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vendredi 4 octobre 2019

ERRAVERUNT IN RUINAM*


ERRAVERUNT IN RUINAM*
S'égarer en l'automne

Je fais le tour des villes où somnolent,
Avant de s'avachir, les princes de la nuit ;
Ces noceurs inhibés, en l'aurore, fuient
L'inaltérable trace que le jour auréole.

Ce moulage trouble le tendron du faubourg,
La frêle rosière cachée sous son étole…
On la voit avancer, quand les soirs se gondolent,
Sous les porches embrumés de vieux bourgs.


Sous mon imper fripé, les bruines s'abandonnent,
Heureuses de s'ouvrir au matin à venir…
Je marche sur les quais, repu de souvenirs,
En nostalgique brisé de ces rumeurs que tonnent

L'inclusif, parfois, le présomptueux dont le verbe
Ankylose l'auditeur purgé de syllogisme…
Je me fais, en l'automne, sans autre ascétisme,
Fouetter de vents lointains, posés en gerbe

Sur mon profil meurtri d'enfant désabusé
Accroché au faîte d'un passé vide, décoloré_
Lointaine récurrence aux clichés perforés
De la trop fine lame de mes amours usées.


Enfouies en l'automne, mes larmes resurgissent
En torrentielles chutes… j'en recueille
Au fil de nos absences, du pénible deuil,
Les translucides perles, les déluges factices.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

mercredi 2 octobre 2019

YIN YANG


YIN YANG


De ce manichéisme emperlé de remords,

Aux risques insensés des moralisateurs

Pommadant l’intellect des vieux matamores

Qui fanfaronnent en piètres séducteurs,


Naissent le yin et le yang d’un monde en agonie,

Cosmos où les damnés aiguisent un patois

Dont personne n’aspire sans en faire déni,

La réelle substance absoute du matois.


Des madrés sacrilèges, aux pythies de foire,

S’enflent de lourds malaises dont le médium,

Ce nécromancien tire subsistance… A croire

Que ces démons en quête d’auditorium



Séduisent la femme qui vénère du noir, l’absolu,

L’homme, lui_  la blancheur écarlate de l’âme

Régurgitée du mal à l'inconsistant flux

Des frustrations premières… son drame.


C’est le yin et le yang ; il dupe des énergies,

La dualité, en alimente de la philosophie,

La réceptivité  cyclique dont Zou Yan régit

En ses écrits… ô bien fol est qui s'y fie !

  
Les prétendus bienfaits s'ils pommadent l’esprit

En galbent la démesure avec pharisaïsme ;

De ces valeurs abstraites arguant le mépris,

Nulle pensée ne se peut _ sans soufisme,



Pleinement assujettir.... rois et reines, dit-on_

Amplifient à s’en convaincre parfois,

Au plus fort de l’angoisse, au chant du baryton,

Les trochées ânonnées avec foi,



Ecernent du yin, les telluriques fièvres,

Azurent du yang, l’œil cosmographique

Dont se parent les astres, comme de la balèvre,

D’un radieux soleil aux faisceaux féeriques. 





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

vendredi 27 septembre 2019

INEFFICAX EVADAT RESINA*


INEFFICAX EVADAT RESINA*
Inefficace baume

S’en reviennent las, griffés de barbelés,
Cheveux  hirsutes, yeux exorbités… l’âme nue ;
De boire aux fontaines, ces gens écartelés,
Ne le pourraient prétendre, car _ du fil ténu
De l’existence qui les semble aguerrir, l’ingénu
A tant placé d’obstacles le voulant marteler,
Que la peur s’y dresse en un mal inconnu.

Ils n’ont plus de présent, leur passé s’est éteint
Aux derniers clairs de lune…
Ils remaillent la souffrance qui leur jaunit le teint,
S’offrent à l’éphémère sans résistance aucune,

Expectorent des peines, la rageuse cuscute
Engourdissant l’esprit dont on subit caprices,
Ils espèrent aux grands froids qui rebutent,
En des chemins contraires, en de vains sacrifices,

Donner poids aux besoins justifiant l’attente
Dont se veut tributaire l’autochtone bafoué
Ânonnent  de voix nasillarde, hésitante,
De vaines litanies, et sans se l’avouer.



