coupe aux lèvres,
L’inspiration
tacle de l’insoluble fièvre,
Chaque désir, la nuit, la modulant.
Elle était
là, épuisée, aboulique,
En l’enfonçure du désappointement ;
Sa voix
désamorcée boudait les sentiments
Encagés de sa peine aux remous acycliques.
Nous
nous sommes revus... les larmes
Noyaient
de sa face porphyre, la flamme ;
Jadis, s'irradiait
en elle, l’autre femme,
L’amante,
dont s’évente le charme.
Désabusé,
maussade, je quittai en silence,
De son
triste boudoir, les murs défraîchis ;
A quelle
mélancolie, quand l’oubli l’avachit,
L’homme
se doit-il soumettre, s’il fléchit,
Avant le
jour nouveau, la réelle constance ?
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020