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lundi 7 septembre 2020

FRUSTRA ANIMI DELIQUIO OBORTO*


FRUSTRA ANIMI DELIQUIO OBORTO*
Vaine pâmoison

Faut-il qu’à tes pieds, je me pâme,
Coiffé de lâcheté, de pleutrerie ?
Faudra t-il de la poltronnerie,
En montre d’abdication, qu’infâme,

J’aille de la resucée, extraire l’itératif,
Pour combler de tes vices, la disposition ?
Combien de céladons déçus, en aversion
De tes flous, se mussent de l’affectif

Dont tu honores l’aura passionnelle,
Toi, céraste enjouée en quête d’adultisme ?
Dois-je faire violence, pour du sybaritisme
Disjoindre proportions, prendre du charnel,

Vacuité première, tel l’enfant mal sevré
Et qui de la tétée, espère encor paissance ?
Ne me peut retenir aux rites d’abondance,
Les chiennes glacées écorniflées d’ivraie !

J’ai fait l’amour sur de moelleux sofas,
A l’ombre de cancanières frustrées,
De putains en disgrâce, de serves outrées ;
Ma vie pissait ses larmes aux moites typhas

D’une berge purgée du souffle éolien,
Quand la nature pourfend du créatif,
En matrone coincée, en laideron rétif,
La superbe posée sur sol abélien…

Tu me découpes d’un long glaive bréchu
Qu’un magma égueulé fait fondre,
Avant de le dissoudre, peut être le confondre
Aux laves d’un volcan au cratère fourchu.

Ma peau, ce cylindre d’où glissent les catins
Amputées de vertu, t’a offert des dimanches
Enguirlandés de joies coulées en avalanche
Sur ta chair malléable à souhait, au teint

Des discordances malmenant la phonie
Du geignement bavard, cet indistinct sanglot
Refoulé du désir en creuset de grelots
Entaillés de la soif pulsée de l’atonie.

A ma plèvre sertie de défaillance, la peur
Fait cacarde aux tressauts de la honte
Alimentée de béantes refontes ;
Tu m’achèves sans mal, ni stupeur,

Comme si du camouflet d'ires, l’affront
Dissolvait des putrides atteintes,
Froides purulences, coulures éteintes
Du condamné ne pouvant faire front

Au bourreau au mortifère licol
De sadique assujetti_ dit-on_ à l’alcade
Hué de l’Ibère poussé sous l'arcade
Dont l’adresse semble avoir fait école.

Dépecé sur la table de tes turpitudes,
J’essaie de me signer, quoique bridé,
Mains et pieds liés d’une corde ridée
Empruntée au faraud mol et rude

Dont la bure trompe encor l’ascète
Sous le derme du plénipotentiaire,
Ce sournois aux dents carnassières ;
Il te culbute, très chère, de cinq à sept,

Quand ton mari d’un front sec et chaud,
Gagne pitance avant de s’écrouler au soir
Dans les draps empuantis, ces passoires
D’où clinquent tes bracelets touchaux.

Te faut d’autres mâles pour animer la couche,
D’étalons, pour enjamber l’obstacle
De tes cuisses offertes, et que taclent
Les hommes_ je le crois_ peu farouches.

Sur la feuille jaunie, je décris tes prouesses,
Sans omettre en ces folles dérives,
D’ajuster à ma plume, la fatale censive ;
Mon corps y verra les pelletés d’abbesses,
Ces louves qui, au sortir de messes,
Diront : _ Il avait malgré lui, des bougresses,
Retenu en l’influx, les frasques pécheresses,
En amant dupé, en béjaune séduit,
Le fluide dont l’innocent, au petit jour, s’enduit…

Moi, dans le cliquetis des os_ répondrai : _
Bien fol est celui que le plaisir empale
Sans qu’il ait à souffrir, et qui de l’aube pâle,
Absorbe contenance, en ces ides poudrées.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 6 septembre 2020

GENUS


GENUS*
Enfant

Enfant des jours d’automne,
Enfant de noires nuits,
D’une voix monotone,
Confesse son ennui.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 5 septembre 2020

VESTIGIA AESTUS


VESTIGIA AESTUS*
Chaudes empreintes



Je regarde aux ides azurées, la lune
Arrondie en un ciel superbe, chue de la nue
Aux frêles gouttes ; d’infimes et menues
Perles s'y échappent, une à une…

Les arbres dévêtus de leurs branches,
Sont arrachés d'impulsives bourrasques ;
Le tronc des trifoliés étirés en fiasque,
S'abreuve de bruines d'avalanche

Amplifiées du Phébus conquérant :
Ignifiables spires que drainent
Les chauds lapilli, sur la plaine...
Incandescence au soir bref, se mourant.