Dans le silence flou des prévarications,
Le deuil et l’oubli harmonisent de concert_
D'apatrides dévots de compromissions,
Flattent le côté sombre même s'il dessert

Celui dont la colère stigmatise l’expectance
Privant de repentir les sujets en disgrâce,
Ceux dont la raison booste l’effervescence,
Dont bientôt, ne restera plus traces…



Agenouillés, vaincus, au tertre du caveau,
Salivent de regrets quelques miasmes suiffeux,
On les voit égrener de l’implexe cerveau,
Les riches entrelacs de cet influx nerveux.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019




mardi 24 septembre 2019

MURUR AQUARUM*


MURUR  AQUARUM*
Les murs d’eau

Jaillissant des fontaines en flots majestueux,
Emplissent des bassins, la circularité
Domptent des lumières, les flous harmonieux,
Ils se dressent altiers, au ventre des cités,

S’éveillent de l’asphalte aux effluentes suies
Encrassant la bordure de poussiéreux trottoirs
Longés de résidents, se faufilent la nuit,
Entre les maréchaux taillés en accotoirs.


 Telles des barricades abritant la rotonde
Dénuée de coupole, les murs d’eau redessinent
Des villes endormies, les royales  osmondes,
Reverdissent l’espace privée de pycnocline.

Arabesques fluidifiant l’atmosphère viciée,
On les voit tournoyer avant que s’ouvrir
En bouquet aquatique, sans en émacier
La longue buse cuivrée, puis, percent pour l’adoucir,

Le beau jeu interlame posé élégamment, somptueux
Réceptacle antébois, il soutient avec grâce,
La cascade, en  atténue des relents halitueux,
L’inconfortable souffle des volutes de crasses.

A la nuit tombée, aux effluves lointains, parfois
Liés au remugle, ces gaz de mofettes
Dont le carbone agresse dans le froid,
La généreuse flore des jardins en fête,

Les murs d’eau, dans le silence creux des bourgs,
S’affaissent sur la Grand-Place…
Chuintent des souterrains, et gargouillent à rebours,
De cuprifères suées transissant sous la glace.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

dimanche 22 septembre 2019

PEREGRINO COGITATIONES*


PEREGRINO COGITATIONES*
Pérégrines pensées


Du sommet des collines, aux plaines dégarnies,

Chantent nos plus belles années….

Les bouquets gardent encor, malgré les fleurs fanées,

Un incroyable musc… En suis-je donc prémuni ?



La chaleur de ta peau alimente mon feu,

Lorsque la profondeur émane de tes rires

Me pousse à avouer, à défaut d’en rire,

Les miscibles faiblesses aliénées à ce jeu



Fardant l'âme humiliée… sincère ? Oui,

Je peux l’être ! Aussi, ai-je pris le temps d’arracher

De mes peurs, pour les en retoucher,

Les noduleux  stolons de l’absence enfouie



Aux temps morts perturbés de blandices,

D’impartiales soufflées dont l’arrogant zéphyr

Semble réanimer de la face porphyre,

L'évidente pâleur, sans autres artifices ;



Elle pigmente l'ovale du mafflu inviolé,

Caresse, quand s’enflamment mes doigts,

Le contour, qu’en peintre maladroit,

Mon étoupe macule d’un lavis violet.




Apprends-moi le silence poétisant l’angoisse

De l'amant repu quand point matin !

Quand s'éveille vaincu ton duveteux satin ;

J'en sculpte du pubis que le désir défroisse,



L’épais tertre gonflé de désirs insultants

Dont j’arpente l’allée ! Tant pis si je m’y perds !

Pourrais-je en ces folies égarer mes repères,

M'épuiser de geignements latents ?



Cette quérimonie tacle en moi la morale,

Usurpe des principes, la roide mécanique ;

Affolé, sans espoir, au bord de la panique,

J’effeuille des remembrances, le râle



Excédant la sépia d’anamnèse _ qui l’eût cru ?

Je ride le portrait agrémenté d’eau forte ;

Puis en aquafortiste... loin de toi,  j'emporte

L'enjôleuse esquisse au mordançage écru.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019