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jeudi 14 novembre 2019

ACERBITAS ARTIFEX*



ACERBITAS ARTIFEX*
Acerbité d’artiste

Au sommet de mon art, dit l’artiste,
Là, s'y dilate la nue, je cueille
Des noires nuits, en-deçà des écueils,
D’improbables mirages hors-piste ;

Ils égaient en mes yeux, l’iris trop agressif
Pour teinter de mes pleurs, l’efficace coulure,
Noyer de l’atrabile, au for de sa blessure,
La sève d’amertume éveillée du passif.


De cette acerbité au fiel acrimonieux,
Se lient des mots engrossées de rumeurs ;
Tel l'onagre des parois où se meurent
Les vents, je franchis un pinacle sanieux.

Au col déclamatoire, scintillent ma barrette
De persifleur, mon camé de sultan
Trônant avec grâce_ ô vous m'en direz tant !
Au milieu de salves dont l'orgueil s’apprête

A clamper  la joie_ fût-elle passagère, l’extase
Grimée du rigaudon de cour au stellionat
Hypothéqué de l’âme, la transe de nirvana…
De la prosopopée bercée d’antonomases,

Mes pitreries musardent sans retenue,
Affectent de la palinodie, l’assurance floutée
D'un questeur perché ex-cathedra, envoûté
De riches ordalies si mal entretenues.



Je fais montre, il est vrai, de peu de réserves…
De la causticité, aux inciviles transes,
Mes libelles escrimes entoilent de constance,
Les mots emporte-pièces  dont se servent

L'académiste, le philologue buté bravant
De la sémiologie, l'ellipse d’un patois
Exsangue... la langue du lord matois,
Semble pour le rhéteur, un putrescible auvent

Aspiré du lettré en pleine démesure…
Cocasse, n’est-il pas ? Peut-être délétère !
Voilà du cloporte qui toujours s'affaire,
L'œuvre circonstanciée, la vraie littérature.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

UNDAM INTERPELLAVERIT*

UNDAM INTERPELLAVERIT*
Ondoiement

Flottent en mon cœur en un jour de douleurs,
Mots inadéquats et sentences livresques,
Jours fanés, pleurs, homélies grotesques
Semblables à la harangue d'horribles sermonneurs.

Débordent de mon mal, rivières de larmes,
Chutes torrentielles de fleuves inhibitifs
Enflant encor de mes sourires furtifs,
L'émotion drapée d'un mécanique charme.


Il gronde en mon sommeil, de nuisibles orages,
Diluvienne drache emperlée d'impudeur ;
Au soir, elle cacarde sur l'exsangue  candeur
De mon profil amorphe de disciple sans âge.

Sous la pulvérulence des chagrins d'enfant,
Le temps vient en ressac, cogner à des lubies
Confortées par l'aisance de joies ébaubies
Stimulées de rires dont l'âme se défend.


Sur les ruines d'un temps à peine consommé,
Chutent des pluies d'orage essartées de la nue,
Hyalines gangues d'un Ciel si méconnu,
Qu'il faille_ pour l'atteindre, la puissance d'aimer.

Entre les insomnies engainées aux fuites,
L'agrypnie du froid somnambulisme,
Dérive de mon double flagellé d'ascétisme,
Au bâti de servant dont la peau déconstruite

Aimante à escient, la revêche charpente…
Je me laisse couler, sans me jamais résoudre
A fuir les ultimes semonces de la foudre,
La colère des lois que le malheur enfante.


Je vois pâlir les feux de la prime jeunesse
Au halo de victoires en l'excuse du paraître ;
N'est d'autre découple, en l'armure de reître,
Que la lourde fronce de mes loques épaisses.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

mercredi 13 novembre 2019

DIAPHANUM EST SUBTRIBUTO*


DIAPHANUM EST SUBTRIBUTO*
Diaphane affluent


Coule, coule, rivière de l'enfance,
Toi, ma prime jeunesse, mon sublime bassin,
Doux ruisseau au canal abyssin,
Dont la gargue refoule les chutes d'abondance !

Apaise mes humeurs d'infidèle pèlerin,
Mes troubles de starets épuisé, sans espoir !
Je me vois dériver hors de l'agenouilloir
Du triste sycophante qu'absout le pérégrin.

Émissaire de mes tendres années, diaphane ravine,
Je viens m'abreuver en des soirs d'indigence,
Avant du long douzil, aspirer en confiance,
En ta claire coulure, cachée sous l'agneline,

Le flux de ta cuvette éventrée en l'aurore_
Translucide abondance de perles, de cailloux
Roulant sous le limon du généreux bayou
Et qu'inondent les bruines en de poussifs accords.



Farouche aquamanile,  en tes froides musiques,
S'évaporent les rêves de mes printemps figés,
Les songes dénudés de mes nuits affligées…
Dois-je abolir du temps, la nuisible rythmique,

Pincer de la viole, les sulfureux accords, pour en faire
Bouquet de remembrance, à l'heure où le badaud
Dépare du repos manifeste, l'encombrant  fardeau
Accusant du passé, en ses vicissitudes, cet enfer

Où s'agitent de trompeurs ectoplasmes_
Poussiéreux  spectres de telluriques mânes
Chues avant d'être poussières d'organes
Repus de l'ego manifeste enjôlé de spasmes ?


Rivière miroitant au soleil d'outre-lieu,
Lagune serpentant entre les grises loches,
Tu me fais, avant de m'étourdir, reproches
De n'être aux sillons de ta moire, les yeux

Qui te contemplent, te dévêtent des brumes
Passablement floutées d'équinoxes précaires,
De l'ouate des matins dont le plâtreux calcaire
Affadit des flots harmonieux, sans écumes,

La sauvage frisure, quand s'en vient gondoler
La ventée de novembre cloquée de clapotis
Aux tièdes égouttures, et qui, de l'appentis,
Clarifie le grossier muret… avant de l'isoler.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019




dimanche 10 novembre 2019

INEDIBLE LIGAT*



INEDIBLE LIGAT*
Inconsommable lie

Poseriez-vous jalons aux salutaires actes ?
Ouvririez-vous la boîte de pandore…vous,
Dont les crises s'apparentent aux pactes
De conventions ? Qui, céans, se dévoue

A votre vilenie de jouissif autocrate ? Qui,
En ces subterfuges, ces obliquités, défient
De vos ambages, en de denses maquis,
Les rustres aliénés dont les âmes font fi ?

De l'anfractuosité de vos égarements, aux fiefs
Érigés hors cette pénéplaine, ne poussent _
Je le crains _ que d'avariantes greffes
Isolées du confort que l'intellect repousse.



Les hommes vous encensent en de folles cuvées
Semblables aux agapes de Bacchus, l'orgiaque ;
Amputent de l'abordable, en deçà des travées
Piégeant l'amphithéâtre, le majestueux abaque.

On y voit_ en des soirs d'illusoires promesses,
De molles silhouettes assujetties aux rites
Du cérémonial ; y tonnent, bronzes de kermesse,
Clarines de faux bétail noyé sous la gunite

D'édifices dont la plèbe fautive inonde
D'hypocrites larmes, le majestueux parvis…
On aperçoit, en de brumeux matins, l'immonde
De margaille, la déviergée… ravies

D'être des dionysies, indispensables maillons,
Des fastueuses laudes, impérieux légats
S'y venant compromettre, attifés de haillons
Accrochés au raglan de curés-renégats.


Vous boirez à la lie, le vin de vos débauches,
Sifflerez du nectar des succubes, l'âcreté !
Puis, irez rejoindre l'exuvie de vos proches ;
L'enfer vous saluera… chatonné d'âpreté.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019