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samedi 4 juillet 2020

UTINAM LACRIMAE*


UTINAM LACRIMAE*
Fautives larmes


Les larmes aspirent convenance ;
De mes regrets, rythment la tolérance,
Sans en farder l'influx de circonstances
Auxquels adhèrent les souvenirs intenses.

Elles noient le cristallin vitreux
Percé de spasmes malencontreux ;
S'étirent sans mal des désastres nitreux,
Du mal-être, ses rites malencontreux.

Les larmes accusent de l'inhibition,
En d'agouants besoins, la prétérition,
En desservent l’être riche de prétention,
Modèlent du chagrin, l'insolvable attrition.


Les miennes ont pris de l'altitude ;
De mes troubles, percé l'incertitude ;
En de sécables nuits de latitudes
Y refoulant la digne mansuétude.

J'ai traîné où grimacent les chiennes
De comptoir en quête de bourses pleines ;
Leur corps en feu, est un brasier de plaine
En l'aube moite, aux lueurs incertaines ;

Ai vu ces callipyges, fières, se dresser
Enfiévrées d’insultes, souvent agressées
D’amants lâches, muscles oppressés,
Coagulés sous le germe engraissé.
*
De ces larmes, ces perles illusoires
De grimauds lestés de vaine gloire
Pleurs encellulés de flots ostentatoires,
Désormais nulle trace… sera-ce rédhibitoire ?  





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

vendredi 3 juillet 2020

ET OMNIA SUBSIDIUM*


ET OMNIA SUBSIDIUM*
Je fais réserve de tout


Du capricieux rêve, à l'envie d’aimer,
Se dissolvent les joies aiguisées de l’amour,
S’éparpillent les rires du cœur-tambour
Au for de cet ego piètrement sublimé.

Étiez, pour me plaire, organdi et dentelles ;
Moi, haillons, guenilles de lazzarone
Sous les ponts de Paris, quand la Seine bedonne
Au fil de sa mue accorée aux poutrelles.


Vos mains, vos lèvres porphyrées,
Flattent la grâce des reines déçues
De n’avoir de l’amant, jamais reçu
Sans équivoque, et pour s’en inspirer,

Plaisant graphème, quelque attention:
Audace épistolière du moindre accord,
Sans l'impudence fossilisant du corps
Meurtri de haine, abjectes prétentions…  

Je fais réserve d’illusions profanées,
Mesquines angoisses, impéritie…
Mes pensées fardent de l’imprécis,
Le bancal trépied d'un portrait buriné.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 2 juillet 2020

AESTATE FLEBITIS*


AESTATE FLEBITIS*
Estivale complainte


Au majestueux envol de l’oiseau des cimes,
Se dissipent les brumes encerclant
Des stratus, l’épaisse nébuleuse giclant
De l’exosphère, et qu’au matin, éliment
Les vents dont les plaines se griment
Avant d’en déporter cet harmattan cinglant.

Quand roulent sur les flots la bise sodée,
Les premières ventées, le souffle alizéen,
Se meurent ici les brouillards péléens,
S’ouvre le caraco des criques érodées.

Les filles alanguies s’enivrent de parfums,
De fragrances chargées d’iode bleu,
D’aromates entretissés d’embruns
Percés du souffle de coteaux sableux.


Perchés au filao de la belle mangrove,
S’élaguent les murmures de la canopée,
Conciliabule de mânes chaloupées,
Éveillées de secrètes alcôves.

Les Tropiques affinent de l’île claire,
Le long galbe, en distordent ses rives,
Pour y border d'algues abrasives,
Le poudreux ressac au tétant de l’éclair.

De loin en loin, sur la berge poudrée,
Quand le corps s’adonne à l’ivresse:
Maritimes flux emperlées d'allégresse,
S’ébroue la faune aux spires cendrées,

Enclouées aux moites lunaisons,
Halitueuse bruine de concert,
De vagues troublées du corsaire
Ébloui du spectacle de saisons

Méconnues du forban en peine
Au creux de houles empuanties,
Sur l’océan trop souvent desserti
De l’aquatique baille des sirènes.


Quand s’en viennent gésir aux frimas
Déconstruits de l'hiver, les crossettes,
Ces noueuses marcottes de croisette  
Se fardent de miasmes ivoirins, climat

Riches de parhélie, d’étincelants éclats
Sis au bord du Phoebus, peut-être
Sur la rade de matins à renaître
De cet avatar:  imperceptibles glas…

Repus de distorsion, d’altération,
D'ultimes mirages nautiques
Violacés aviliront de l’amylique,
Le velouteux tanin d’immodération…

Face à cette pochade d’impertinence,
Me laisserai couler dessous la lame,
Noyer sous le pont rivé au macadam
D’une vieille cité bavée de l’existence.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 1 juillet 2020

UT A MUNDO*


UT A MUNDO*
S’éloigner du monde


Partir pour devenir soldat aguerri
Refusant du démiurge, la théogonie ;
Partir loin, sans du mal faire déni,
Ni refuser la peine de l’endeuillé marri.

Pérégrin sur les routes bouclées,
Étrécies hors la lande herbifère ;
Soigner des blessures la sève pituitaire,
Obturer de l’ouvrage l’édifice bâclé….

Quitter son sol natal, renier sa patrie,
Mordre au fruit du savoir sans modération,
Quand l’escient manifeste l'érudition ;
Fuir sans craintes aucunes, la fratrie.



Remiser du temps, l’hétéroclite trame :
Surprenant canevas encordé au mensonge
Où s’enquille, lorsque les regrets rongent,
L'idéologue en quête d’une flamme.

