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vendredi 11 septembre 2020

SERVATE INNOXIAS AMET*


SERVATE INNOXIAS AMET*
Anodines amours

Fleurissent au temps qui passe,
Les amours anodines, les folâtres badines
D’adolescents dont les pensées butinent
Du réel, les rappels efficaces,

Sans qu’ils aient à s’en faire… on les voit
Maquiller des déconvenues, l’amertume
Enfiellant du plaisir, l’immodeste coutume
Au faîte d’envies étranglées en leur voix.
                                            
                                             *

Avions, à quinze ans, à l’heure où se défont
Des grimauds, rédhibitoires clauses ;
Nos rires modelaient d’ostensibles causes,
Assurance du paraître…  bien sûr, il confond

Du spleen, à la hardiesse d’inconscients,
L’étrange manifeste aiguisé d’audaces
Préemptées de l’orgueil, et qu’enlacent
Les rêves ignorés de l’inscient.


Nos lèvres donnaient ton aux mièvreries,
Ces redites sucrées dont l’enfance a secret :
Tendres rengaines, superfétation, indiscrets
Challenges écurés, gageure d’afféterie…

La jeunesse s’accoutre _ trop souvent hélas _ !
D’inutiles accessoires, de guenilles cintrées
Dont le fourreau enserre la chair outrée
Du vice d’apanage, cet inclusif qu’effacent

Consomptives années, sénescentes cuvées
O si peu digérées du maladroit béjaune !
Je les vois molester, quand l’envie l’abandonne,
Le naïf arrimé au filin d’amours inachevées.


Ma nubile candeur s’est évaporée…
J’en profane les traces ; amusé de ce temps
Où l’espace ouatait de nos élans mutants,
L’indistinct profil, l’imprécise mue, à l’orée

D'autres lendemains, sans cale, ni étai 
Pour retendre des nuits, la noduleuse chape ;
Je vieillis à l’ombre des matins… s’en échappent
De fuligineux miasmes dont ma joie se vêtait.

Comme les amoureux, mon histoire patine
Des froides sépias, des clichés de l’enfance ;
Ne sais si au deuil de cette intolérance,
Les souvenirs d’hier, au soir, s’y agglutinent.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 10 septembre 2020

QUI SUNT RE…*


QUI SUNT RE…*
Qui sont-ils vraiment

Il y a des marins qui n’aiment pas la mer,
Ne naviguent jamais sur la vague bleutée ;
Sont-ce là, ceux qui fuient les battées,
S’isolent des tempêtes… aux lianes ulmaires
S’accrochent encor, avant de l’éphémère,
Nouer le mirement des solstices brumaires  ?

Il y a des Latins qui rebutent les femmes,
De fringants lovelaces repoussés de l’amante
Aguerrie ô combien_ dont le corps nu aimante
Celui des mutines saphiques… quel drame !
Sapho leur a donné pour attiser leur flamme,
Le souffle des tribades ; Lesbos en dame
La pochade liée au pal de la tourmente.  


Il ya des enfants qui refusent de croire
Que le temps est fugace, sans issue possible ;
Ils vomissent des règles, en des humeurs cessibles,
L’ordalique charte, les lois ostentatoires…
Vieillissent meurtris d’incertitudes ; sont la cible
De zélateurs, prélats cacochymes, inaudibles
Et que griffent les rites condamnés de La Bible ;
Les voilà ! Abrutis, sans âme, foulés de l’auditoire.

Il y a des absents au balcon de nos rêves ;
Que ne l’aurions-nous tu !... ils traînent
En un ailleurs où les songes malmènent
L’ectoplasme au bedonnant rumen,
Celui que la science, privée de sève,
Voit en spectre au-dessus de la grêve
Foulée du dipsomane au sourire amène.


Il y a des filles aux portes de mon lit,
De capricieuses vierges serties de pudeur ;
Viennent cogner, quand s’enfle la fadeur
Opacifiée du flou de la pareidolie
A ma peau pénétrée d’ardeurs…
Dois-je modérer du mal, la réelle lourdeur,
River sans retenue à mon ciel de lit,
Ces rosières formolées de raideur ?
Que nenni ! Je veux de la riche candeur,
Les parer ; puis, les pousser au puits des délits !



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 9 septembre 2020

GERMANOPRATIN PECCATA MAXIMA*


GERMANOPRATIN PECCATA MAXIMA*
Offenses germanopratines

En de sombres ruelles, l’automne
Vient achever des musardes tranquilles,
Le désenchantement dont l’âme indocile
Dénoue patiemment la fragile dragonne.

