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vendredi 17 juillet 2020

CRESCERE ALAS*


CRESCERE ALAS*
Pousser des ailes



Se voir pousser des ailes,
S’inventer de précieuses écailles…
Pour se mieux faire la belle
Quand le mal nous entaille.

Imaginer, au seuil du renouveau,
L’humain, l’animal, troquant, le jour,
Costume, peau, pour devenir rivaux,
Égaux, sous d'imposants  ajours.

Marcher à reculons dans un lieu désert,
Enfourcher des montures sans vie,
Carnes dont on ne sait que faire,
Haridelles, juments inassouvies.


A glisser des nuances floutées, dévions
D'allées où poussent en harmonie,
La rosée de l’avril, loin de l’alluvion
Obturant des canaux, le courant démuni.

En ces chemins déviés de l'espace,
Point d'âme à l’horizon… sur le macadam,
Traînent des chiennes trop grasses
Au bout de laisses tenues de tristes dames.


Entre la terre et l’eau, à flanc de montagne,
Se contorsionnent les joies émaciées
Du peuple ; il bat seul la campagne,
Comme le faisaient, d'anciens suppliciés

Se voir pousser des ailes,
S’inventer des écailles…
Pour se faire la belle
Quand le mal nous entaille,

Voilà du temps passé, la vision profane,
L’espoir en demain, l’hallucination !
Du rêve lié à mon sommeil en panne,
Ne reste que débris d’imagination..






Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 15 juillet 2020

ALLO!...


ALLO!...

Allo!... Allo!... Entendez-vous ma voix ?
J'aimerais m'asseoir au bord de vos yeux,
Aspirer de vos larmes, du clair au bleu,
Les peines que lentement renvoient

Les sanglots agrémentés d'ivresses…
Êtes-vous encor là ? Non! Ne répondez-pas!
Laissez-moi respirer le souffle qui, de mes pas,
Ralentit à escient, la marche enchanteresse!

Ai-je de vos besoins, boudé le raisonnable ?
Suis-je à même de prétendre rallumer du feu,
D'incandescentes braises ? En suis-je, je le veux! _
Capable ? Allo! De vos sanglots palpables

Me veux inonder, sans de l'émoi,
Nier l'acceptable… il me faut en tarir
Le flux fréquentatif_ cela, sans faillir ;
Qu'il m'en soit donné en ce cœur qui larmoie,


L'audace d'apaiser des fièvres, le sang!
Ne raccrochez pas! J'ai tant à dire, vous dire ;
A narrer à la solitude ! Pour ne plus maudire
L'étrange paralipse, l'idiome oppressant.

Laissez-vous convaincre de mes motifs !
En serais-je plus sage, plus amène ?
Sans farder de mes joies, l'aubaine,
J'accuse de l'attente butée, le fluide incisif.





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 14 juillet 2020

NON AEDIFICANDI*


NON AEDIFICANDI*
Inconstructible


Ne construirai sur mes rêves bizarres,
D’autres chimères ; prendrai le temps
De jouir du reg onirique, au hasard
D’images dévoilées agrémentant

Frustrations et plaintives humeurs
Indomptées des peines ; mon angoisse
Ne foulera jamais l’imposante demeure
Des craintes qui nous poissent.

Ne pousse sur les artères roides
Des déconvenues, les idées inhérentes
Au scientisme, ni, des religions froides,
Le mensonge bercé de l'ignorante...


J'érige pinacle sur les jachères,
Ces terrains boueux ; le monde s’est figé
En l’insolence muette de la chair,
Dont l’esprit gave de mots affligés,

L’illettré confiné en ses raisonnements,
Amputant du savoir, l’érudition…
Navrant, cet éblouissement
Aveuglant le benêt sevré d’instruction.


Se peut-il en ces fuites, que l'homme
Veuille idéaliser, des moindres repères
De l’idoine, l’étrange métronome,
S'il balance, sans qu’il ait à s’en faire ?





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 13 juillet 2020

CURRICULIS VAGABUNDUS*

CURRICULIS VAGABUNDUS*
Vagabond

En de denses contrées, âme nue,
Le voilà cheminant quelquefois
Où la chaleur écale du beffroi,
Le campanile fermement retenu.

Il voyage entre les plis froissés de saisons
Sans mirages, de cycles galvaudés…
Ses rêves de géant souvent érodés,
Donnent à sa soif possible inclinaison.

