pinterest

lundi 18 novembre 2019

TEMPUS VINCIT*

TEMPUS VINCIT*
Vaincre le temps 


A la tombée du jour, à l’ensevelissement
Des premières amours, des chemins contraires,
Gouttent des toits rouillés, en de doux chuintements,

Les eaux d’un ciel d’orage agressé d’éclairs
Sur la terre percée en son flanc clair,
De la pointe d’astres pavant le firmament.

Chaque heure est un grelot en ma tête,
Un cri déchiqueté de l'espoir aluné
Des nuits où, d’impossibles conquêtes
Annihilent mon double de rêveur mort-né.

Au seuil de songes qui en l'aube, grimacent,
S’effondrent mes désirs d’amant désabusé ;
Ma peau fait son possible pour donner à ma face,
Joviale apparence de garnement rusé.

Je fuis les sentencieux préceptes,
De la palinodie ; ces entrelacs d’auteur
Rebutent en moi, le penseur  inepte
Prêt  à farder d'entregents, le rhéteur.

Vaincre le consomptif… oui, vaincre l’eau,
Le feu, le vent sous feuillage d’automne ;
Vaincre de l’insomnie, le pondéreux fardeau
Bercé de plaintes monotones,

De tempêtes rompues en l’espace figé ;
Là, s’y viennent poser de radieuses perles_
Joyaux de lychnis sous l'azur encagé
De typhons ; aux solstices, ils déferlent,

Grisés du pollen d'aigrettes appréciables _
Goûteux nanan caressé de papilles
Aux capitons pincés de confortable
Cavité fongiforme;  les miasmes la titillent.


Garder au fond  de soi, des ides égrenées,
Le fardeau de l'angoisse de l’enfance brisée ;
Se souvenir de la chair malmenée,
D'évanescentes joies aux teintes irisées.

Voilà, du temps passé, les derniers clichés ;
L’album aux souvenirs éteints !
Me voici, temps vaincu, toi qui m’as tant cherché !
Je me couche à ta porte où s’éveille matin !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019



TRINUS ADMIRARI*



TRINUS ADMIRARI*
                                 Incroyable virée

Quand s’enfoncent mes doigts sous ta peau,

Écorchant de la chair, les farouches replis,

S’enflent alors tes seins ; ils implorent sursis, emplis

Des sucs galactophores des muscles en repos.


Minuit sonne à l’horloge de ton ventre,

En dépèce les heures hissées à ton nombril ;

Lentement, s'entrouvre au faîte du baril,

La glaireuse semence rivée à l’épicentre



De l’amativité... invisible lie de la mue

Transie de plaisirs... secrètes pulsions

De corps inassouvis qu'éveille l'inaction...

Langoureux frissons dont le tétant transmue


L’ivresse passagère afin d’y mieux griser

Au plus fort de l’ébat, la serve abandonnée

A l’exacerbation du mâle, condamnée

De mortes topiques...  en gouge méprisée.



De prolifiques pruines fardent de la chair,

Le col de la déconvenue… triste et pâle,

Ta face, dont la balèvre redessine l’ovale,

Absorbe quelque malsain transfert ;



J’y vois naître en ces floues d'escarmouches,

L'ithyphallique cellule d'impudence _

Cruelle désaffection d’amants en transe ;

Ils défroissent des plis chauds de la couche,



Les ombres en louvoiement, essartées à temps,

Du sol meuble, les miasmes coupables :

Bélinage d'hobereaux que peu à peu, ensablent

Les reflux d'hédonisme, ô combien tentants !




Las, je fais deuil de ces vices moqueurs...

Ma conscience confesse le vide catapulté

De l’esprit d'hommes, prêts à occulter

Le péché lesté du faix de la rancœur.    


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

ARGUMENTUM IMPUDICITIAE HABENDA HABITU*


ARGUMENTUM IMPUDICITIAE HABENDA HABITU*
Immodeste parure

L'automne a déployé sa fuligineuse mante,
Son sibyllin drapé, sous la voûte roidie…
Çà et là, épars, en des heures alarmantes,
Se meurent les soleils de ce temps affadi.

Les vents froids vitrifient l'atmosphère,
Tétanisent les flots, avant de s'évanouir
En novembre embruiné, chu de la stratosphère,
Au matin où la nue s'y semble  épanouir.


Plombé d'oppressantes tornades, de noroîts,
Le ciel s'est voilé aux heures les plus sombres,
Dérivant du nord d'Adirondacks, pousse au désarroi,
Au faîte d'Appalaches, le mont Marcy, où sombrent

Des notus, d'humides tempêtes dont les cris effarés
Éveillent sarabande de mouettes en partance,
Raniment le goéland au-dessus des marées,
De houleuses crevasses, de cuvettes immenses.

L'automne s'est dressé au milieu des prairies,
Agitant sa moiteur sans retenues aucunes…
Il s'est offert parure hors des sentes fleuries,
Piétinées de marcheurs en-deçà de nos dunes.


Ses yeux se sont emplis de larmes de faïence,
De diaphanes pleurs, de flots adamantins ;
Ne reste en ces affectations pour le moins intenses,
Que l'hétérogénie soufflée de nos frileux matins.

L'automne a posé sur ma page de garde, au soir,
Bouquet de feuilles mortes, immobiles bourgeons ;
Je les vois savourer du douzil du pressoir,
Les dernières gouttes enflant mon badigeon.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019




dimanche 17 novembre 2019

DA MIHI FABULA !


DA MIHI FABULA !
Rendez-moi mon histoire !

Donnez-moi les printemps, les fièvres d'antan,
Les nuits à effeuiller des rêves, la moiteur !
Donnez-moi les sourires absous des mots menteurs,
Rires dégorgés, liesses, le cœur battant !

Rendez-moi les étoiles de mes ciels de nuit,
Les premières ondées de l'automne naissant !
Vous ferai voir céans, de mes larmes de sang,
Le fluctuant débit, aux sources de l'ennui.

Ai porté mes sommeils, mes hibernations,
Au parvis d'agrypnies ; minuit s'y attardait,
S'étirait et sans mal, quand sur l'éveil, dardaient
Les froids rayons de l'inhibition…


D'exclusives prorogations emprisonnaient
De mon être blessé de nuisibles semonces,
L'impérieuse liberté… des pulsions absconses,
S'esbignaient les flux de mes songes mort-nés.

Rendez-moi les jeudis fardés d'aquatinte,
Les étés travestis de musiques dont bâille
Le polyptyque avant, de mes minces entrailles,
Purger l'indispensable, en mes soifs éteintes !



Donnez-moi ce beau lac dont Lamartine anime
Manifeste parure ! En pointes de trochures,
L'illusoire et le doute plissent de l'ébréchure
De la prime jeunesse, mon double pusillanime,

Moi qui ai tant donné, moi le débonnaire ;
Voilà que de l'audace, me suis désarrimé !...
De quel astre sonore, piètrement sublimé,
Me suis-je laissé séduire, moi, l'aède sublunaire ?


Aurais-je du vécu brocardé, en de profonds silences,
L'exacte prétention, doléances et plaintes
D'un lieu dézoné que l'oppression éreinte ?…
Que ne suis-je, en ce marasme intense,

Percé de colichemardes, moribond d'un duel
Sans public, d'escarmouches sans arbitre ;
Me faut-il pour vaincre, des rigaudons et pitres,
Nuancer des joutes, les boutades cruelles ?

Rendez-moi mon histoire, que j'aie de l'assurance !
Ferai du réquisitoire, connaître l'apophtegme,
Louant des maximes, en un étonnant flegme,
Les subtiles formules… à vous qui battez ignorance !



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019