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mercredi 8 avril 2020

SI TOTUM CERTAMEN*


SI TOTUM CERTAMEN*
                               Si tout n'était que lutte



Tel l'oiseau naviguant en l'azur,

Ailes déployées, je nage en l'aurore,

Albatros, troublé de l'athanor,

Voilant mon œil sous l'ébrasure.


Le feu mine des réserves d'hiver,

Épis ensilés, grappes de panicule ;

Gonfalon, pennon sur édicule,

J'en dévoile sentes et chemins verts,


Sans les armes choyées du kaiser,

L'arsenal de l'altier monarque ;

Il rassure le serf prêt à bander l'arc,

En quémande, au brûlant désert.


Parler d'amour, voix, cœur, déchirés,

Sans absolu, martyrisé, l'âme mitée,

Dénerve du mutisme, la taciturnité,

Calme de la chair, les replis ulcérés.


Tout n'est que pancrace, émulation,

Flux telluriques, puanteur, crasse

Sans bornes au creuset des traces, 

Pour l'ilote captif, sevré d'ambitions.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020




mardi 7 avril 2020

SPEM MEAM*


SPEM MEAM*
Mon attente


Et filent les astres enluminant
L’espace creux d’infidèles à bannir ;
Avancent en un feu permanent,
Les étoiles de mon devenir.

S’harmonisent joies et peines,
En un bouquet de parhélies
Sans vésanies, peur, ni haine
Distordant le sujet dévié d’aphélie.

J’attends au matin, les présages
De messianiques prônes de l’esprit:
Indiscrète tarole sans adages...
Ma foi sert Le Rédempteur qu’il prie.

Je longe seul, le jour, le péristyle
De cour, ce tertre du possible,
Enjugué, sans panache, ni style,
Aux Célestes Écrits conspués d'irascibles.




L'existence, ce bouillonnant  fleuve
Vient bercer d'hymnes de glossolalie
Le zélateur soumis à l’épreuve
Des rites de la Rome encyclique,

D'icônes du magistère papal,
D'ecclésiaux de riches cathédrales
De pédérastes hissés à leur pal:
Conformistes aux portes du Graal.

S’anime en moi l'éclat du silence ;
Elle vainc des sorites, l’emphase ;
Là, point  de notre enfance,
Le babil des premières phrases ;

Le temps, avant que de me lier,
En écale les fades souvenirs,
Flous engerbés à mon palier:
Bribes d’un passé spolié d'avenir.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 5 avril 2020

SEMPER EODEM MODO SE NUGATIO*


SEMPER EODEM MODO SE NUGATIO*
Invariables déviances

Il fait en vos fiefs de plénipotentiaires,
Chaud ou froid… c'est selon ;
Calfeutrés en l'assise de fastueux salons,
Vous jouez les cabotins sectaires.

Il fait nuit en vos rêves flétris, songes
Arrimés à l'éveil de justes bafoués,
Molestés, dont l'étal renfloué
De prébende, érige pal au mensonge.

Vos lois de sultan sans harem,
Font d'inflexibles voltes: intransigeants
Codicilles,tatillonnes règles dont la gent
Assouvie accuse quitus de catégorème.

L'impétrant vous sert de récipiendaire
Immolé au bûcher du trésor ; les sequins
Mal acquis, de votre réticule, faquin,
Vous gardent des rais du lampadaire ;

Vos secrets d'alcôves lestent de complots
De véreux négociateurs, ces douteux
Banquistes de tiers-état, coûteux,
Dispendieux perchistes hors-flot.

Courbettes, obséquieux entrechats,
Altèrent du narquois, l'élégance,
Si tant est que vous, maltôtier sans ganse,
En ayez ! Baron de la finance, vieux pacha

En qui le mécénat espère, à tort,
Puisque pétrit de doutes insolvables…
Que n'aurais-je voulu du négociable,
Revêtir exigible fait… De ces mentors,

Fameux pygmalions, la sagesse n'est plus,
Des mortes lunes, qu'artefact de nuit,
Brumeuse plasticité en gorge de puits,
Circonspection: vain mirement de plus.


Qui, des fétides plaies, calmera à force,
Ces lapilli de pérégrination,
Traverses jonchées d'inaction,
Encarts aux lézardes d'écorce ?

L'altruisme de mentorat d'ascèse,
Brise tabou du riche, sans mal ;
La fluctuante boursière s'emballe
Souvent, électrise_ n'en déplaise,

Les bedonnants cambistes de l'or…
JE HAIS LES RICHES !!!
Je me veux authentique ! J'affiche
Du talent la beauté, sans fard, ni corps

Inhérents à l'aspect, moins encor,
Du baume ornant des rides premières,
Les crevasses niées de rombières,
Craquelures bercées de désaccords.

