FRUSTRA
ANIMI DELIQUIO OBORTO*
Vaine pâmoison
Faut-il qu’à tes pieds, je me pâme,
Coiffé de lâcheté, de pleutrerie ?
Faudra t-il de la poltronnerie,
En montre d’abdication, qu’infâme,
J’aille de la resucée, extraire l’itératif,
Pour combler de tes vices, la disposition ?
Combien de céladons déçus, en aversion
De tes flous, se mussent de l’affectif
Dont tu honores l’aura passionnelle,
Toi, céraste enjouée en quête d’adultisme ?
Dois-je faire violence, pour du sybaritisme
Disjoindre proportions, prendre du charnel,
Vacuité première, tel l’enfant mal sevré
Et qui de la tétée, espère encor paissance ?
Ne me peut retenir aux rites d’abondance,
Les chiennes glacées écorniflées d’ivraie !
J’ai fait l’amour sur de moelleux sofas,
A l’ombre de cancanières frustrées,
De putains en disgrâce, de serves outrées ;
Ma vie pissait ses larmes aux moites typhas
D’une berge purgée du souffle éolien,
Quand la nature pourfend du créatif,
En matrone coincée, en laideron rétif,
La superbe posée sur sol abélien…
Tu me découpes d’un long glaive bréchu
Qu’un magma égueulé fait fondre,
Avant de le dissoudre, peut être le confondre
Aux laves d’un volcan au cratère fourchu.
Ma peau, ce cylindre d’où glissent les catins
Amputées de vertu, t’a offert des dimanches
Enguirlandés de joies coulées en avalanche
Sur ta chair malléable à souhait, au teint
Des discordances malmenant la phonie
Du geignement bavard, cet indistinct sanglot
Refoulé du désir en creuset de grelots
Entaillés de la soif pulsée de l’atonie.
A ma plèvre sertie de défaillance, la peur
Fait cacarde aux tressauts de la honte
Alimentée de béantes refontes ;
Tu m’achèves sans mal, ni stupeur,
Comme si du camouflet d'ires, l’affront
Dissolvait des putrides atteintes,
Froides purulences, coulures éteintes
Du condamné ne pouvant faire front
Au bourreau au mortifère licol
De sadique assujetti_ dit-on_ à l’alcade
Hué de l’Ibère poussé sous l'arcade
Dont l’adresse semble avoir fait école.
Dépecé sur la table de tes turpitudes,
J’essaie de me signer, quoique bridé,
Mains et pieds liés d’une corde ridée
Empruntée au faraud mol et rude
Dont la bure trompe encor l’ascète
Sous le derme du plénipotentiaire,
Ce sournois aux dents carnassières ;
Il te culbute, très chère, de cinq à sept,
Quand ton mari d’un front sec et chaud,
Gagne pitance avant de s’écrouler au soir
Dans les draps empuantis, ces passoires
D’où clinquent tes bracelets touchaux.
Te faut d’autres mâles pour animer la couche,
D’étalons, pour enjamber l’obstacle
De tes cuisses offertes, et que taclent
Les hommes_ je le crois_ peu farouches.
Sur la feuille jaunie, je décris tes prouesses,
Sans omettre en ces folles dérives,
D’ajuster à ma plume, la fatale censive ;
Mon corps y verra les pelletés d’abbesses,
Ces louves qui, au sortir de messes,
Diront : _ Il avait
malgré lui, des bougresses,
Retenu en
l’influx, les frasques pécheresses,
En amant
dupé, en béjaune séduit,
Le fluide
dont l’innocent, au petit jour, s’enduit…
Moi, dans le cliquetis des os_ répondrai : _
Bien fol
est celui que le plaisir empale
Sans qu’il
ait à souffrir, et qui de l’aube pâle,
Absorbe
contenance, en ces ides poudrées.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020












