pinterest

mercredi 8 juillet 2020

REMEMORARE*


REMEMORARE*
Remembrance

De subterfuges, en stratagèmes, la mémoire,
Passive anamnèse, refoule les actes
Du vulgum pecus, puis confère aux pactes
La force rétentrice qu’affine l’illusoire.

Clichés de convenance, flous existentiels
S'emploient à modeler des soupirs latents,
Râle d'exigence, vécus en d'autres temps ;
S'y cognent les rushs d’événementiel.

Je connais les lois de l’arrogant héliaste,
L’ukase d'offertoire du fier casuiste
Lardé d'outrecuidance du légaliste,
Pisse-copy rivé aux lourdes frasques

D’un chœur loué du despote insolent,
Inepte ô combien, tel l’inexploité
Se sustentant de restes éventés
Sur la nappe ridée d’un ballant

Aux  serves piégées de contraintes,
Odalisques serties de vains remords…
Il ignore, ce benêt,  du fruit qu'il mord,
La vraie sapidité quand des plaintes

S'écalent les fièvres du geignement
D'amantes nues étoffées de désirs,
Mégères aux séditieux plaisirs
Enfantés en l’antre du tourment :

Remembrance tailladée de poncifs ; l'âme
Complice d'antiquailles sépia clabaude ;
Au for de l'ego, du crépuscule, à l'aube,
Du convectif, s’éveille l'aura ; s'y pâme

L'infatué, ce hotu, ce plastronneur
Gangrené d'artifices… on le voit, perché
Ex-cathedra, face aux scholiastes cachés
Sous la rotonde du savoir-prôneur.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 7 juillet 2020

MULIER*


MULIER*
La femme


La femme est une île en un sombre matin ;
Le poète, l'aquafortiste piégé du chevalet
En éparpillent en de sournois ballets,
Les criardes pochades du regard éteint.

C'est une œuvre emplie de lassitude,
Désenchantements, vexatoires ivresses ;
Un jardin ouvert aux moites caresses
De l’amant solitaire écrasé d’hébétude.

C’est un ru au vallon de l'espoir ;
Le soldat s'en voudrait conforter 
Quand meurent les vents déliés de l’été,
Les lunes figées au col de l'égrappoir

De lascifs lovelaces : prétentieux lords,
Tristes nobles de nuits d'automne ;
Vacillent leurs flammes monotones,
Ce feu sans passion... indolore, incolore.


La femme est musique : cantate,
Notes éthérées au cœur du clavecin…
Empourprée, elle dévoile du sein,
L’aréole cuivrée, sa courbe délicate.

Elle offre en de fantasques rondes,
La chair épurée de prétendue vierge
Au plantoir du désir… ostensible cierge
Magnifiant sa gorge pudibonde.

C'est une rivière qui coule en amont,
Inaccessible fleuve à l'estuaire opilé,
Une matrice… s'y viennent empiler
Ovulaires miasmes, phlegmons.


La femme qui s'encloue de rumeurs
Est au boudoir d'énamourées vaincues
D'empiriques épistémologies, vécues,
L'utopique mésaise du charmeur,

Jobastre à l'accent prononcé…
Il la voit sereine, voire, rassérénée,
Soumise devant l'âtre cernée
De flammèches, de plumets nuancés.

Où sont les femmes de naguère,
Les dryades de mes contes d'enfant ?
Leur ventre, que le plaisir pourfend,
Emmarbre leurs cuisses en guerre,

Entenaillent les berges du pubis,
L'hymen éclos, balayé de la langue,
Ses interstices, l'ensellure exsangue,  
Sa torsion… puis, quand elles vagissent,

Les coulées, les suaves geignements
Ces pépiements de couvées alouvies
Encernés de pluies ; elles dévient
De la nue _ vaporeux firmament…

Femme, conduis mes rêves passifs !
Descelle de moi, l’inquiétude,
L’infamie, la hideur, la turpitude !
Clarifie de mon double, les râles poussifs !






Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 6 juillet 2020

AD FONTES*


AD FONTES*
Aux sources


Puisqu'il faut naître de souvenirs
Éparpillés en l'œuvre contadine,
Je ramène du seuil des siècles à bannir,
L'histoire, la science, de la curie latine.

On verra s'esbaudir sans mal la vestale
Épanouie d'un harem, odalisque, houri,
Couchées au pied d'un sultan en escale
Aux enivrantes sources dont le désir nourrit

En ces manœuvres, le noyau cupulaire
Empli d'influx du souffle d'excitation ;
Lors, s'entrouvrent du crépusculaire,
Les bourgeons mués en l'éclosion

De morale aux outranciers préceptes :
Magistère tronqué de la Rome papale,
De prétentieux nonces aux lois ineptes
Bridés de pontifes aux substances létales.


Puisqu'il faut de Venise retenir les édits,
S’ajuster à son obédience, faut bien sûr,
Surseoir aux rites de ces affadis :
Homélies de moines sous tonsure.

On y voit poindre, enjuguées d'inconfort,
Lunes en canitie, étoupes bariolées
De fibres, d'astres placés en contrefort,
La nuit, fières, dressées en mausolées…

Aux sources de mon vocable d'artiste,
Repu de boutades, lacéré de blessures
Ai su du conclusif, en fier antipodiste,
Vaincre le temps qui ne jamais rassure.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 5 juillet 2020

VICARIA


VICARIA



Voyez Venise pleurant ses barcarolles,

Byzance régnant avec maestria !

Accepteriez-vous très chère, le premier rôle

Aux noces de Fortuny, en son Vicaria ?  



Les plus belles couleurs, fauve, tons pastel

S’entrelacent follement comme si Goya_

Dont Théophile Gautier, en immortel

Accentue la fresque sur laquelle s’appuya



L’Aristarque de l’inquisition : Clément sept

Dont Guillermo Barnal n’accorda d’éloges_

Voile de la patte d'artiste : esperluette

Entrecroisée aux plissures de toges !


De l’Autodafé, émane peu de mystère ;

Le peintre en soulève l’ambivalence ;

La voit-on poindre des loges sectaires,

D'ordaliques édits floutés de décadence ?


Verriez-vous, de l'œuvre appréciée

De Ferdinand d’Espagne, canevas, esquisse ?

En êtes-vous à même, et sans l’émacier,

D'en encarter l’ouvrage, poser en ex-libris,


Ce trésor, afin d'y retrouver la page

Où somnolent de riches prosodies ?

Devrais-je prendre en otage

Votre cœur-aquarelle ? Il conspue l'interdit


Quand l'eau forte agresse du métal,

Le mordançasse imprégné d'infusions ;

Il solennise encor l’éclat ornemental

Du pigment en jets d’implosion...




Dois-je vous galber la hanche, sublimer

L’évanescent profil sous noir fusain,

L'impassible contour ? Je veux en affiner

L'échancrure, en damasser le lusin,


Puis, des nuances, mordorer la pâleur

De vos joues d’infante devenue femme

Au balcon d'imprécises douleurs

Rythmées de vos vingt ans, l’infâme


Solitude encloîtrant l'insoumise

Assujettie aux caprices de l'altération ;

Apaiser du breuvage sous emprise,

L'hymen en quête de satisfaction.


Suis-je aquafortiste de votre silhouette,

Le peintre usurpant à la nue, l’ouate

Modelée de Zéphyr, troublée des girouettes,

L’irascible souffle, en l’atmosphère moite.






Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019