Que ferez, vous millionnaires sans cour,
Vous, puissants sevrés de charisme ?
Oui, que ferez-vous, quand du tropisme
Du simple, jaillira tel violent discourt,

Le jugement: _  Vous piétinez ma réserve,
De l'avoir, le nécessaire, dépouillez
Ma remise ; vous laissez se rouiller
De l'ossature, support… sans verve
                                          *
D'un langage aux cernes d'idiolecte,
Vous confie, au seuil de ma misère:_
Rien de plus précieux, que la sphère
Où s'esbaudit l'âme déliée d'intellect !
La richesse est un heaume de haine,

D'égoïsme... c'est un jardin fané ;
Ses fleurs n'ont de bruines, que larmes
De saisons évidées, sans armes...
Les cycles semblent profanés

La misère du pauvre est un livre
Dont les pages diluent de l'importance,
L'imaginaire… il va de la vacance,
A l'intrinsèque, en l'idoine, poursuivre

La rhétorique de doxologie… enclosent,
De rêveries, parfume du petit jour
Les matins engainés, sans ajour,
Pénètre le silence buté des portes closes.


Si je nais en héros en la matrice terne
D'un vain accouplement, meurs, déçu
Du réceptacle de l'ivresse pansue…
Ma foi, claymore du devenir, encerne
D'indulgences, l'ambition cossue.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 4 avril 2020

CANTABILE*


CANTABILE*
En chantant


Son souffle bocca chuisa égrenait
De ses lèvres, d’offensives plissures...
Mon printemps lui servait de parure
En ce riche décor où le rêve renaît.

Du piano, les notes s’évaporaient,
Se perdaient en l’espace du tempo guisto...
J’en caressais en un con affetto,
La mesure cuivrée du rythme coloré.



Des moites touches, ses doigts dessinaient
Des notes, istesso tempo, un mouvement
Comme pris en tenailles, en l’agrément
D’un style à nul autre pareil ; il fascinait

La phonie de la gourme d’amant
Vidé de son art, quelque peu écorché
Du fortissimo, dal segno effarouché
À  l’idée de subir da capo, larmoiements.


Aimerais peindre du piangendo, 
Au son du basso continuo, la césure,
D'un moindre mal, la riche tessiture
De mots désemparés, sous l’accelerando.


Du malincolico, s’évaporaient les heures,
Les minutes de l’aria invaincue !
En ses flous, le pianissimo quanto vécu
Fait de la musica mezza voce, un leurre ;

S'y agrippe, smorzando, l’éconduit...
Prisonnier du vigoroso, ce doute palpable,
Balayé du tremento soufflé, indomptable
Sur ma peau métissée,  de désespoir, enduit.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 2 avril 2020

RHONCUS MORBOS*


RHONCUS MORBOS*
Éventail de maux


Les roses consolent du veuvage,

L'amante chue, écaillée en pastel,

Dont les pigments voyagent

En deçà de la coque patelle


De plages, désertiques contrées

Infléchies des volutes  d’azur ;

Les wakamés de cuves éventrées 

S'y purgent d’iodiques coulures.



Les orchidées enjolivent l’allée

De cryptes chaulées d'émois

Sises au faîte des mausolées ;

Le fébrile endeuillé  y larmoie… 


Est-ce présomptueux, Hortense,

D’engerber de caprices fanés,

Ridés, ces vaines allégeances

Ces mues de pontes aliénés ?


Aimerais en alester fardeau,

Ce mal sclérosant  vos humeurs,

Ce purulent ichor de bardots

Ravagés de sanieuses tumeurs.
                                       
                                 ***

Affidé de  liesses éventées,

Que n’étiez-vous des cuvées,

Odalisque de sérail, indomptée,

Grisée de nard, incurvée ! 


Par deux fois, ai pris le chemin

De la houri blessée, sans savoir,

D'aveux creux, sans lendemain,

M'éloigner prestement, me mouvoir.




Je fuis des riches damoiselles,

Par trop cosmétiquées, l'exigence

D'antan; s'enflamme la pucelle

Au seuil de l’indécence...


Dois-je m'enfiévrer d'adultère

Sous le pont de vos cuisses,

M'attarder… pour vous plaire,

Si les regrets surgissent ?


Dois-je de la démesure, longer,

Lascif, le tortueux chenal,

Quand la virilité vient piéger

Le puissant muscle d'arsenal ?



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 28 mars 2020

COMESATIONIBUS EORUM PARASITI*


COMESATIONIBUS EORUM PARASITI*
Parasites gloutons

Dansez, dansez, sirènes de zicrones,
En la chair dont vous vous sustentez !
Est-ce là, goûteuse synovie ? Il m’étonne
D’ouïr gémir de l’hiver, aux étés,
Suçant le sang, en farouches tétées,
Le nanan de luttes asynchrones.

Vous nagez nus aux plis de l’aine ;
Y suintent d'abondants flots cernés
D'âpres fièvres ! J’en perçois à peine,
L'itératif écho, sous le derme tanné.

Quand la couche vomit ses incartades
Ampute de l'amant, exigeante morale,
Les languissants s’éveillent de la rade
D’estuaires vidés de sel, dont les râles


Se mêlent aux mues d’îles paradisiaques ;
Y fondent, les vents lestés de cristaux
De la cuve sodée, dont l’abaque
Effrite les coraux pollués des bateaux.

Vous festoyez, parasites d’un soir !
Après ponte, éventez de nos cernes,
Les palpébrales, ces réticules noirs:
Poudreux reflets du regard en berne.


Vivez d’impudeur, de ripailles choisies,
Agrémentant vos jours, de restes
De moisissure, de denrées cramoisies
Dont le fiel détourne le tanin du zeste.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020