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mardi 11 février 2020

MUSICA SPACIUM MIHI*


MUSICA SPACIUM MIHI*
Mon espace est musique

Bercez-moi de musiques, d'arpèges, d'harmonies;
Qu'à ma porte, les sonates tintinnabulent !
Je veux des symphonies libres, sans préambule,
Pour de la rythmique, amplifier la quadriphonie.

Chopin, en ses notes, me berce de nocturnes,
Sur un piano Erard ; de son Pleyel, les touches
S'animent et transcendent en l'aube farouche,
La cadence de la polonaise, au récital diurne.  

Mahler, de Julius Epstein, apprivoise du rêve,
La fêlure, donnant à l'opéra de Prague, heureux,
La perspective au cycle de lieder, amoureux
Du calibre de la huitième, l'union sans trêve.

Laissez-entrer Beethoven, sa missa solemis,
Opus en ré majeur, sa cantate funèbre, l'opferlied,
Dont le soprano en un oratorio, valide
La beauté ! Ecoutez de son Adélaïde, l'émisse !


Quand Mozart donne vie à sa flûte enchantée,
Vivaldi dessoude des quatre saisons, la mue,
Debussy calme de son clair de lune, seul, ému,
Les notoires impacts vrillés au ciel d'été.

Toccata et fugue en ré mineur… quel bonheur
Johann Sébastian Bach, clavier bien tempéré,
De vous voir modeler et sans les maniérer,
Les pointes du Magnificat, rendre les honneurs

Au concerto en la mineur pour orgue, Motets,
Au sublime adagio, puis, tel Albinoni, dresser
Loin de nos dissemblances, des nuances tressées
Dont la tonalité éveille l'inégalable beauté.

Offrez-moi musiques, sonores partitions !
Faîtes chantez mon île ! Qu'il pleuve à verse
De chaudes mélodies, qu'au méridien, percent
Orphéons et trompettes en ces carnations !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020




dimanche 9 février 2020

MARITIMAE INTOXICATIONES*


MARITIMAE INTOXICATIONES*
Maritimes ivresses

En des terres lointaines, au cri de l'oisillon,
Les océans égrènent de la lame iodée,
L'inconstance des flots, de remous désodés,
Privés du sel marin, de fastueux tourbillons.

Monte des chaudes îles, en un lointain chahut,
Une étrange cacarde fusant des palmeraies ;
Les sirènes y voilent, et pour s'en emparer,
La dense tonitruance écachée de cohue.

En un mirage né du dédaigneux tumulte,
S'ouvrent du miroitement de la digue océane,
Quand poudroie le Phébus, le rire des gitanes,
L'aigre voix de tziganes, élevée en un culte

A l'éveil de marées émergées du sopor
Des confluentes vagues jouxtées d'autres rives,
Celles que les amants foulent de la dérive
D'étreintes enhardies, sans support.


De loin, s'ébrouent les baleines accortes,
Jubartes dont les bosses soulèvent
Des frisures de l'onde, l'étrange grève
De laquelle s'isolent les sargasses mortes.

Fortune de cristaux, richesse de rorqual,
Soutenues du labre en sa fraie, de tanches,
De crayeuses pointes de coraux étanches ;
Entre elles, festoient d'insatiables squales.

Les briffauds au ventre des fonds bleus
S'en repaissent, alourdis de plancton,
De fretin enlacé aux rochers, d'avortons
Poussés des courants, du pavillon sableux.


Le monde est à ce point, de cossus privilèges,
Inondé de plombée, d'aquatiques ventées ;
L'atoll conquis de la faune, se laisse tenter,
Jouant l'émissaire, l'herméneute qu'assiège

La masse ; elle renfloue de la magnificence,
La féerique extase dont le silence entaille,
De goulues révérences, l'harmonieuse baille
Aux seyantes marbrures de nitescence.


Que ne suis-je en l'ivresse de cette poésie,
Trouvère de bohème tierce, ménestrel
Grisé de florales effluves ignorées du pétrel
En bombance, sans montre d'agueusie !

De mes rires éteints, aux atones désirs,
Les mouettes se délient, heureuses
De confondre de la nue, l'ouateuse
Percée, la débâcle, pour lentement gésir

Sur la berge ; les crachins y conspuent
Des poussives gangues, pulsatiles échos
Aux rais désaccordés, frimas dont l'écot
Satisfait d'une taxe, le biotope repu.