Il ignore son âge, la couleur de son sang ;
De pesants soliloques entaillent son sourire,
Ébrèchent de ses joies_cela, sans férir,
La douceur et l’espoir du matin renaissant.

La misère donne ton à sa mélancolie,
Sublimant du spleen, la maussaderie ;
Quand il se croit poète, de la musarderie,
Percent des impostures proches de la folie
Dont l'étrange refuse d'accorder répit 
Dont l’aura ankylose la fatale pépie…
Pauvre hère claustré en sa badauderie !


Je partage ses fièvres, ses ires ;
Suis en ses secrets, orateur quiet, 
Accordant, à l’ombre du putiet,
Possible retenue… dois-je du flou médire

De la gent arrogante, butée, l’orgueil ?
Suis-je de la clabauderie, emphatique
Silène, rhéteur par trop chimérique
Aux portes de l’infamie ? Ferai-je deuil

De ces humeurs labiles… comme lui,
Ce vagabond outré du cérémonial
Dont se drape la mufle moniale,
Grimé de rites… de cautèle… enduits ?

Si nous frôlons de l’aile, sans peine,
Les prémices de la béatitude, l’amour
Pour nous convaincre… il convainc toujours_
A démaillé du cœur les irascibles chaînes.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 12 juillet 2020

IN TEMPORE*


IN TEMPORE*
Au rythme des saisons



Il est des jours de pluie, matins givrés ;
L’hiver empanache de son manteau,
Les plaines au pied des coteaux,
Les sentes aux marcottes cuivrées.

Il est des nuits d'orage ; soufflent les vents
Grimés de suie ; la lune s'y vient poser,
Auréolant des monts, en la belle rosée,
Des perles éclosent en se mouvant

Au sépale ; la foliole y délinéait hier,
Au printemps, le pistil lié à l'ovule
Où l’abeille perçait du pédoncule,
Le réceptacle dont les sucs amers

Enfiellaient le pollen à dissoudre
D’exhalaison, d’émotives caresses
De l'étrange ballast, sa rudesse
Dont les flots percent pour les émoudre,


Les crachins de lointaines contrées,
Sulfureuses broues d'atolls sénescents…
D’autres fragrances, en l'air phosphorescent,
Enivraient un peu plus, de l'adret,

La collerette, ce majestueux nimbe,
Diadème qu'enrouent les blizzards
Sous étuve… caloricité de bizarres
Plombées chues au soir, des limbes

Endeuillés : solstices de miroitement ;
L'automne-émissaire accuse résistance,
Embrumé de contraintes, complaisance
De mortes nues, mucus de larmoiement.



Aux saisons, s'éteignent du froid,
Les vapeurs de décembre algide…
S’étire l’avenue en des points apsides :
Écorce violentée du cosmos en décroît…

De la baie écaillée, sans paumelles,
Je bois du clair matin, l'infusion
De vivaldiennes rondes grimées d'illusions,
Le regard ébaubi, radiant mes prunelles.  






Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 11 juillet 2020

ET HINC IUSTI MEI*


ET HINC IUSTI MEI*
Je viens me vider


Ouvrez-moi, que j’aie dès l’aube,
Jouissance de vos saturnales ;
M'en viderai sur le pan de vos robes,
Sybarites d’immondes bacchanales !

Vous enfiévrez les gaupes du macadam,
Fascinées par le stupre, l’argent :
Gorgones faisant rougir la dame
En son foyer, défaite d’entregents.

Auxiliaire de la gent débauchée,
Usurpez des règles, fondements premiers ;
J’exècre du pédantisme dont vous mouchez,
L’obscur silène, savoir coutumier.

Dois-je aux agapes prendre part,
M'enfler de vos viles ripailles,
Enjamber l’arc de vos remparts,
Pour expulser mon flux d’entrailles

Sur vos cothurnes, céans, m’alléger
Des mélasses d’insatiables noceurs,
Ces minestrones par trop figés,
Apaisant bretteur, impayable farceur ?



Pour marcher à l'orée des prés,
Je survole du songe l’aura inviolée
D'hommes chassant  à courre ; de près,
J’entends hurler la meute dévoilée.

Que n'aurais-je donné pour du reclus,
Piéger de luttes assassines ce monde,
Cet abîme où d'ombrageux reclus
Détricotent du temps la folie immonde !





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020