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mardi 27 octobre 2020

TANDEM SIGNA*

 

TANDEM SIGNA*

Dernier signal

 

Les trains quittent la gare, emportant à leur bord,

D’altérables amours, de précieuses romances

Devenues œuvres mortes, chavirées à tribord,

Conglobées à bâbord, pour vaincre l’inclémence

Du temps venant piller de chaque performance,

Le germe conclusif,  feinté... de prime abord.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

 

lundi 26 octobre 2020

MEDITATI IN ALIUM LOCUM*

 

MEDITATI IN ALIUM LOCUM*

Imagine un ailleurs

 

Oh ! Comme elles sont belles, en l’azur,

Les volutes cuivrées du soleil de l’avril,

Quand le printemps rassure le fébrile

Hypnotisé, perdu en l’horrible masure

Dressée sur champ de ruines, l’ébrasure

De baie, où s’affaire le larvaire agrile…

 

Imagine un ailleurs étoilé de faisceaux

Inondant des plaines, le hallier flottant,

Le buis à l’ombre du marais… l’autan,

En l’ouate, au-dessus du ruisseau,

En souffle les friselis... par seaux,

S'y déversent les bruines du temps !

 

A ouïr de l’écho, au soir, le réduplicatif,

Les silences pénètrent la douceur

Des nuits en devenir… s’émousse la rousseur

Du soleil, aux pointes du récif…

En la vespérale paresse, des ombres

En louvoiement, des profils, des lignes

Bordent la perspective, qu'assignent

Les cheminées aux arabesques sombres.

 

Cet ailleurs, l’imaginative le couronne

De parhélie ; la pensée confisque

Au renouveau, sur stèle d’obélisque,

Radiance voulue… posée à même trône,

La lumière enchatonne ses rais

Au diadème de journées affadies ;

L’hétérogénéité d'orbites roidies

Semble, peu à peu, perdre attrait,

Purgée des miasmes aspirés de l’adret

De noires cimes, dont l’Ether s’esbaudit.

 

De loin en loin, au souffle du bouquetin

Repu de cytise, les troupeaux s’affairent,

Pour de la paissance, savourer sur la sente,

Aux sillons herbus, les fruits éclatés… lente

Désaffection de nature ; elle indiffère

L’oiseau bleu de la nue cotonneuse,

En l'empreinte de vents désaccordés :

Foulures dont zéphyr vient carder

Les pâlichonnes rides de nébuleuse.

 

Quel ailleurs, quelles fièvres ! Ces chemins

Liés de malhabiles mains... croquis, 

Vexantes pochades… l’œil vif, par acquit,

En concède allégeance, lui baisant la main ;

Du froid classicisme, au fauve de carmin,

L’artiste, de la plume, au soyeux de l’étoupe,

Donne aux mots-accessoire, l’aquarelle,

La majesté d’un art irradié de dentelles,

De ganse, guipure, dont le dessin découpe,

Telle l’encre du rhéteur, les fastueux entrelacs

De la sonorité, au feutrage du style, autant

Qu’il le lui soit permis, en mouchant l’hésitant

Dont le laïus cacarde d’inadéquats ressacs…

 

S’il est un ailleurs, sous la sylve des pans,

Autre Brocéliande d’apocryphes fanés ;

S’il est un outre-lieu de parchemin tanné,

Une cocagne dont la pensée dépend,

Alors, il y a sûrement, en l’encre de mes mots,

Une île tropicale que la Pelée caresse encor

De ses laviques suées, un jardin pour enclore

De la terre meurtrie, les telluriques fermaux

D’un volcan somnolent, dont Saint-Pierre

Épie, avant que de se plaindre, le cornage,

Sous la glotte de l’onde alanguie… y nage

La sirène écaillée, la naïade… sous la pierre

De coralines cuves, d’où s’échappent souvent,

Le fretin et la houle des îles sous le vent,

La faune, la flore, ivres, par trop altières…


Ailleurs, je fais montre de parcimonie,

L’offrande de ma doublure fait caprices

Aux rêveries tronquées d’haruspices ;

Ces vilains gravissent gémonies

Pour clouer au pinacle des fats, ma queste

De trouvère sans attaches… j’en atteste,

En narrateur arrimé aux septains du poète

Antoine de Gentile, la vaillance, dont s’apprête

L’élégie insufflée céans, de l'almageste.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 25 octobre 2020

PLENA EXUVIE*

 

PLENA EXUVIE*

Holistique exuvie

 

En effaçant des lézardes du temps,

Les offensantes rides, avons du vrai bonheur,

Ignorer l’euphorie, quand du cœur hésitant,

S’échappent des murmures pincés de flagorneurs.

