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jeudi 17 septembre 2020

HOMMAGE A ALPHONSE DE LAMARTINE


LE LAC

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?

Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots :

" Ô temps ! Suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

" Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

" Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore
Va dissiper la nuit.

" Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! "

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux.

Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés.

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,
Tout dise : Ils ont aimé !

mercredi 16 septembre 2020

MULTOS AUTUMNI VESTIGIUM*



 

       MULTOS AUTUMNI VESTIGIUM*


Automnale empreinte

 

Laisse courir les vents, s’effeuiller septembre !

Nos silhouettes écornent du paysage,

Quand se tournent les pages,

S’achève doucement, l’agréable voyage,

La ramure du pampre, amputée de ses membres.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

MULIER CARCEREM*

 

MULIER CARCEREM*

Femme-prison

 

Qui a hissé la femme au pinacle du vice,

Donné à ses murmures, le son de grelots

Éveillant du silence, la majesté de l'eau ?

 

Qui l’a meurtrie entre les interstices

Abandonnés aux vieux soleils pâlots

De saisons liées aux cycles en rouleaux ?

 

Ce miroir où se reflète l'homme,

Se perd sous la vague aux roulis tenaces ;

L'onde l'a fait dériver des cruelles nasses

Plongées au fond de l'aquarium

 

Évidé de ses plus belles prises

Aspirées des vents de juin l'invincible ;

L'automne l'aurait voulue pour cible

Entoilant sa superbe de brumes grises.

 

La femme- boudoir où s'affairent les mâles,

Est un désir dégusté à plein temps,

Confiserie de l'été, au printemps…

N'en faîtes, aux heures hiémales,

 

Un objet de plaisir ! C'est l'épouse, la mère

Dont la progéniture espère protection…

La femme offre, et sans abstention,

L’amour domptant nos envies éphémères.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 15 septembre 2020

SALUTARIS LITORIBUS*


SALUTARIS LITORIBUS*
Salutaires rives


Rêve maritime


Sur esquif ballotté des courants,
Nous voilà prisonniers de l’onde en furie,
Du tumulte des flots nous laissant ahuris,
Purgés des bassins au fretin mourant.

Sur la lame éclatée en poudrin,
Dérivons des terres englouties,
De fiefs désolés, empuantis
A jamais d’imposants malandrins.

De salutaires rives, un peu plus éloignés,
En piteux gabiers, accordions aux finauds,
Ces prébendiers, nanan sous cerneau,
L’akène nous pouvant tous soigner.


En d’austères mouroirs, nos profils
Se dissolvent, et pour ne plus paraître 
Entités d’un royaume sans êtres,
Ni profils, qui, en la nuit, défilent

En poussiéreux spectres de nécropoles,
Sous la crypte d’un espace vicié ;
S'y’étire, le laptot supplicié,
Giflé d'ouragans désenclavé des pôles.

Où vais-je jeter l’ancre ? Trouverai-je l’atoll
Aux poudreuses berges, l’agréable lido,
L'onde déliée du bancroche radeau ?
Sur quel océan bleu jetterai-je l’étole ?



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 14 septembre 2020

QUOD*


QUOD*
Quand

Quand mon cœur a rêvé au matin
Où les rires pénètrent l’incertain,
Va voix a mu, avant de disparaître
Du halo des saisons venant naître
En la désespérance, l’adynamie
Perçant du long col, l'anatomie
Dont la chair fait, sans animosité,
Le tour, pour enclore la caducité.


Quand mes yeux ont, du miroir,
Caressé l’amalgame, le mouroir
Où s’endorment de vaporeux profils,
De l’entrebâillure, aux heures qui défilent,
S’exaltèrent d’étranges fumerolles ;
Y croissaient de puantes furoles…

Quand l’âme démunie, j’ai invoqué Dieu,
Libre, ai confessé, en pénitent  pieu,
A genoux au pied du grand lit froid,
Le désordre interloquant ma foi ;


L’esprit appesanti, ai cherché le pardon
Du Seigneur Eternel ; Il me fit Don
De Son Corps au Calvaire, à La Croix
Dressée au tertre romain... en décroît,
Désormais… privé de Ce Salut accordé
Aux croyants… ces premiers de cordée.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 13 septembre 2020

PURGAMENTUM PROPIUS CATHEDRALIUM,*


PURGAMENTUM PROPIUS CATHEDRALIUM,*
Cathédrales-poubelles




Ignobles contempteurs, sodomites de l’ombre,
Vos fiefs sont des tombeaux placés
Au ventre des cités, bourgs de Laodicée
Étarqués au couloir de sectes sans nombre !

Vos églises germent aux portes de l’enfer,
Poncées de cerbères aux prêches d’apostat,
D'ensoutanés bagués du tiers-état:
Incubes de prônes, démons squamifères.

A vos noces, se repaissent encor,
Lors que le dévoiement accuse diligence,
Que point, d’âmes déconfites, l’abondance
Dételée du supin… chancissure mucor.

D’une eau prétendue bénite, goupillon
En main, aspergez le faible, le bigot
De vos messes vêprées, mystique cagot
Dont le cœur et l’esprit font haillons…


Vos chaisières sont d’ignobles mégères,
Bordelière de closes, macarelle de cour,
Enivrent les chiennes au parcours
Pour le moins chaotiques… ces harengères

De couches, bavardes, alanguies,
Pour concubins ne pouvant plus bander,
Agrémentés, avant de transcender
Du fictif, du  masturbatoire de targui ;

Sa semence est ruinée du coulage,
Ce spermatique influx inaccentué…
Il y a tant de spleens en l’infatué,
Tant d’affronts aiguillés d’empennage !

Confesseurs, abbés de confidences,
Vos claires lunes, ne sont que décans
En un ciel de surface ! Vos pérores éloquents
Refoulent le fiel du rite d’impédance ;

Il excite le simplet de laudes,
Ce sacristain à la bure viciée
Qu’un archevêque, jamais disgracié,
Soulève d’un phallus distrait… sans maraude,

Pour contraindre au partage de butin,
Asservie aux mêmes avanies…
Fesse qui te plaît !... est-votre litanie,
Vous nonces de derviches, abjects calotins ?


En passant au nord de votre sacristie,
Pisserai sur le vieux mur d’enceinte !
Laisserai de ma sève pleine, empreinte,
Avant de m’en aller vomir de vos hosties,

La pâteuse mixtion… que Dieu ait pitié
De ce sacramentaire posé en gloriole
Sur nappe de maître-autel… matthiole
Sans fragrance, ni sépale… triste fleur

D’un jardin privé de radiance, sans soleil,
Ni rosée perlant à l’orée de l’éveil,
Sans la joie enchâssée au bonheur.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020