Pâle nuit de décembre, triste déconvenue,
Toi que les âmes clouent au pinacle du rêve,
Fais vibrer sous l’arbre gélifié de sève,
Noueuses marcottes, et bulbes biscornus !
Exsangue agrypnie de l’orbe rapiécé,
Toi, l’étrange berme de la voie étoilée,
Viens enclore du songe à peine dévoilé
Les réelles visées s’y venant affaisser !
Soleil décoloré, astre d’aubes claires,
Empaquetez au soir mes riches cantilènes :
Cantates aux gammes souveraines,
Plaintives bergerades accolées d'éclairs !
Si j’ai fait de mes luttes en ces entropies
Prétentieuses victoires, avant que de fuir,
C’est pour voir au matin, modestement luire,
Les rais désaccordés du sommeil en repli.
En l'exégèse de mes contes bizarres,
Prosopopée de mes grasses pochades,
Emergent en flous d’antonomases fades,
Subtils poncifs embrumés de blizzards
Pincés en des lieux où vaque le hasard,
Avant de dégorger en l’écume de rades
Semblables aux nichées du casoar ;
Là, s'y meuvent les vagues rétrogrades
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022