Emmurés d'ascensionnelles luttes,
Voyagent étés et printemps de Gauguin ;
Si pour le temporel, la vieillesse est un gain,
L'onde, de l'esthète, attise la culbute.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

vendredi 7 février 2020

IBIMUS VIAM VESTRAM*


IBIMUS VIAM VESTRAM*
Passez votre chemin

Passez votre chemin, l'hiver est à ma porte,
Se peut-il qu'il enroue ma mémoire bancale !
Ne faîtes, je vous prie, d'inutiles escales
Au seuil de mes matins, si l’auster les emporte !

Ne se point retourner à l'aube des jours gris,
Nous aidera peut-être; ai peine à me convaincre
En ces cycles, que la rage de vaincre,
Naît de l'effronterie d'evzones rabougris,

Ces piquiers chahutés du tringlot,
Du palikare lesté de courbatures,
Longeant des quais de Seine, la bordure,
Au soir où les catins s'attifent de sanglots.

D'ultimes ventées, laissez-vous rafraîchir !
Serait de bon ton, en ces nuits impropices,
De faire, derrière les canisses,
Montre d'abnégation, sans même y réfléchir,

Donner aux peines, le temps de s'ajuster
Aux miennes contraintes; s'éteignent lentement,
Les soleils écarlates du lointain firmament
Aux macules hiémales figées du ciel d'été.

Avancez sur la route ! Y fleurissent des claies,
De radieux tubules écornés de la bruine,
En l'azur tiède, au ventre nu de ruines,
Et qu'enclosent les vents aux effluves bouclés.

Disjointes, les averses du devenir, perlent
Sur la peau claire de mon double contrit ;
Le cuir blême, trop hâve, de mon profil flétri ;
S'y roidissent aux crachins en déferle,

Les charpentes de la désespérance,
En trots de haridelles, posture de carnes ;
Elles voudraient encor, quand s'incarne
Les râles reflués, rompus de la constance,

S'asservir aux  finauds haruspices,
Aux cristallomanciens, ces diseurs
Présomptueux, flatteurs tartarins aléseurs
Aux coussinets toujours propices

A la gent crédule, ou à la camériste
En quête d'attelles pour maintenir son bât…
Passez votre chemin, fuyez les attractifs ébats
De piètres lovelaces nichés en l'hédonisme !


Ne pouvons rien y faire_ le temps est éphémère,
Précaires les besoins de la lionne en cage ;
S'empilent les miettes dont se partagent
Criarde anamnèse, peut-être, apraxie: amères

Déconvenues du marin en partance, seul,
Nautonier d'un lointain Miquelon
Battu d'ouragans et typhons, tout au long
De veilles émiettées, pelotées en éteule.  

Oubliez des pleurs, l'abondante saucée !
Rien de plus terne, en ces deuils de cour,
Que la condescendance… feutrer du discours,
Les louches accointances, et même en nuancer

L'inexacte vertu… me semble déplacé ; non,
Ne m'offrez ce leurre ! Ne se peut concevoir
Du flou cognitif, l'opportun affect ! Le Savoir
Est une arme trompeuse rehaussée du pennon

De fallacieuses joutes_ une pointe sertie
Du flou dont s'encanaille parfois l'habitué,
Sans de la belle envolée, moucher l'infatué
Si l'adage dessert le fat, le stupide abruti.

Passez votre chemin… irai seul à confesse ;
Passez-vite ! Il est temps de fuir la détresse !

   

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020





jeudi 6 février 2020

BOHEMICUM INTUITIVE*


BOHEMICUM INTUITIVE*
Intuitive bohème

Alice, ma bohème, laissez-moi emprunter
De vos yeux de jade, tout le bleu-océan !
Laissez-moi pénétrer de vos rires saillants,
Les furtives mimiques, sans les jamais dompter !

Ai, en des nuits de cendre, de sommeils buvards
Aspiré des pauses, le profond marasme ;
En d'ostensibles doutes, la rythmique du spasme
Éveille des bercées, les breloques  d'invars.