Coulent dans mon dos, des suées éclatées,
Roulent monotones à ma nuque figée…
La pépie de ma glotte affligée
Quémande en ces entraves, lavure appétée

Qui du mésaise, réajuste la peine
Aux heures égrenées, tronquées,
En l’espace où se meuvent encor,
Aux grelots, les fêlures du corps
Assujetti aux soupirs bisqués,
Glissés de la dolente  voix... gêne

Dont j'aspire chaque ronde
Aux miennes semblables... l'enfance y larmoie,
Puis, boit dessous canopée, l’émoi
De fertiles ondées de sphère rubiconde,

Ici, sans retenue, au ventre gonflé
De tropiques soufflés du barycentre
Du cosmos ridé en son antre,
Au matin teinté de doux reflets.

Je clos des yeux, les volets palpébraux,
Poussant le loquet, sans l'affaisser,
Repu d'onde, sous le pampre blessé
Aux écailles et surgeons vertébraux.

Fait beau en mes voies chimériques !
Conterai fleurette aux amours mutines
Longeant seules, le couloir d'ondines,
Naïades sous de spacieuses criques…

Montent des vents, les vapeurs telluriques
D’étranges jardins enivrés d’essence
De roses effeuillées en l'aisance
De cuprifères nuits ouatées de musiques.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

vendredi 4 septembre 2020

RIDICULAM SALO*


RIDICULAM SALO*
Drôle de ressac

A tort, ou à raison, je me croyais coupable,
Coupable d’avoir laissé au creux de la vague,
Les spumescents reflets, et qu’au matin, élague
La turbulente lame s’écrasant sur le sable.

Ai-je viré de bord, avant de m’écraser
Sur l’estuaire jouxtant les mortes rives ?
Me serais-je laissé battre, en dérive
Des vents, sans m’en apercevoir... grisé

D’embruns, de sel marin, tempêtes ;
Ai-je du tourbillon de flots sonores,
Le maelström que l’onde bleue honore,
Lesté la cadence chahutée à son faîte ?


Et si j’étais, de ce lit d’infortune, ce berceau,
L'ombre se cognant au rostre du navire,
Aux roulis dont les reflux chavirent
Avant de s’écraser à la proue du vaisseau !

Si ma couche bambane frappée de solitude,
Pleurait tristes matins, quand se froissent
Les mânes de l’éveil incertain… et que poisse
L’errance déliée céans, de la rectitude !

Mes larmes en un ressac, donneraient ton
Aux sanglots incivils ; ils blessent l’enfant
Que je veux devenir, en soufflant
Les bougies du passé, ces tristes rogatons

Aux vacillantes flammes d'infortunes
Dont je fais laptot, moi, pauvre matelot
Asservit aux rites coloniaux d’hottentots
Sans bagages, aux lois inopportunes.


Drôle de ressac que ce rêve agité,
Échoué sur les côtes landaises
Surplombées de rudes falaises !
S'y brise l’espoir, un jour, d’ingurgiter

De la fiasque, le nectar salvateur
Échappé du long col ébréché,
Qu’acidifient les sucs trop séchés,
L’élixir prisé du gosier adducteur.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 3 septembre 2020

VENI


VENI
Viens

Nous irons sur les routes fleuries,
Voir pousser les arpèges de cantilènes ;
Cueillerons dès l’aube, de la plaine,
Des musiques cuivrées, de belles féeries.

Viens, te ferai voir les brumes de Paris
Farder la capitale aux pieds d’argile !
L’espace ne pourra suffire aux gilles
De la farandole ; y sombre l’ahuri

Aux dispendieux rêves d’amant
Mis à l’index ; au soir, la morale tance
L’énamouré au piège que condensent
Les rires dilués... hués, fatalement.


Viens courir dans les prés inondés de rosée,
Quand le matin enfile aux saisons,
Des guipures, jusqu’au toit des maisons
Irradiées de rais s’y venant déposer !