Au balcon fleuri d’une garçonnière, elle,
Peu rétive aux galants de passage, souriait
Avec délicatesse… ses yeux publiaient,
En de douces invites, comme d’une aquarelle,

L’insolent pastel qui, du teint écaillé, bridait
De la digigraphie, l’étrange leporello, soufflet
Dont l’éventail sublime l’arche renflée
Dont la butée enserre les nuances ridées.


Femme, au seuil du couvoir où l’amant
Fait prouesse, posait son galbe chaud
D’odalisque vaincue, au pied du cachot
Qu’emprisonne sans mal, et sans serment,

Le céladon dont l’impulsive brette accore
La sultane défaite de repères, l’assaki
D’un harem passablement conquis,
Sérail perlé de suées entrelacées de corps

Alanguis en la chair pincée de geignements
Etirés en longs râles, avant de s’étrangler
Au halo de victoires surfaites, sanglées
De vanités estourbies, huées en bramement.


La germanopratine, d’un long drapé, vêtue,
Domptait de noires impasses, au narthex
Des cloîtres, l’embrasure dépeinte du judex
De la maréchaussée ; ici, on pille, on tue,

Sans autre, sans du plaisir d’assouvir en l’éther,
La coterie bourgeoise engraissée d’avoir…
Adeptes de Mammon, s’aliènent sans savoir
Aux principes de rochassiers qu’enterrent

Le pérégrin, le marcheur essoufflé de la lande,
Trop loin de Saint-Germain, ses ruelles pavées,
Bien loin du Panthéon, quand l’auteur encavé
A la crypte chaulée, n’espère plus prébende.

***
Si mon cœur, du sien, sans contraintes,
Faisait taire les fiévreuses coulées,
Aurions de la bohème, au col qui s’en élève,
Franchi montagne Sainte-Geneviève ;

Paris pousserait de la Seine flétrie, ses canaux ;
Paname, du froid bitume, en un désert de mort
Écarquillerait du Louvre, sans remords,
La vitreuse cire, le chassieux des chenaux

Entrouverts en hiver ; ici, la Rive Gauche
Tacle de la Sorbonne, la chaire offerte
Aux palatins_ conférenciers alertes
Dont la harangue encloue l’infidèle Gavroche.


Offensés, sous ma plume de vitrioleur
Défigurant la capitale sise en reine
Devant le Luxembourg… j’en égrène
Parfois, le verbiage_ ma foi _ trop racoleur !


C’est au quartier latin, à deux pas de Lutèce,
En l’antre de Cluny, aux soirs où les artistes
Longeant les quais, croisent les bouquinistes
Que les vents anodins, subtilement, dépècent,
Que ma mémoire s’octroie, avec délicatesse,
La dive quintessence du nard d’abondanciste.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 8 septembre 2020

MURMURE BLANDITIAE


MURMURE BLANDITIAE
Murmures

Dis, pourquoi les chemins
Qui broutent la campagne
Grimpent au petit matin
A l'ubac des montagnes ?

Pourquoi les noires nuits
De l’hiver, font nuages,
Si s'élancent les pluies
Des bosses de l’alpage ?

Qui tresse les saisons
A l'écheveau de vies
Vidées de passion,
De besoins ou d'envies ?

Où vient mourir l'enfance
Meurtrie, écartelée,
De ces ombres qui dansent
Au pied des barbelés ?

Si je pouvais t’écrire
Ce que je crois savoir ;
Là, se dresse l’empire
Du fief érigé en mouroir,

Tu verrais de juillet, bel été ;
De la peur tu ne pourrais
Voiler la rage entêtée,
Ni du soleil, le mordant des rais.

Vides, ma sébile, mon escarcelle !
Je dérive des vagues de papier ;
De ma barque, ruissellent
Des larmes estropiées.

Je voudrais de mes rêves idoines,
Ces voyages pour ailleurs...
Que mon esprit dédouane,
Attiser de l'envie, la pâleur !

J'écoute ouïr l'absence,
Tête penchée peu fier ; je louvoie
Des fugues d'adolescence,
Quand s’étrécit la voie

De laquelle la mort pirouette,
Sans artefact ; puis, nous berne...
D'aucuns diront: l'âme replète,
Sans remords, nous encerne. 



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

IRE RIDICULO


IRE RIDICULO*
File l’aurore

File le temps, file le vent !
Les feuilles mortes d’hier
Vont au soleil levant,
Quand s’enlace le lierre
S’envoler au-dessus des pierres
Entassées hors du sable mouvant.

