pinterest

vendredi 17 avril 2020

ET NUMERUS IN MANE*


ET NUMERUS IN MANE*
Au rythme des matins


Rien de plus beau au ciel azur,
De plus doux, aux solsticiales,
Que les clapotis d'onde: murmures,
Premières mues équinoxiales.

En l'aube diaphane, les vents
Pénétrés de moiteur, les senteurs
De l'avril, figent le biotope vivant:
Fonge, taxon, étarqués en tuteur.

Aux cycles, nous grisent, roses,
Colchiques de flore encellulée
De muscs, faune subvertie, enclose
De solennité, au dôme de mausolées,

Quand l'éveil, d'un violent bleu,
Caresse l'esquisse saisonnière,
En échaude la mante fripière,
La nue arrose les terrains argileux.




S'enrouent blizzards et tempêtes,
Sur l’onde reposée, et que ceignent
Les ombres d'un espace en fête :
Cosmos dont les veinules saignent

Sur le sol pollué de monarques
Boursouflés, engrossés de pancrace,
Acculés aux dogmes de la Parque ;
Le poète y sublime l'infidèle Candace.

Ai, du jour cuivré de rais éthérés,
Fluctuant avatar ; j'en déguste parfois,
Le liquoreux nanan, à l'orée
D'un sous-bois évidé de grands froids.


Je musarde, avec pour partenaire,
Un fifre dont la pointe perce
Du flux ahanant, le chahut délétère ;
Dont l’avanie, aux ides, me berce.  

Des cimes, un bouquetin toise
De ma dégaine, la nonchalance…
Cuprifère, sa silhouette matoise,
Madrée, fluctue, si elle s'élance,

De furtifs sursauts de prestance
Conférant touches aux gémonies,
Sous grâce de bovidés, élégance
D'artiodactyles rétifs aux bannis.  

Ici, sous l’astre sénescent,
Sombre stratosphère, les planètes,
Ces comètes au col turgescent,
Perséides, n'en font qu'à leur tête ;

J'imagine en ces affres, mon île,
Ma maison sous la vague blessée,
Aux larmes désodées, indociles,
Sous ramure d'un atoll nuancé

De carnation : pépites éclatées,
Pittoresques teintes d'éclisses
Marbrant les boucles indomptées
D'estuaires aux râles subreptices.


J'ai neuf ans en ces lieux où l'accent
Dessine le sabir d'adolescence
Manœuvrée de l’émoi oppressant,
De femmes lénifiant de l'enfance,

Pitreries de vierges figées
Séduites de béjaunes en manque...
Constance ou songes ennuagés,
En deçà de factices calanques.

Que de matins perdus, endeuillés
Au revers d'un temps sans idéal,
Désenchantés, délacés de l'œillet,
Sans évidence, dételés de leur pal !

Il se faut rendre à l’évidence :
L’homme insère en nos joies,
Componction, souffrances,
Ascétiques coulpes qui rougeoient

En l'âtre de porphyre, d’étincelles
Sans braises, ni caloricité...
Le lyrisme cloue aux bretelles,
De l'espoir fondu, la causticité ;

En émane le slang… mes rimes
S’en détachent… faut en convenir :
Sommes, historiens de maximes,  
De capiteux pamphlets à honnir
Quand les mots forts intiment.





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 16 avril 2020

PODESTATS SINE TESTANS PLUMA COMMENTUM


PODESTATS SINE TESTANS PLUMA COMMENTUM
Podestats sans panache

_Réquisitoire_

Vous êtes, à nulle autre évidence,
Ceux dont on se fie, sans mal…
Vos atomes servent la loi suboptimale ;
On vous a fait archonte d'apparence,

Dressant de faux réquisitoires, hélas !
Dilatoires pompes, cavillations,
Arguties flouées de prétention,
Gorgeant la plèbe, d’emphase.

Je vous regarde flatter des mots,
Sans en rougir, le langage trompeur,
Farder du texte, l'idiome dopeur,
Ce brocard en clenche de fermaux.

A votre art désuet, s'accrochent
Rogatons du slang à découvert…
D'aucuns prétendent, insincères,
Qu’il trouble en son approche.

Il faut du temps, sans finasseries,
Délier du style, éphémère gloriole…
L'aplomb prouvera le beau rôle,
Pour encor convertir la musarderie.


Suis-je, en ces molles casaques,
Ces hoquetons de paysan blessé
L’orgueilleux empuanti, trépassé
D'un columbarium, d’un cloaque ?!

Que nenni ! J'installe seul, au faîte
Des révoltes, armistice, violant
Des promulgations, l'hyperbole voilant
De l'intrigue, la trame contrefaite.

Suis-je asservi aux règles mutantes,
Greffier pour tristes repentis ?
Dois-je comme eux, nier avoir menti
Sans mal aux volages bacchantes ?

N’ai, loin s'en faut, l'impudence du fat,
Maltôtier poussant large bedaine…
Suis de ceux qui exècrent fredaines,
Au dénouement boudé du califat.

Mandez-moi au consortium des lâches !
Nierai du Moralia de Plutarque,
Le stoïcisme ! Saurai bander l'arc,
Atteindre la cible où se cache

En silène, le poussif rigaudon
D'une cour blessée; je n'ai rien, rien,
Du prétentieux niant l’abélien,
Ventripotent dénervé du pardon,

J’accède, sans longer l’abord
Des nuits cendrées de songes,
Les pires aléas, les mensonges
Étrécis à vue d'œil, virés à bâbord

De galiotes émargées d'outre-lieu ;
Je solennise de mes pleurs, l'émoi,
Le tourment ; que ne serais-je moi,
En cet obscurantisme ! Oublieux

Du cœur réfractaire ; s'y égoutte
En haillons, mon double buté,
Sous lambeaux de l’ego bluté :
Impénétrable mue de déroute.