Au bout du jardin dont parle le poète,
Cet enclos du printemps bourgeonnant,
Les fruits offrent de leur nanan,
La liqueur dont la lèvre fait fête…

Les étoiles animent de l’azur embruiné
La route parsemée de cailloux
Chus de la stratosphère absorbée du bayou
Serpentant sur la berge au talus buriné.

Viens te griser de fragrances nouvelles !
Les souffrances d’hier, ne sont plus, tu verras,
Qu’empreintes sur la berme… viens ! On ira
Toi et moi, du levant, aux aurores rebelles,

Toucher de la faune, la vigueur,
L'énergie, sous imposante carrure ;
Les daines s’approcheront, et des pâtures,
Bouderont les fruits dont l’aigreur

Acidifie la panse, pour des mains tendues,
Pourlécher le pollen recueilli avec grâce…  
Les bernaches surprises de nos traces,
Épieront peut-être nos pas distendus.


Viens, c’est ici que commence l’enfance !
Oublions les brimades des aînés !
Sache sans remords, pardonner,
Sans taire du passé la futile constance !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 2 septembre 2020

POITIQUES FINGERPRINTS*


POITIQUES  FINGERPRINTS*
Poétiques empreintes


La beauté de l’instant, la douceur ouatée
Du paysage aux claires embellies,
Le calme des vallées qu’éveille l’hallali,
Sont autant de tons, d’ivresses apprêtées,

De fragrance, de cycles séculiers ;
L’azur  y déploie sa soyeuse mante,
Étole aux doux  reflets ; ils enfantent
Silence…  aux vapeurs déliées.

Vagabondent, les premières couvées,
La faune sublimée de spires
Encerclées de prairies ; l’autan s’y étire,
Soulevant des bosquets, le typha incurvé.

Frétillent des nasses, chelmon à long bec,
Torpille ocellée, émissole tachetée…
Ici, l’orphie, la blennie mouchetée,
Glissent sous le corail ; la flore s’en embecque.

Des cols ennuagés, pointent des bouquetins,
Ils gravissent des monts, l’ubac encor humide,
Quelquefois, de l’adret dressé en pyramide,
L'abrupte galandage, quand le soleil s'éteint,

Puis, revient inonder le faîte des montagnes
Étarquées en dôme, hors des dunes,
Impérialement liées aux claires lunes
Déliées des ténèbres voilant campagne.

Poétiques empreintes estampillées
De nues céruléennes, volutes soufflées
D'un vaporeux mistral emmitouflé
D’onde aux vagues éparpillées.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 31 août 2020

MAGNO SUO PERICULO*Grand risque pour



MAGNO SUO PERICULO*
Grand risque pour


Il plane au-dessus de nos têtes,
Un cirrus de mort, une brume figée ;
Le péché, peu à peu, nous a ennuagé
D’un halo semblable aux girouettes,

Nimbe de disgrâce que les vents fous
Chambardent, avant de le grimer,
D’un stratus piètrement arrimé
A l’orgueil des fats; les limbes les bafouent.

Nagent en l’air vicié, d’explosives charges,
D'éruptives bourres prêtes à déflagrer
Avant les saturnales: vaines simagrées
Et qu’effanent les nonces munis de targe.


Le cosmos voit peler la parure
D'un monde brisé, au pal d’un enfer
Dont l’ardeur carbonise la terre,
Riffaude l’univers ceint de désinvolture.

L'homme, de l’enceinte du mal,
Égrène patiemment, un vieux chapelet
De tristes litanies bléées de pipelets
Sous macule de thèses cégésimales,
Système guindé en appendice
Lesté de dionysiaques croyances…

Asservie aux dogmes de sapience,
La femme, du vide des blandices,
Ratifie en l’espèce, l’étrange primauté,
Enflée du savoir des questeurs
De coursives vaquées du contempteur,
Pédant sans cœur, fardé de cruauté.


Du tombeau au seuil des misères,
S’enflent les rêves de la plèbe poncée…
Il n’y a_ je le crains !_ en ce fief roncé
De malédictions, qu’immense désert
Emprunté de faquins, erg d’insert ;
Y chavirent encor des notes nuancées.

Doit-on mourir debout, ventre plein,
Pour donner aux vivants emmurés
De mensonges, un linceul armuré…
Combattre le vice dont l’âme se plaint ?



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020