NE EA VIVET ?*
Laissez-les vivre !
Ils restent nos amours: père et mère
Rescapés d’une guerre sans armes ;
La souffrance et la mort embaumèrent
Jadis, le flot clair de leurs larmes.
Laissez-les simplement implorer du Ciel,
Les réelles Promesses du Sauveur
Éternel !
L’existence, ce leurre fade, artificiel
Est un salmigondis de haine, de fiel.
J’aime de leur regard, la beauté de
l’instant
Où poussent des yeux, de sublimes
fontaines
Coulant en abondance à l’aube d’un
printemps
Dont ils aspirent encor le flux
galactogène.
Dans un parc dénudé, un jardin
frissonnant,
Délacent l’écheveau de tristes
souvenirs,
La folie du cosmos évidé du nanan
De leurs jeunes années… qui s'en peut
prémunir ?
Mon cœur garde empreinte de leurs caresses,
Affection de mère-grand, estime de
grand-père ;
Où êtes-vous ? L’absence ici, m’oppresse…
Je vis loin des cités, éventré de repaires
Habile prosimien, je vaque de liane, en liane,
En quête de branches… j'émiette parfois,
Pour en faire brindilles, noduleux organes
De stolons gélifiés des grands
froids.
La vieillesse vient cogner à mon corps
orphelin,
A ma peau métissée de poète sans muse…
Trouverai-je en l’iris, le pigment opalin
De l’ultime compagne… sans finesse, ni
ruses ?
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020



















