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jeudi 17 octobre 2019

RATIONABILE ARBOREM*


RATIONABILE ARBOREM
L’encoche du raisonnable

Nous avons bradé océans et déserts,
Bu de coupes pleines, la fielleuse lie ;
C’est vrai ! Avons, lorsque cela dessert,
Muselé la raison, au son de l’hallali.

Du braillard atumpan, à la flûte de pan,
Donnons aux musiques nimbées
D’impudence notoire, cela, à nos dépens,
De rageuses rythmiques... sans regimber.

En éjectant de nos modestes phrases,
L’opulence des mots contredits du verbe,
Sommes assujettis avec style et emphase,
Aux lexicales joutes, aux adages acerbes.

Les jours gris ont raison des fantasques nuits ;
Elles confèrent aux songes, équivoque noirceur,
Teintent d'angoisses alimentées d’ennuis,
Le cyma-reversa boudé du vil noceur.


Traçons de longs parcours, en champions
De ce temps embrasant la démarche
Du nomade dont Cornelius Scipion
Emboucha d’un vieux mors, sous l'arche

Élevé des plaines, le souffle ahanant….
Centurion vaincu, en disgrâce, allaité
D’un poitrail sans substances, aliénant
Asservit aux diktats d’un kaiser amputé.

Je rêve d'empires d’encre, de papier,
De réquisitoire de despotes, de rois
Sans contenance ; ils ne cessent d’épier
Les royaumes piégés de désarrois.


Regardez-les faner au balcon des fiefs
Gangrenés de rituels, d’ordaliques édits !…
J’écris : _ videz de l'âme alourdie de griefs,
L'oukase ! Verrez, sans contredit,

La vanité de sénescentes armures
Piégées du tombeau encagé de murmures !…




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

mercredi 16 octobre 2019

EXULTAT ECCE REUS*


EXULTAT ECCE REUS*
Coupables prétentions

Les matassins allument des nuits bleues
En de faux duels arrimés de septains,
Fébriles assonances qui des yeux,
En égaient l’iris  adamantin.

Confirment les peurs ébarbées de courage,
De cérémoniels vaincus de couardises,
Ébrèchent la lame dont l’affûtage
De claymore, de main ferme, s'aiguise.

L’acrobate danse en chevau-léger, traitre
Aux luttes scissionnelles, dont le cordeau
Rehausse du pal, sans se trop compromettre,
Le babélique faîte... s’y écaillent les eaux.



Se croient invincibles, ces titans d’un autre âge
Piétinent de l’absolu, les raisonnements,
Fardent de décadence, chaque page
Du grimoire gangrené de tourments,

En amputent l'induction cérébrale,
Épistémè aux pratiques discursives
Dont le sage helléniste emballe
Le pleutre, l'inquisiteur, sur la défensive.


L'académicien déverse sur le verbe,
Le tanin d’axiomes veloutés du langage,
Son outrancier sophisme, ses clauses acerbes
Sous le roulis d’un patois en tangage

Dont le fat absolve mesure d’inconfort,
Sans jamais écobuer de la riche jachère,
Le slang ordurier placé en contrefort
Du galandage de vaines surenchères. 



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

dimanche 13 octobre 2019

DICENDUM QUOD EBRIUS ILLUNI,*


DICENDUM QUOD EBRIUS ILLUNI,*
Ivrognes sans lune



L’ivrogne fait du trottoir, oreiller d’infortune
Il y pose la tête enflée d’incertitudes,
Caresse du ruisseau, le filet de nos lunes,
Les regarde... puis, prend de l’altitude.

Les ivrognes éteignent les matins, ripant
D’avenues en impasses, l’œil glauque, figé
Sur le zinc d’un bistrot dont le noceur dépend,
Quand l’alcool et la mort reviennent affliger

L'inconscient vidé du solennel... transpercent
De l’honneur, la morale,  tancent le dipsomane,
S'il titube sur le boulevard... puis, trace
De ses pas, les seings d’éthéromane.


L’ivrogne recoud des nuits blanches, le bâti
Aux replis cachés d'inélégantes fentes ;
Elles bâillent, quand l'épreuve abrutit
L’imbriaque curant la folie qui le hante.

L’intempérant sirote son mal en solitaire,
Enfourche la monture des désillusions,
Fixe des catadioptres aux  torchères,
Estime vain, le feu de tendres passions ;

Annihile de sa folle pépie, l’ivresse salutaire,
Ecerne de la peur, sa lâcheté notoire,
Imprègne de son sang, chaque velléitaire,
Las, berce d'aphorismes la spongieuse mémoire.