Partir loin des décombres mués ;
Le présomptif s’en empanache
Tel le héraut, l’herméneute lâche
Figeant de la harangue… sous huées,

Drastiques semonces, ordalique censure,
Admonition de concises chartes…
Dois-je à l’heure où d’autres partent,
M’inquiéter, figé sous ébrasure

De fief gothique qui de La Renaissance,
Aux pointes de transition, irradie
Le Flamand Jan van Eick, incendie
Hans Memling sous le glas de l’offense ?


Partirai seul...des vents contraires,
Vaincrai l’irascible soufflée… boirai enfin
Sans driver de la carne au bridon trop fin,
Le filin ; la haridelle ne s’en peut défaire.

S’éventent les rires du céladon,
Les pleurs de l’infante violée ;
Mes rimes en viennent dévoiler
Le silence effleuré, ce pardon…

Avec grâce, sans atermoiement,
J'élude du piège, la clenche,
Pour du bâti de l’âme qui s’épanche,
Conglutiner l’espoir desserti de l'amant.


  
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 30 juin 2020

DE OMBRATIO*


DE OMBRATIO*
Débauchés de l’ombre

De la boue de vos noces de sang,
Aux orgiaques dionysies, aviez
Attablé les plus vils, puis, encavé
Les bacchantes au langage blessant.

Le monde agonise, piégé, tel l'animal
Qui lape en la soue des dissolutions ;
Vous êtes, je le crains, en l'ablution,
Adeptes d’une loge où s'affaire le mal ;

L'orge de complaisance offre festin
Aux sybarites, sustente de galimafrée,
De répulsives lies ; elles effraient
Vestales et déesses d'offices palatins.  

Du sous-bois, en l’étrécissement
De la lande feuillue, flânent au soir,
Croquemitaines à l'habile fossoir
Dont vos livresques soifs, hardiment,

Amplifient la légende, pour taire
Du réel dévoilé des bassesses,
La débauche qu'exaltent vos abbesses,
Druidesses refoulées de l’Ether.  


Tumulte, bombance de laudes,
Entrelacent vos rondes soufflées
De vents, hors l’enfer marouflé,
Du pandémonium où rode

L'absente du Royaume, l'ivraie...
Dont parlent Les Saints Prophètes
Dont Christ, Sauveur sans défaite,
Confirme encor L'Oracle, Le Vrai .

Aux pavés de l’anonyme mort,
Vos pas talent les Elus du Ciel ;
Voit-on poindre de l’artificiel,
Le mimétisme que perce la claymore

Au nimbe des purgatives frasques,
Sacramentaire de panthéisme ?
Le manichéen féru de syncrétisme
Lui accorde quittance, en tarasque.


Du sang-martyr d'anathématisées,
Aux suées d'ilotes, s’écoule
La même sève ; elle suinte, roule
De la face, pour en mieux attiser,

Céans, L’Ardente Fulguration...
Enclose de sagesse, la lèvre du Croyant,
Confesse à Dieu, se déliant,
Recognition : son Amour du Roi de Sion.





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 29 juin 2020

EX DECORUM NONCES*


EX DECORUM NONCES*
Décorum de nonces

N’ai point la mémoire fourchue
Du sectateur enflé de médisance,
Cet adepte de vaines obédiences,
Ce plaintif d’un royaume déchu.

Ne suis pas affidé, en ces peines,
Béguin de tierce zone, sacristain banni
Dont le séculier malgré lui abonni
Pirouettes de confesse, et sans haine,

Lors que la coulpe tue le remords,
Les rites sacramentels, décorum
De messes glorifiées d’hommes
Ivres de spiritisme, stupides matamores.


J'avance prudemment sur le chemin étroit,
L’œil sur la borne d’un futur acceptable ;
Ne peux plus ripailler à vos tables,
Moucher du silène, l’effarement pantois.

L’esquisse du verbe n’attache pas,
A l’effile l’étoupe, l’axiome vainqueur ;
Mes rimes n’ont de ces plaies au cœur,
Entraves aucunes… elles conquièrent mes pas

De musard, en agrémentent parfois,
La stylistique, adornant des principes,
Même s'il m’en coûte, chaque cippe
Du parcours d'un grincheux pisse-froid.


Mes cognitions enjambent toujours,
Sapience du fou lié d’anamorphose,
Béance du pitre qui du kakemono dose
L’écœurante pochade bée du petit jour.

Mes convectives suées échauffent encor,
Quand se dissolvent mes rêves,
Et l’angoisse, et la peur de ces trêves
Parachevant les cernes de mon corps
Sanglé au fourreau d’un décor
De sépia, sur mes insomnies brèves.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 28 juin 2020

MOLLIS FIGURA*

MOLLIS FIGURA*
Molle silhouette


Je fais des rêves creux_ songes
Étirés dans le vide des nuits,
De riches et replets mensonges,
En l’antre d'un abyssal puits.

Femme, en fougueux sigisbée,
Aimerais en l'aube, défroisser
Des nymphes, l’échancrure de baie ;
Face aux fous vous ayant offensée.

Vous souvient-il des jeux interdits
Dynamisés en des rondes superbes,
D'entrelacs dont l’émotion roidit
Sans équivoque, les doléances terbes ?

La turgescence en accentuait,
De l'étreinte bée, la vraie tonicité ;
Nos mots complices insufflaient
Aux blandices, ferveur, émotivité :

Désuètes soufflées, fades cuvées…
Femme, serai à votre dernier râle,
Sur vos seins dont l’aréole couvée
Apaise le soldat que la fatigue tale.

Le doux profil de mes narcoses,
Vous ressemble… trait pour trait ;
Il y dévoile, en d'altières pauses,
D'insipides lubies sans attraits,

Vieux clichés mort-nés, avortés,
Pourris sous grumes d’aquarelle,
Sur la toile mitée où sombre l’été
De ce passé moisi en craterelle.




 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020