File la nuit, file le jour !
Les étoiles vont disparaître,
De la rosée parée d'un bel ajour
Flattant  la fleur champêtre…

File le couchant, file l’aurore !
Les astres s’abandonnent au clair
De ce beau firmament que dorent
Les faisceaux sublimés de l’éclair.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 7 septembre 2020

FRUSTRA ANIMI DELIQUIO OBORTO*


FRUSTRA ANIMI DELIQUIO OBORTO*
Vaine pâmoison

Faut-il qu’à tes pieds, je me pâme,
Coiffé de lâcheté, de pleutrerie ?
Faudra t-il de la poltronnerie,
En montre d’abdication, qu’infâme,

J’aille de la resucée, extraire l’itératif,
Pour combler de tes vices, la disposition ?
Combien de céladons déçus, en aversion
De tes flous, se mussent de l’affectif

Dont tu honores l’aura passionnelle,
Toi, céraste enjouée en quête d’adultisme ?
Dois-je faire violence, pour du sybaritisme
Disjoindre proportions, prendre du charnel,

Vacuité première, tel l’enfant mal sevré
Et qui de la tétée, espère encor paissance ?
Ne me peut retenir aux rites d’abondance,
Les chiennes glacées écorniflées d’ivraie !

J’ai fait l’amour sur de moelleux sofas,
A l’ombre de cancanières frustrées,
De putains en disgrâce, de serves outrées ;
Ma vie pissait ses larmes aux moites typhas

D’une berge purgée du souffle éolien,
Quand la nature pourfend du créatif,
En matrone coincée, en laideron rétif,
La superbe posée sur sol abélien…

Tu me découpes d’un long glaive bréchu
Qu’un magma égueulé fait fondre,
Avant de le dissoudre, peut être le confondre
Aux laves d’un volcan au cratère fourchu.

Ma peau, ce cylindre d’où glissent les catins
Amputées de vertu, t’a offert des dimanches
Enguirlandés de joies coulées en avalanche
Sur ta chair malléable à souhait, au teint

Des discordances malmenant la phonie
Du geignement bavard, cet indistinct sanglot
Refoulé du désir en creuset de grelots
Entaillés de la soif pulsée de l’atonie.

A ma plèvre sertie de défaillance, la peur
Fait cacarde aux tressauts de la honte
Alimentée de béantes refontes ;
Tu m’achèves sans mal, ni stupeur,

Comme si du camouflet d'ires, l’affront
Dissolvait des putrides atteintes,
Froides purulences, coulures éteintes
Du condamné ne pouvant faire front

Au bourreau au mortifère licol
De sadique assujetti_ dit-on_ à l’alcade
Hué de l’Ibère poussé sous l'arcade
Dont l’adresse semble avoir fait école.

Dépecé sur la table de tes turpitudes,
J’essaie de me signer, quoique bridé,
Mains et pieds liés d’une corde ridée
Empruntée au faraud mol et rude

Dont la bure trompe encor l’ascète
Sous le derme du plénipotentiaire,
Ce sournois aux dents carnassières ;
Il te culbute, très chère, de cinq à sept,

Quand ton mari d’un front sec et chaud,
Gagne pitance avant de s’écrouler au soir
Dans les draps empuantis, ces passoires
D’où clinquent tes bracelets touchaux.

Te faut d’autres mâles pour animer la couche,
D’étalons, pour enjamber l’obstacle
De tes cuisses offertes, et que taclent
Les hommes_ je le crois_ peu farouches.

Sur la feuille jaunie, je décris tes prouesses,
Sans omettre en ces folles dérives,
D’ajuster à ma plume, la fatale censive ;
Mon corps y verra les pelletés d’abbesses,
Ces louves qui, au sortir de messes,
Diront : _ Il avait malgré lui, des bougresses,
Retenu en l’influx, les frasques pécheresses,
En amant dupé, en béjaune séduit,
Le fluide dont l’innocent, au petit jour, s’enduit…

Moi, dans le cliquetis des os_ répondrai : _
Bien fol est celui que le plaisir empale
Sans qu’il ait à souffrir, et qui de l’aube pâle,
Absorbe contenance, en ces ides poudrées.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 6 septembre 2020

GENUS


GENUS*
Enfant

Enfant des jours d’automne,
Enfant de noires nuits,
D’une voix monotone,
Confesse son ennui.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020