Alice, ma princesse, mon tendre parangon,
Venez donc de ma lie, vous griser sans remords,
Laper en mon écuelle, quand le désir nous mord,
Reste de confidences exfiltrées du jargon

De capricieux trouvères au bord de la déroute !
Il y a, douce arpette, au sommet de mon art,
Une lyre dont je perce au soir, et au hasard
De luttes, les émotives cordes… dissoutes,

Mes angoisses se meurent en des symphonies
Proches du requiem de vils séducteurs,
Ces silènes bouffis dont le verbe trompeur
Annihile du désir, le retenir de la monomanie,

Pulsatiles trilles de notes en l'agrément  
D'une flûte conquise: traversière soumise
Aux doigts agiles du fifre, en l'entremise
D'un suave libretto en l'antre du serment.


Voyez-fleurir les terres embaumées
De conciliabules, à l'ouïe du printemps !
Ecoutez-battre du cœur trop hésitant,
Les regrets de n'avoir su jadis, désarmer !

De mes pas pérégrins, ma preste démesure,
Ai des cols à franchir, des cimes à forcer,
Sublimé en l'espace, le charisme qu'assurent
Les monarques triomphant de la pythie, Circé,

Allégorique nymphe, corruptrice bougresse
D'homérique royaume au fantasme-blutoir
D'où suintent les pleurs du vieil égouttoir
D'helléniques grimoires consultés de drôlesses.


Ma bien aimée, belle cavalière, amazone
Sur le fier destrier que nourrit de son sein,
Mon amour en escale au tertre du bassin
Où se noient désormais mes métrages atones,

Revenez ! Livrez, au seuil de ma thébaïde,
La prestance éthérée, l'évanescent amble
De cette haquenée, heureuse_ ce me semble_
De longer le halage de mon cloître vide !



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020




ISABEAU


ISABEAU
(Isabelle de Bavière 1371-1435)

Thadée Visconti, épouse d’Etienne III
Te donna le jour, puis du péristyle étroit,
Epia des commères, les joutes délétères
Dont se vêt la suivante rigide et sectaire.

A l’âge de quatorze ans, Charles VI t’épousa ;
Le bien-aimé t’absout… mais tu l’étais déjà,
Toi dont la beauté, la jeunesse captive,
Modelaient à escient l’âme contemplative.

Mère de douze enfants, de Charles à Philippe,
La Bretagne, l’Anjou en raillant tes principes,
Te privèrent de l’appât dont les femmes caressent
Du profond exutoire, la cerne enchanteresse.


D’aucuns disent que Philippe serait illégitime ;
Se peut-il que l’ivresse_ peu à peu, envenime
De la gourme railleuse, l’étrange rémanence,
De l’hystérésis, le trouble de l’absence ?

Prétextes, argutie, de la coquecigrue, isolent
L’élégiaque sujet fardé sous camisole ;
Ces mimiques au for de l’inconscient,
Amputent du réel, l'idoine, hors subconscient.

***

La guerre de cent ans, le schisme d’occident
Ont rendu Charles fou… pour toi, il était temps
De donner à son trône conseil de Régence ;
Y siègent désormais les noblaillons de France.

Piètre politicienne, haïe des Armagnacs,
Rivale de Jean sans peur, traîne aux flaques,
Ton nom de courtisane, ton sublime éponyme ;
Sont-ce les hobereaux tièdes, pusillanimes

Ces Germains indécis quant aux lois,
Aux ordalies dont tu te fais archonte ? Vois
Du fiévreux reître, la flamme moqueuse !
Elle vacille encor en ses ides crayeuses…


Bientôt, Philippe le hardi te viendra renverser
Du pinacle où l’on hisse les cerbères censés
De l'âme trépassée aux incertaines lunes,
Garder la geôle grise et ses fosses communes.

Berry, en médiateur calma la vindicte, hélas !
Des scissions, au calme que matelasse
La langueur du mensonge, nulle trêve possible…
Isabeau, l'angoisse en ces humeurs cessibles

Condamne au bûcher tes rêves d’infortune ;
S’émiettent  tes joies ; tes craintes, une à une,
Enjuguent de l'atrabile, l’impudique aigreur ;
Se peut-il que ce bât trahisse ta maigreur ?

***


Où es-tu amoureuse griffée du froid satin
De ces drapés de reine ? Quel amoureux latin
Serait à même de boire à ta laiteuse source,
A laper en l’écuelle, s’il achève sa course ?

De Louis, duc d’Orléans, tu devins l’alléguée,
Laissant aux périssoires le soin de naviguer
Sur l’océan factice de ta gorge poudrée,
Franchissent des mots le magistral adret.

Ton fils adultérin écorcha ton aura…
Jean menaça Paris, ton duc l’assassina ; tu sauras
En ces jeux interdits, désormais t’asservir
Aux fertiles monarques dont tu veux t’assouvir.

