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samedi 5 septembre 2020

VESTIGIA AESTUS


VESTIGIA AESTUS*
Chaudes empreintes



Je regarde aux ides azurées, la lune
Arrondie en un ciel superbe, chue de la nue
Aux frêles gouttes ; d’infimes et menues
Perles s'y échappent, une à une…

Les arbres dévêtus de leurs branches,
Sont arrachés d'impulsives bourrasques ;
Le tronc des trifoliés étirés en fiasque,
S'abreuve de bruines d'avalanche

Amplifiées du Phébus conquérant :
Ignifiables spires que drainent
Les chauds lapilli, sur la plaine...
Incandescence au soir bref, se mourant.

Coulent dans mon dos, des suées éclatées,
Roulent monotones à ma nuque figée…
La pépie de ma glotte affligée
Quémande en ces entraves, lavure appétée

Qui du mésaise, réajuste la peine
Aux heures égrenées, tronquées,
En l’espace où se meuvent encor,
Aux grelots, les fêlures du corps
Assujetti aux soupirs bisqués,
Glissés de la dolente  voix... gêne

Dont j'aspire chaque ronde
Aux miennes semblables... l'enfance y larmoie,
Puis, boit dessous canopée, l’émoi
De fertiles ondées de sphère rubiconde,

Ici, sans retenue, au ventre gonflé
De tropiques soufflés du barycentre
Du cosmos ridé en son antre,
Au matin teinté de doux reflets.

Je clos des yeux, les volets palpébraux,
Poussant le loquet, sans l'affaisser,
Repu d'onde, sous le pampre blessé
Aux écailles et surgeons vertébraux.

Fait beau en mes voies chimériques !
Conterai fleurette aux amours mutines
Longeant seules, le couloir d'ondines,
Naïades sous de spacieuses criques…

Montent des vents, les vapeurs telluriques
D’étranges jardins enivrés d’essence
De roses effeuillées en l'aisance
De cuprifères nuits ouatées de musiques.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

vendredi 4 septembre 2020

RIDICULAM SALO*


RIDICULAM SALO*
Drôle de ressac

A tort, ou à raison, je me croyais coupable,
Coupable d’avoir laissé au creux de la vague,
Les spumescents reflets, et qu’au matin, élague
La turbulente lame s’écrasant sur le sable.

Ai-je viré de bord, avant de m’écraser
Sur l’estuaire jouxtant les mortes rives ?
Me serais-je laissé battre, en dérive
Des vents, sans m’en apercevoir... grisé

D’embruns, de sel marin, tempêtes ;
Ai-je du tourbillon de flots sonores,
Le maelström que l’onde bleue honore,
Lesté la cadence chahutée à son faîte ?


Et si j’étais, de ce lit d’infortune, ce berceau,
L'ombre se cognant au rostre du navire,
Aux roulis dont les reflux chavirent
Avant de s’écraser à la proue du vaisseau !

Si ma couche bambane frappée de solitude,
Pleurait tristes matins, quand se froissent
Les mânes de l’éveil incertain… et que poisse
L’errance déliée céans, de la rectitude !

Mes larmes en un ressac, donneraient ton
Aux sanglots incivils ; ils blessent l’enfant
Que je veux devenir, en soufflant
Les bougies du passé, ces tristes rogatons

Aux vacillantes flammes d'infortunes
Dont je fais laptot, moi, pauvre matelot
Asservit aux rites coloniaux d’hottentots
Sans bagages, aux lois inopportunes.


Drôle de ressac que ce rêve agité,
Échoué sur les côtes landaises
Surplombées de rudes falaises !
S'y brise l’espoir, un jour, d’ingurgiter

De la fiasque, le nectar salvateur
Échappé du long col ébréché,
Qu’acidifient les sucs trop séchés,
L’élixir prisé du gosier adducteur.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 3 septembre 2020

VENI


VENI
Viens

Nous irons sur les routes fleuries,
Voir pousser les arpèges de cantilènes ;
Cueillerons dès l’aube, de la plaine,
Des musiques cuivrées, de belles féeries.

Viens, te ferai voir les brumes de Paris
Farder la capitale aux pieds d’argile !
L’espace ne pourra suffire aux gilles
De la farandole ; y sombre l’ahuri

Aux dispendieux rêves d’amant
Mis à l’index ; au soir, la morale tance
L’énamouré au piège que condensent
Les rires dilués... hués, fatalement.


Viens courir dans les prés inondés de rosée,
Quand le matin enfile aux saisons,
Des guipures, jusqu’au toit des maisons
Irradiées de rais s’y venant déposer !

Au bout du jardin dont parle le poète,
Cet enclos du printemps bourgeonnant,
Les fruits offrent de leur nanan,
La liqueur dont la lèvre fait fête…

Les étoiles animent de l’azur embruiné
La route parsemée de cailloux
Chus de la stratosphère absorbée du bayou
Serpentant sur la berge au talus buriné.

Viens te griser de fragrances nouvelles !
Les souffrances d’hier, ne sont plus, tu verras,
Qu’empreintes sur la berme… viens ! On ira
Toi et moi, du levant, aux aurores rebelles,

Toucher de la faune, la vigueur,
L'énergie, sous imposante carrure ;
Les daines s’approcheront, et des pâtures,
Bouderont les fruits dont l’aigreur

Acidifie la panse, pour des mains tendues,
Pourlécher le pollen recueilli avec grâce…  
Les bernaches surprises de nos traces,
Épieront peut-être nos pas distendus.