Ne peut m'asservir, l'être de bon aloi !
La femme sur quille, au baldaquin,
Posera ensellure… en habit d'arlequin,
Viendrai à son tertre pubien ; l'exploit

Adoucira ma mine… sans goutter
A l'aréole de son sein qui éclate,
Quand, repue, balèvre ruinée, plate,
Viendrai boira son nectar velouté...

Est-ce ainsi que l'homme, ce Judas,
Voulait jadis, lier ma superbe
Au pal de l'hédonisme ? Acerbe,
Il piétina l’enfance, en rida

La somnolence, le coma douteux.
Non, ne me point tairai ! Parlerai,
Sans restreinte ; sans crainte, oserai
Du palimpseste, nouer le loqueteux,

Réfractaire aux jougs protocolaires ;
Ferai l'amour, grisé de foucades,
Ivre de vexantes toquades 
D'une peau à la mienne pareille; l'air

De ma plume, est un souffle léger,
Brise marine, air alizéen… un éther ;
C'est ma chair déliée de mystères ;
Les excès ne l'en peuvent alléger.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 14 avril 2020

O FACTUM EST INDICA MIHI

O FACTUM EST INDICA MIHI
O dîtes-le moi !

Pourriez-vous des sentes, béer passage,
Niveler de l'escarpe, le sombre talus ?
Voit-on de l'allée, l’ombre vermoulue ;
D’où fusent des bruines de nuage ?

N'ai en ces heurts d'idéologue,
Que ripopées de questeurs bornés,
Accessoires de rimailleurs mort-nés
De livresques couplets d'apologue.

Viendrai m'asseoir en décembre gelé,
Quand l’arbre boira du sol piétiné,
La tellurique lie, la sève malmenée
De congères, sa blanchâtre coulée.


Délacé des saisons enfuies,
Bouderai des amours, en l'hiver,
Les béantes plaies, leur revers
Maculant le col de mes nuits.

Les fleurs faneront sous le froid,
Privées de sépale, foliole, calice…
Se refermeront, quand y glisse,
La rosée décembrale, sous beffroi.

Dîtes-moi si l'automne à venir,
Boudera du temps, l'ultime ventée !
Y verrais-je encor, au bel été,
Ailes déployées, l'oiseau bleu retenir

Des cycles, la mesure ? Puis-je rire,
Me gausser des vaines passions ?
Là, la voûte, sans ostentation,
Pleure-t-elle, sans crainte d'en rougir ?


Que j'oie des troubles, le courroux,
S'aurai m'en prémunir ! La mort dessine
D'un habile fusain, l’humeur assassine
Dont Vivaldi, au clavecin, enroue

La bonhomie, pour, seul, en délier,
A l’aube, hanche d'inharmonie
Aux lourdes récessions de phonie
Parachevant l'inexact palier.

Dîtes-moi si les roses de l'exil,
Encloîtrent de fragrances, les mots,
De mon verbe, ses désirs optimaux
De séducteur en escale sur l’île !



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 13 avril 2020

PAENITENTIAM REVERTI*


PAENITENTIAM REVERTI*
Repentance

Allez de villes en villes, noyez-vous
Dans l’alcool, la fumée, le vice ;
Cachés nus sous les canisses
De votre justice qui désavoue
Du Tout-Puissant, Les Prémices !

Le monde se dilue en l’espace
Flétri, ridé, sans rédemption,
Quand l’Élu, des compromissions,
Fuit la nauséeuse, l'infecte trace ;

Mécréants que vous êtes ! _
Pontes ensoutané de haine,
Jouez en hypocrites, gorge pleine,
L’unique partition de fêtes,

Gémissant en chiennes bluffées,
Moinesses de puantes messes,
Grenouilles, larves de confesse
En ces bois où surgissent les fées.

La foi, de La Bible, par bonheur,
Garde Les Divins Préceptes, L’Oracle
Qui, du Roi Béni, confère aux Miracles,
Réelle Vision, annihilant l’erreur.

Mon cœur a pour mémoire, Le Calvaire ;
L’Agneau y déversa à La Croix, La Vie,
Quand Le Sang inonda du Parvis,
La Nef… tous les dévots larvaires,

En reptation, virent trop tard, Dieu:
L'Oeuvre Sacrificatoire, sans péché,
Humilié, blessé, raillé.... caché
En Jésus, suspendu là, au pieu, 

Par les Romains, Christ, otage
D’encycliques: étrange duperie
De faux purgatoire, immonde rouerie
D’archevêché plombé de gages, 

D’iconoclastie, scolastique d’ascèse,
De zélateur engraissé de bombance,
Afin de mieux surseoir_ je pense,
Au Jugement dernier… n’en déplaise

Au catholicisme, aux adeptes
Riches de piperie, mystification…
Je plains ces serviles qui, de Sion,
S'éloignent, liés de rites ineptes.  

Ai, de la repentance, aux sorgues,
Emprunté chemin, confiant en Celui
Qui m’offre l'autre Eden, oui ! Lui,
Le Prophète relevé de la morgue,

Pour donner aux Elus pardonnés,
Le Royaume des Saints, Les Cieux
Pénétrés de Victoire, de Gloire… Dieu,
Mon Bien-aimé m’y viendra ramener.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020