***

1413… Les Cabochiens prirent Paris en tenaille,
Voulurent le pouvoir vaille que vaille…
Henri V profita du trouble de la France,
Remporta Azincourt… la Normandie en transe

Se soumit sans contrainte à son hégémonie…
Peut-on tuer l’avenir aux râles d’agonie ?
Face à cette intrusion, et au bras du Dauphin,
Ce bel enfant chéri au talent des plus fins,

Tu échouas… la réconciliation ne su en toi,
Trouver l’élégance agrée de riches francs-comtois.



1417… A Troyes, les Bourguignons reçurent
Le pouvoir de régner au milieu des injures…
Septembre, à Montereau, jean fut assassiné ;
La France devint bancale… Bourguignons, vous êtes nés

De ces unions barbares, cette vraie cruauté
Qui animent les peuples ivres de liberté !

***


Quand Philippe le bon alla venger son père,
Tes yeux donnèrent ton à cet échec amer …
La vengeance amoindrit parfois du raisonnable,
En de faux idiolectes, le langage appréciable

Dont la cour agrémente en la prosopopée,
De vexatoires fables utiles à l’épopée…

*

Alliée à Henri V par le traité de Troyes,
Le jeune duc de Bourgogne su se passer de toi…
Il épouse Catherine, fille de Charles VI,
La monarchie sombra au fond du précipice…

Même s’il conserva son titre de roi de France,
Il garda de l’ivresse du style, tangible méfiance.

1435, à l’hôtel Saint-Pol, la mort t’enveloppa
D’un suaire confortable… Aras, tendrement t’y drapa.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020 

mercredi 5 février 2020

REPELLENTS SIMULACRA*


REPELLENTS SIMULACRA*
Répulsifs simulacres

Si les jours figeaient de notre adolescence,
Rires fous, douleurs, pleurs circonstanciés ;
Si le deuil et la honte, sans nous déprécier,
Offraient en ce mésaise, décente récréance !

Si les larmes de notre solitude bavaient
Sur la misère d'agnelages trop tôt
Agréés de rustres, de hautains hottentots
Couronnés d'impostures, d'orgueil… encavés,

Notre mère patrie, reine bafouée, ferait
De la tourmente des cœurs isochores,
Fades résipiscences_ foulerait du corps,
L'imparfaite cambrure… à qui se confirait

Lesté de peccavi, le communiant, ce féal
Disciple de la croyance ? Où iraient naître
Indéfectible servant, prosélyte, sans du traître,
Fouler la malice, dont le faux idéal

Forcit, lesté de péculat, le laudateur quiet,
Asservi aux sépulcrales coutumes
De magistère regorgeant d'amertume,
Du fiel d'acrimonie ? A qui se doit-on fier ?

Si d'exploits passés, en un douteux ressac,
S'affaissaient des cimes de notoriété_
Cognitives splendeurs riches du bel été
Dont s'enquiert le pilier délesté de bissac,

Béante consécration ? Aurions-nous
De l'enfance, accepté dérives, impéritie ?
De la puérilité, purgé le béjaune concis
De fallacieux avis faisant plier genoux ?

Du temps qu'il m'en souvienne, je l'avoue,
N'ai traces gardé… éteintes, les ambitions
Ont frustré de mon double, sans prémonitions,
L'exacte démesure… est-ce en ces rendez-vous,

Ce mal sans issue, que les songes percutent
De la souvenance, l'immodeste inscience,
Autant l'exutoire du fleuron de sapience
Avec pour offensive, si la pensée chahute,

Visqueuses breloques d'autodérision:
Amiteuses entrailles de plastronneur,
Mégalomane aux faux airs de crâneur
Adulé du fat inepte quant aux décisions

Prises au seuil des libertés ? Dès potron-minet,
Le bluffeur bat sa coulpe en tartuffe
En des gestes tronqués, où du friable tuf,
La porosité confère aux orbes alunés,

Quelque éclat bizarre de stratosphère
Déliée de contrées jouxtées du tellure
Et qu'entoile le souffle encorné de Mercure
En altier caducée sur un sol aquifère.

Si je dois des mots attiser l'idiome des pairs,
Du style, retoucher la bancale achromie,
Aurai de la prudence, sans larvaire déni,
Irréfragable aveu du chantre en son repaire.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020