ERRAVERUNT
IN RUINAM*
S'égarer en l'automne
Je fais le tour des villes où somnolent,
Avant de s'avachir, les princes de la nuit ;
Ces noceurs inhibés, en l'aurore, fuient
L'inaltérable trace que le jour auréole.
Ce moulage trouble le tendron du faubourg,
La frêle rosière cachée sous son étole…
On la voit avancer, quand les soirs se gondolent,
Sous les porches embrumés de vieux bourgs.
Sous mon imper fripé, les bruines s'abandonnent,
Heureuses de s'ouvrir au matin à venir…
Je marche sur les quais, repu de souvenirs,
En nostalgique brisé de ces rumeurs que tonnent
L'inclusif, parfois, le présomptueux dont le verbe
Ankylose l'auditeur purgé de syllogisme…
Je me fais, en l'automne, sans autre ascétisme,
Fouetter de vents lointains, posés en gerbe
Sur mon profil meurtri d'enfant désabusé
Accroché au faîte d'un passé vide, décoloré_
Lointaine récurrence aux clichés perforés
De la trop fine lame de mes amours usées.
Enfouies en l'automne, mes larmes resurgissent
En torrentielles chutes… j'en recueille
Au fil de nos absences, du pénible deuil,
Les translucides perles, les déluges factices.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019
