Dans le flou de ces ides, s’ébat le libertin ;
Il lime de l’esquisse, l'accorte aquarelle
Asséchée au front de muses au satin
De serves bafouées au langage cruel,

Assoiffe l’émouchet sans grâce,
Lié au pal de longs soupirs fanés
Percutés d’erratiques rondes salaces
Peu à peu enivrées de clichés surannés.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019


mercredi 9 octobre 2019

CORAM ME*


CORAM ME*
Par devers moi

Ai décidé de boire à ces matins d’ivoire
Irradiés du jour, avant les froids intenses…
Est-ce là, ma façon de crevasser la panse
Des nouvelles saisons, afin d’y faire pleuvoir ?

Je me veux rassurer, me griser de fragrances,
M’enivrer du nectar rassasiant l’ondine
Troublée d’enharmonies, de futiles badines
De farouches trouvères punis, en déshérence.

Pour occulter des chutes premières,
Le tumulte des vagues au bord du long rivage,
Ai adouci, au détour de fastueux voyages,
L’acrimonieux laïus de joutes trop amères.



Des chemins de traverse, j’en connais le tracé ;
Mes pas de ménestrel giclent de vicinales
Sentes embrumées d'aubes matutinales ;
J'avance et malgré tout, en rythmes cadencés

Ai  par devers moi, aux blafardes lueurs,
Remisé les années d’amours inapaisées ;
De fades oaristys de séducteurs blasés
Cognent encor aux barreaux de mon cœur

Délavé des fièvres, des tumultes forclos
D’impudences, d’effronteries palpables ;
J’espère naître hors du minable enclos
Où paissent les lubies du céladon coupable.


Je ne sais où aller, ni comment retrouver
La voie désenclavée de l’enfance-bohème…
J’appréhende l’été sur ma peau blême,
Ses rais chauds, ses  faisceaux incurvés ;

Il me brûlent la chair sans autres exigences,
Le capricieux derme de béjaune rêveur
Blackboulé, quand s’enfle sa ferveur _
Du ventre d’hétaïres en quête d’abstinence.

A moins d'user sans grâce, de réel repentir,
Réguler la raison piégée de dissonances,
D’arguties, peut-être d’expectance,
D'aporie,  seule l'angoisse  s’y viendra blottir…

Pourrais-je, des ténébreuses ombres
Abecquer la couvée esbaudie en moi ?
Des réminiscences et qui souvent larmoient,
Y verrais-je des foucades moins sombres ?


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

samedi 5 octobre 2019

ITERUM AUDIRE ? *


ITERUM AUDIRE ? *
Écoute encor !

Laisse-toi convaincre, laisse-toi approcher !
Il te faut desserrer le carcan du malheur ;
Il ruine du bien-être, et sans l’effaroucher,
Chaque effet inhérent au bonheur !

Derrière les ruines où trépassent les ans,
Ces horribles loges de fantôme,
Ton passé s’effiloche… ois du temps présent,
L’harmonie du fougueux métronome !


Écoute chanter les vents ! Ils bercent le paysage
D’une molle langueur… s’y délace le souffle
Des tempêtes, au détour d’un voyage :
Dysharmonie de vagues que l’océan maroufle !

Des jardins d'hiver, aux prolifiques plaines,
La faune  de guingois s’enivre de nature ;
Vois ! Il pleut sur la lande, les orages déchaînent
De l’onde assagie, la superbe mâture

Dressée altière, sur les flots écumeux
Balayés des courants effeuillés aux matins _
Évanescence de l’automne brumeux,
Des premiers rayons aux reflets incertains.



Regarde passer les ombres ! Elles soupirent
En la voix des rosières conquises
De damoiseaux  auxquels ne peut suffire
Le long col d’égrillardes marquises...

Écoute encor au soir s’en venant naître,
Les noctambules, ces geôliers de nuit !
Frissonnent en leur regard de reîtres,
De versatiles lueurs éclosant de l’ennui.

Sache te prémunir des quinteuses sibylles,
Ces pythies de foire, de mensonges, serties ;
Regarde-les baver des promesses débiles,
Se rédiment pour plaire aux bourgeois nantis !



J’écoute pleurer Margot sur mon épaule,
Son chagrin se vêt de folles apparences…
Se peut-il que s’allonge pour elle,  l’acrostole
Ornant des galiotes, la protubérance
Sublimée du retable… ex-voto sous coupole ?


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019