Viens, c’est ici que commence l’enfance !
Oublions les brimades des aînés !
Sache sans remords, pardonner,
Sans taire du passé la futile constance !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 2 septembre 2020

POITIQUES FINGERPRINTS*


POITIQUES  FINGERPRINTS*
Poétiques empreintes


La beauté de l’instant, la douceur ouatée
Du paysage aux claires embellies,
Le calme des vallées qu’éveille l’hallali,
Sont autant de tons, d’ivresses apprêtées,

De fragrance, de cycles séculiers ;
L’azur  y déploie sa soyeuse mante,
Étole aux doux  reflets ; ils enfantent
Silence…  aux vapeurs déliées.

Vagabondent, les premières couvées,
La faune sublimée de spires
Encerclées de prairies ; l’autan s’y étire,
Soulevant des bosquets, le typha incurvé.

Frétillent des nasses, chelmon à long bec,
Torpille ocellée, émissole tachetée…
Ici, l’orphie, la blennie mouchetée,
Glissent sous le corail ; la flore s’en embecque.

Des cols ennuagés, pointent des bouquetins,
Ils gravissent des monts, l’ubac encor humide,
Quelquefois, de l’adret dressé en pyramide,
L'abrupte galandage, quand le soleil s'éteint,

Puis, revient inonder le faîte des montagnes
Étarquées en dôme, hors des dunes,
Impérialement liées aux claires lunes
Déliées des ténèbres voilant campagne.

Poétiques empreintes estampillées
De nues céruléennes, volutes soufflées
D'un vaporeux mistral emmitouflé
D’onde aux vagues éparpillées.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 31 août 2020

MAGNO SUO PERICULO*Grand risque pour



MAGNO SUO PERICULO*
Grand risque pour


Il plane au-dessus de nos têtes,
Un cirrus de mort, une brume figée ;
Le péché, peu à peu, nous a ennuagé
D’un halo semblable aux girouettes,

Nimbe de disgrâce que les vents fous
Chambardent, avant de le grimer,
D’un stratus piètrement arrimé
A l’orgueil des fats; les limbes les bafouent.

Nagent en l’air vicié, d’explosives charges,
D'éruptives bourres prêtes à déflagrer
Avant les saturnales: vaines simagrées
Et qu’effanent les nonces munis de targe.


Le cosmos voit peler la parure
D'un monde brisé, au pal d’un enfer
Dont l’ardeur carbonise la terre,
Riffaude l’univers ceint de désinvolture.

L'homme, de l’enceinte du mal,
Égrène patiemment, un vieux chapelet
De tristes litanies bléées de pipelets
Sous macule de thèses cégésimales,
Système guindé en appendice
Lesté de dionysiaques croyances…

Asservie aux dogmes de sapience,
La femme, du vide des blandices,
Ratifie en l’espèce, l’étrange primauté,
Enflée du savoir des questeurs
De coursives vaquées du contempteur,
Pédant sans cœur, fardé de cruauté.


Du tombeau au seuil des misères,
S’enflent les rêves de la plèbe poncée…
Il n’y a_ je le crains !_ en ce fief roncé
De malédictions, qu’immense désert
Emprunté de faquins, erg d’insert ;
Y chavirent encor des notes nuancées.

Doit-on mourir debout, ventre plein,
Pour donner aux vivants emmurés
De mensonges, un linceul armuré…
Combattre le vice dont l’âme se plaint ?



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 30 août 2020

IN FINE


IN FINE

J’ai vu s’ouvrir aux lunes de septembre,
Au monde qui s’égare pour disparaître,
Rives endormies au soleil à renaître,
Berges encavées aux nécropoles d’ambre.

Mes nuits atteignent du sommeil froid,
Les cauchemars enkystés d’inférences ;
Que n’aurais-je donné pour de l’adolescence,
Retoucher le profil arc-bouté au beffroi

D’imposants fiefs de provinces meurtries !
Y traînent au soir, les vierges griffées
De l'incertitude dont le cœur suiffé
Souille l’acuité accorée au mépris.


Les morts gardent du séculier, rites,
Faste d’antan, et pour se protéger
De la douleur de peines ennuagées
De peur, de répulsions confites,

Et qu’écalent en ces noces spectrales,
Remembrances, en l’isoloir du temps,
Tièdes resucées effeuillées en partant
D’esprits cacochymes sanglés de râles.

Sans porter estocade aux contradictions,
Ni percer le bedon des miennes vanités,
Je fais en ces chemins… ô si peu usités !
Montre de vaillance, sevré d’addictions…

Au bas de page où ma plume musarde,
Les mots défaits de métamères, s’affolent ;
Enquillés à ma déconvenue, somnolent,
Vaincus d’atticisme, en l’ébauche bavarde.


J’ois des matins creux, à l’aube claire,
Quand du soleil d’été, s’évapore la nue,
Le cri de zombis, d'ectoplasmes ténus
Chahutant aux rêves enduis de glaire,

Viscosité, mue de fantômes mutés
Sous coupole d’un caveau chaulé,
Catafalque... peu à peu démoulés
Des doigts du péché aux restes aboutés

De cadavres blanchis du Shéol,
Exuvie dont le passé fait fête…
Si j’avance en silence, que rien ne m’arrête,
Verrai, au souffle chaud d’Eole,

Ma peau délacée des rires de l’enfance ;
Yeux mi-clos, d’insidieuses promesses,
Bluterai du mal desserti de confesse,
L’affectation couvée de sénescence.

Mando ne sera, en cet obscur désordre,
Qu’un citoyen blessé, reître désarmé
Au pal de la métempsychose… être alarmé
Qui du noir, ne se laisse plus mordre.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 29 août 2020

CONFIDENCES


QUIBUS CONFISUS ES


Je souris aux passants emmurés d'amertume,
Aux filles déambulant avec mélancolie ;
Je les vois farder de la triste folie,
Le désenchantement talé sur le bitume.





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020