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vendredi 10 juillet 2020

VESTIGIA PECCATUM*


VESTIGIA  PECCATUM*
Vestiges du péché


S’entassent au coin de nos ruelles,
Restes rancis de la plèbe d’hier,
D’arsouilles ramassés à la pelle
En un jour sublimé de nos cimetières.

Ectoplasmes, spectres, barbares,
Ont de la morale excisé préceptes,
Tué père, mère, jouant les flambards,
Toujours grisés d’allégations ineptes.

Ont des cités, éventré murailles,
Lézardé parois, crochets de liaison,
Enterré sous décombres, entrailles
D’innocentes victimes... sans raison.

Mains sanglantes, franchi la barrière ;
Y paissent encor les ovins assouvis…
Damnés d’enfer, sans frontières ;
S’agitent, quand la rage sévit.


Chaque jour_ c’est vrai ! _ marchons
Sur les cendres de congénères, d’animaux
Dont l’homme brise vaillance… cherchons
La trace d'ancêtres ne pouvant dire mot,

Quand la maréchaussée accuse à tort…
Au pal des tortures, au pinacle d’orgueil,
Les soldats, s'ils se croient forts,
Sans du mal, du vice, faire deuil.

Voyez passer les fantômes de nuit
Quand l’âme s’écrie : vengeance !
Sera-ce au matin, en l’aurore enfuie,
La Divine Colère de L’Agneau qu’on offense ?



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020 

jeudi 9 juillet 2020

NOTORIO TESTIMONIO*


NOTORIO TESTIMONIO*
Évidences notoires


Sombrent, les souvenirs de nous,

Ces embrocations lubrifiant les us ;

Face à elles, nous plions genoux,

Face au relent tenace du tylenchus.


S'écaillent les clichés d’amours ;

Jadis, nous les supputions nôtres,

Au clair des lunes sans ajour,

Turquoise… j’en ai trouvé d’autres


Semblables aux terres où traîne

Le fier esclave asservit à l’onde,

Calmant de ses rugueuses chaînes,

La cruauté, ce mal-être que sonde


L'âme apprêtée de douteuses prières

Ânonnées d’iconoclastes chaisières 

Qui arguent en chapelle de pierre,

De fastidieuses coulpes de rosières


Évidées de supin, larmoyant de regrets

En madone de chaux, mains levées

Vers un ciel plombé: espace de grès

Semblable aux voûtes incurvées…



S’y noient à l’infini, râles placides,

Conciliabules, ridicules promesses

Fardées d’envies, dont chaque ride

Attise l’inéluctable vieillesse.


Cet amour prend d’autres raccourcis,

Étiole des joies l’impulsive béance 

De fougueuses étreintes, étrécies

Peu à peu de la luxuriance.



Semions parfois, au vent léger d’avril,

Chimères et sourires étanches,

Plaintives caresses... ces leurres subtils

Coulent encor la nuit, en avalanche


Sur la chair d’insatiables amants

Dont les reins arc-boutent la structure,

Durcissent des longs doigts-aimant,

Le désir sis là, sous la cambrure ;


 Flottent au soir, au gré des galbes nus

Chavirés du socle de tentation,

Remords, regrets savamment retenus,

Figés au seuil de la consomption ;


Lors, du regard ensilé, déviant,

S'éveille de la peau assouvie,

Le souffle court du hardi pluvian, 

Écalé de l'angoisse, sa pénible survie.  


S’il reste céans, des heures à diluer,

Te viendrai délier du passé réfractaire

Auquel la mémoire toujours engluée

Travestit d'artefact, sombres clichés d’hier.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 8 juillet 2020

REMEMORARE*


REMEMORARE*
Remembrance

De subterfuges, en stratagèmes, la mémoire,
Passive anamnèse, refoule les actes
Du vulgum pecus, puis confère aux pactes
La force rétentrice qu’affine l’illusoire.

Clichés de convenance, flous existentiels
S'emploient à modeler des soupirs latents,
Râle d'exigence, vécus en d'autres temps ;
S'y cognent les rushs d’événementiel.

Je connais les lois de l’arrogant héliaste,
L’ukase d'offertoire du fier casuiste
Lardé d'outrecuidance du légaliste,
Pisse-copy rivé aux lourdes frasques

D’un chœur loué du despote insolent,
Inepte ô combien, tel l’inexploité
Se sustentant de restes éventés
Sur la nappe ridée d’un ballant

Aux  serves piégées de contraintes,
Odalisques serties de vains remords…
Il ignore, ce benêt,  du fruit qu'il mord,
La vraie sapidité quand des plaintes

S'écalent les fièvres du geignement
D'amantes nues étoffées de désirs,
Mégères aux séditieux plaisirs
Enfantés en l’antre du tourment :

Remembrance tailladée de poncifs ; l'âme
Complice d'antiquailles sépia clabaude ;
Au for de l'ego, du crépuscule, à l'aube,
Du convectif, s’éveille l'aura ; s'y pâme

L'infatué, ce hotu, ce plastronneur
Gangrené d'artifices… on le voit, perché
Ex-cathedra, face aux scholiastes cachés
Sous la rotonde du savoir-prôneur.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 7 juillet 2020

MULIER*


MULIER*
La femme


La femme est une île en un sombre matin ;
Le poète, l'aquafortiste piégé du chevalet
En éparpillent en de sournois ballets,
Les criardes pochades du regard éteint.

C'est une œuvre emplie de lassitude,
Désenchantements, vexatoires ivresses ;
Un jardin ouvert aux moites caresses
De l’amant solitaire écrasé d’hébétude.

C’est un ru au vallon de l'espoir ;
Le soldat s'en voudrait conforter 
Quand meurent les vents déliés de l’été,
Les lunes figées au col de l'égrappoir

De lascifs lovelaces : prétentieux lords,
Tristes nobles de nuits d'automne ;
Vacillent leurs flammes monotones,
Ce feu sans passion... indolore, incolore.


La femme est musique : cantate,
Notes éthérées au cœur du clavecin…
Empourprée, elle dévoile du sein,
L’aréole cuivrée, sa courbe délicate.

Elle offre en de fantasques rondes,
La chair épurée de prétendue vierge
Au plantoir du désir… ostensible cierge
Magnifiant sa gorge pudibonde.

C'est une rivière qui coule en amont,
Inaccessible fleuve à l'estuaire opilé,
Une matrice… s'y viennent empiler
Ovulaires miasmes, phlegmons.


La femme qui s'encloue de rumeurs
Est au boudoir d'énamourées vaincues
D'empiriques épistémologies, vécues,
L'utopique mésaise du charmeur,

Jobastre à l'accent prononcé…
Il la voit sereine, voire, rassérénée,
Soumise devant l'âtre cernée
De flammèches, de plumets nuancés.

Où sont les femmes de naguère,
Les dryades de mes contes d'enfant ?
Leur ventre, que le plaisir pourfend,
Emmarbre leurs cuisses en guerre,

Entenaillent les berges du pubis,
L'hymen éclos, balayé de la langue,
Ses interstices, l'ensellure exsangue,  
Sa torsion… puis, quand elles vagissent,

Les coulées, les suaves geignements
Ces pépiements de couvées alouvies
Encernés de pluies ; elles dévient
De la nue _ vaporeux firmament…

Femme, conduis mes rêves passifs !
Descelle de moi, l’inquiétude,
L’infamie, la hideur, la turpitude !
Clarifie de mon double, les râles poussifs !






Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020