 

En posant pastel aux nuits-aquarelle, l’étoupe

A balayé les vertes moisissures, les craquelures  

Emmurant l’ébauche contadine, que découpent

Les ans, souvent tressés de riches bariolures.

 

En réceptionnant des heures amovibles,

Les fondantes minutes, les précaires secondes,

Le jour a démuni des passions invincibles,

L’affectif bridé des serves pudibondes.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 24 octobre 2020

HIC EST ALIUS*

 

HIC EST ALIUS*

Voici mon autre

 

Voici mon cœur bercé de souvenirs ; il est vôtre !

Si jadis la raison ajustait à mes rêves,

Les oniriques fastes de grandiloquence, autre,

Était du réel, en l’idoine, la minuscule trêve.

Voici ma vie évidée de rancœur, de mensonges !

Elle se vient offrir, délestée d’artifices…

Ne croyez, très chers_ qu’il me faille du songe,

Tisonner l’agrément ceignant des mues adaptatrices,

L’imaginaire par trop fécond, lesté de blandices,

Sans montre de retenue… si le remords nous ronge.

 

Voici, aux soirs d’orage, devant la cheminée,

De ma constance, l’immutabilité ! Prenez donc,

Des angoisses miennes, les craintes surannées,

Avant qu’il m’en souvienne, en de justes pardons,

De l’absolution offerte, sans parcimonie,

A mon poussif ego, en la résipiscence vêtant,

Le pusillanime, hier, larvé de froids dénis,

Le précieux habitacle du déisme mutant…  

 

Voici mes mots d’auteur, griffés de folle pointe,

Rimes d’aède, adages de contorsionniste

Qui de la resucée, épure l’itératif, plume ointe

De l’imaginative, estoquée de trompeurs altruistes

Rassérénés_ croit-on, à l’aube du nouveau jour,

Quand l’audace concède au scribe de polycopie,

Le panache et l’allure placés en fier ajour,

Au col du doxographe hué du pisse-copie !

 

Me voici sur le beau destrier de la littérature,

Chevauchant le syntagme empierré de morphèmes !

Mon trot est un galop, sans réelle arcature,

Car de la claire-voie, n’émanent lumières ; le phonème

Laïussé de conférenciers, enchâsse l’ouïe, permissive

O combien… d’une verroterie comparable au sabir,

Cette lingua franca formolée de greffes de missives,

Et qu’inhale l'allocutaire piégé de l’incisive

Péroraison du triste harangueur, ce sbire !

 

Me voici, assoiffé de pollicitations, surenchères

De nobles asservis aux  dictats de cours,

Oukases de labadens, dont jadis, l’être cher

Fuyait l’orgueil du chaotique parcours…

Je reviens en cadenasser l’âme… sans discours !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

VIR*

 

VIR*

Homme

 

J’ai pris le temps de devenir un homme,

M’ouvrant à celles qui, la nuit, se glissaient

Sous ma peau…souvent, s’y immisçaient,

La tendresse et le feu… en piètres économes,

D’autres m’ont lésé, infestées d’hématomes,

De possibles quémandes, moi, reître oppressé,

Humilié, sans gloire, d’altiers gentilshommes

Ignorant de mes luttes, l’itérative percée…

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

vendredi 23 octobre 2020

VISNE ULLAS PERITIAS UPUPAM*

 

VISNE ULLAS PERITIAS UPUPAM*

Cerce floue

 

Une ombre floue avance dans le petit matin ;

On la voit s’étirer… avant de disparaître,

Puis, réapparaître… en l’azur incertain,

Auréolée de suie, comme du temps à naître,

L’aurore revêtue, derrière nos fenêtres :

Fuligineux  halo au bistre levantin.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 22 octobre 2020

ELEGIACE SINT PHANTASIAE*

 

ELEGIACE  SINT  PHANTASIAE*

Elégiaques fantasmes

 

J’irai revoir les îles enflammées de soleil,

Les atolls, que poudroient les crachins ;

Toucherai matin, sans troubler du sommeil,

La passivité ; tapi, jusqu’à l’hiver prochain...

Si vous voyez les songes allumer mes pauses,

Les mirages, claquemurer du pesant marasme,

La profonde apathie ; quelle qu’en soit la cause,

Sachez-la taire, pour ne point, du sarcasme,

Décocher en l’ébauche, mordant, goguenardise !

 

J’irai courir aux portes de juillet, giflé d’alizés,

D’embruns tropicaux… vous me verrez talonner

Du sable chaud des lointains archipels…bronzé,

Les dunes spoliées du regard par trop illusionné

Du preste pérégrin longeant le littoral, fourbu,

Aux  moites vespéraux … dans l’océan de nacre,

Aux bornes coralines, loin des layons herbus,

Ferai taire les elfes fardés de simulacres.

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020