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dimanche 3 mai 2020

AVARUS SOLITUDO*


AVARUS SOLITUDO*
Solitude goulue

J'éteins le couloir, ferme la fenêtre,
Entrebâille la porte du cellier ;
Du miroir, s'y semble délier
L’empreinte du passé à renaître.

Aux moites murs, s'entrelacent
Les ombres de l’hiver en jaspure:
Hiémales traces de moisissures,
Lézardes qui ici-bas, trépassent.

De ma thébaïde, lourds secrets,
Absconses énigmes d'enfance,
En éteignent les teintes irisées,
Empalées au doute gelant la foi.

J'épie, sans retenues aucunes,
Les méandres dont j'absolve la lie ;
Au mésaise indompté de l'oubli
Refoulé des miasmes d'écumes

Du ressac butant aux obstacles
Déviés d’antéversions, d'âpreté ;
Mes jours fardent des cruautés,
Le pennage, le cylindre spiracle.


Sur ma couche de solitude,
Topiques remembrances, 
Lardé d'attritions, d'offense
J'effeuille les béatitudes.

Écrasé de douleurs, de peines,
Ai du spleen, et sans peur,
Componction liée aux heures,
Tué les secondes pérennes,

Buvant l’hiératique culpa,
Ce tanin de coupe vermeille,
Rubis tanisé à nul autre pareil ;
Ma lèvre en retient l’appât,

Ce creuset enflé, fongiforme,
Balèvre de cavités aux béantes
Rhagades de déferlante...
Faut-t-il que je m'endorme,

Gavé de quiétisme, en nourrisson
Assouvi aux pointes de l’aurore,
Quand la rosée empourpre d'or,
Mue et flaccides frissons…  





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 2 mai 2020

PARCERE IRAM TUAM*


PARCERE IRAM TUAM*
Épargnez-moi vos foudres !


Des rêves, à la soif de croire;
De vos pas, à ma frêle marche,
Nulle mesure… des patriarches,
Suivrai la voie, ragaillardi d'espoir.

S'épuisent, quand le mal dépèce,
Fantaisie, atticisme d'auteur ;
En archaïque scalde, fauteur,
J'imagine l'avenir de l'espèce.

Des volets clos, les vents d'hier
Fuient des nuits, la nichée,
La couvée pépiant, sans toucher
La queue de comètes pantières.


Pour me dédire du vocable:
Phonie d'intonation amène ;
Ai pris seul, défait de chaînes,
L'astre des joies inénarrables,

Souffle court, estourbi, en pleurs ;
En l'opacité du regard cuivré
Dorment des soleils enivrés
De rires, et qu'enclosent les peurs.

Serais-je le chien de faïence,
Du damier des réflexions,
Calotin de génuflexions,
Cagot grimé de repentances !


Suis-je des resucées, mentor
De pygmalions, chattes poudrées ?
On dit que l'euphémisme cendré
D'obséquieux, s'impatronise à tort,

Domptant de la métaphysique,
La théorie quantique du pisse-froid
Feutré de nébuleuse, parfois,
Sans panache, ni degrés cycliques.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

vendredi 1 mai 2020

ET ITA VIVERE…*


ET ITA VIVERE…*
Et si du mal de vivre…


Achète-t-on la vie, d'un livre,
L'existence, du charme trompeur ?
Déracine-ton du destin, la peur,
Du mal, rage, désir d'en survivre ?

Donne-t-on de fortune pleine,
Prébendes, louable viatique ?
S'en émeut-on, si de l'initiatique,
Les notes faussent les peines ?

Où sont les femmes épanouies,
Dont le sein agréait prévenances,
Aménité, douces complaisances,
Puis, à l'amant, perceptible ouïe ?


De possibles dérives, parfois,
Violent les règles attentatoires,
Dérogeant volontiers, d'offertoires,
Quinteux rituel d’adeptes sans foi.

Dussions-nous cacarder de l'être,
Le triptyque, ce fastueux retable
D’iconoclastie ! Rien d'acceptable,
Si ce n'est la soif du paraître !!!

Voyez du serf, entorse princière,
Gordienne calle ! De la palinodie,
Oppresseurs sacrilèges, érudits
Impudents à l’audace faîtière

De pamphlétaires de cour,
Théâtreux, miteux en loques,
Paradant, ivres de colloques,
Brisés, las de vains discours !


Du mal être, sans croyance,
Faisons bombance, ripailles,
Pour festoyer, s'emplir entrailles,
Quand l’âme, clivée à l'indigence,

Du verbe aimer, en herméneute,
Donne au Hérault du casus-belli,
Ton… aux primes embellies,
Au plus fort de la meute !

Je comprends… ou peut-être pas,
Ces orgueilleuses joutes
Estocadées de doutes,
Perplexité… sans accoter leurs pas.


  
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

mercredi 29 avril 2020

TAEDIUM VITAE*


TAEDIUM VITAE*
Mélancolie

Il est d’autre soleil, de lune,
Que l'astre flétri de voûte ;
Autre berge, autres route,
Reliant le cordon des lagunes.

Je vois se profiler des tempêtes,
De majestueux austers domptant
Des molles vagues, longtemps,
Frisures, résidus en miettes.

N'est d’autres jardins, de vallons,
Où paissent les daines alanguies ;
N'y traîne plus l'audacieux targui,
Ni l’esclave asservit à l'altier colon !

Du balcon ou s’éventent parfois,
Et la joie, et les peines, le cœur
Amplifie sans mal, du moqueur,
Tonitruance attisée d’effroi,

Sinistres accords de fissions
Semblables au culte des fous
Lardés d’antilogie, que bafoue
Le sage sevré d’ambitions.


Naît de l'allégorie, l'entité
Dont l’errance enquinaude souvent
L’idéologue hué du survivant
Ayant bu la tasse, sans douter

De la main l’attirant sur berge,
Rempart tutélaire qui, de la rive,
Au sable, adroitement, active
Du vil, aciculaire flamberge.


Ne vois en ces tronçons mités,
Vigueur aucune… dois-je arguer
Du flou, sans me plus targuer,
Que la fin justifie_ sans douter,

Les moyens ? Que n’aurais-je céans,
Sans m’y perdre, hélas !
A me lester de cette carapace,
Suis-je illusionné, en essayant

D’éteindre des réminiscences,
L’insupportable spleen, taedium vitae
Dont se vêt au soir, l'athée
Peloté d’inconfort, sans prestance.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 28 avril 2020

SUPERIORE*…


SUPERIORE*…
Plus haut…


Éloigné du cosmos des hommes,
Des raccourcis, je longe sentier ;
Je m’envole, me donnant entier,
Dévoilant l’utopie de Rome,

J’écoute des prophètes, L’Oracle,
Les Célestes Promesses, L’écho
Ignoré de sombres cléricaux
Conduisant l'âme en la débâcle.

N’est point d’océans perdus,
Qu'on puisse malgré l’étendue,
Traverser aux tempêtes…

D'abnégation, naissent des fêtes,
Les cœurs emplis d’amour, l’esprit
Damnant du gnostique, le mépris.





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020