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dimanche 10 septembre 2023

DISGRACIEUSES POCHEES

DISGRACIEUSES POCHEES

 

Femme, avant d’être mère, avait oublié

La douceur des matins, en la rosée précoce,

La moiteur de l’aurore, la léthargique cosse

D’opaques brumes voilant le peuplier.

 

Feignait de croire en l’amour d’un enfant ;

Fut-ce le sien… à la lippe posée à son sein,

Elle accordait mépris… se voulait, à dessein,

Libre, sans entraves aucunes, dégrafant

 

De la déconvenue, le fielleux insuccès… l’aigreur

Pour seul bagage, l’acrimonie pour gerbe….

Qui_ en un jour d’orage_ au faîte de l’acerbe,

L’a remisée dans l’ombre ?... Est-ce le hongreur

 

D’un sinistre corral, le châtreur d’un toril ?

Cet homme _ si tant est qu’il en soit _

Dont la souffrance, telle qu’il la conçoit,

Anime la vertu au plus fort du péril…

 

Regardait pousser la frêle progéniture,

Hagarde… inerte, son regard floutait

De la tractation, l’impalpable absoluité ;

Le passé agressait ses fièvres immatures.

 

Jadis, on lui fit don de vaines prétentions :

Illusoires apprêts de naïve nymphette…

Son rêve était cendres… son désir de fêtes

S’effondrait aux saucées d’ignobles admixtions.

 

La honte voilait de ses envies, au soir,

Polymorphique cambrure… pourquoi

Du devenir, l’aciculaire apex, en décroît,

Tailladait-il de l’offre l’opportun rouissoir ?

 

Mère, sans être mariée, amante sans céladon,

Seule, percluse, en d’affreuses blessures,

Immolée au bucher où, de la forcipressure,

Gouttent peu à peu, les suées de l’abandon.

 

Elle avait tout pour plaire… rien ne faisait défaut

A son altière mise… sa séductrice moue

Grisait le matamore: rodomont, aux remous

De voltes giclées de ce poreux tuffeau.

 

A vingt ans, son nervalien profil fascinait

Le plus noble conjoint… odalisque au harem

De la perdition, sa beauté, de l’extrême,

Attisait les précieuses visées dessinées

 

Sur sa chair soufflée d’épicurisme…

Aux débauches goulues, s’octroyait, peut-être,

Par atavisme, de pulsatiles fraies ; en traître,

Le mal noua de sa gourme, le dualisme.  

                               Désormais…

Se devra, de la sage réserve, aspirer l’idéal…

Ne se faut point lier, aux naissantes levées,

Aux inflexions démarquées du pavé !…

Le temps, cet accotoir, n’absout pas le féal.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

 

vendredi 8 septembre 2023

SURABONDANT SILENCE

SURABONDANT SILENCE

 

Le silence module de l’appréhension, en l’état,

Chaque tonalité ; fluctue, de l’intonation,

L’itératif écho… puis, sans prétention,

Aseptise du corps, les bribes d’excrétas.

 

Il inspire le barde, impulse au poète déçu,

Au flou de catachrèse, les chutes diffluées

De belles cataractes, peu à peu, renflouées

D’accessibles coulées, divinement conçues.

 

Le silence pénètre des velléités, l’oscillation ;

Il attouche du rêve emmuré d’errements,

Le circonstancié, en ce déclassement,

Tel, le thesaurus sériant la pagination ;

 

Quand l’envie fait silence, en la déconvenue,

Les mortes soifs prolongent l’inutile pépie ;

Pusillanime, sans doute, l’aède fait dépit

De ce qui lui est cher ; trotte-menu,

 

Avance sur le quadrillage d’idiomatiques flux ;

En perfore de la sémantique, chaque signe…

Ces joutes graphématiques lui assignent

Une part de l’ouvrage liquéfié d’influx.

 

Sur le sein du silence, ai posé ma prudence ;

Attentif aux renflées du mutisme, sans crainte,

Ma faconde déchue, illutée de contraintes,

Au soir, s’est assainie, en l’atmosphère dense.

 

Je n’avais des mots vrais de la littérature,

Que fastueuses portées, au clavecin du scribe ;

J’affinais de mon style piégé de diatribe,

L’expressive terminologie : audacieuse parure.

 

S’il est vrai _ aux distances permises _

Aux loges de cénacle, au cercles des lumières,

Que les Parnassiens, les plumes coutumières

De l’écrit sélectif, surent de l’entremise

 

De vains truchements d’un facétieux drogman

Se soumettre, sans mal… l’est bien moins,

Le buveur de silence, ce doctoral témoin

De l’historiographie… si parfois, il émane

 

De son pragmatisme, quelque variation,

Il demeure constant quant à ce descriptif…

Le temps, son allié, surplombe le discursif

Intronise le rationnel… sans abréaction ;

 

Car, de l’imaginaire entrelacé de brèves,

S’enrouent des plates pensées, le putatif ;

Sans du silence aigu, drainer le présomptif,

Les clameurs vôtres se priveront de sève.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

jeudi 7 septembre 2023

ÉVOLUTIVE DYSHARMONIE

 
ÉVOLUTIVE DYSHARMONIE

 

Il y avait des enfants au pied de la rigole ;

Joyeux, épanouis, se laissaient caresser

De la bise d’automne ; fier, s’y dressait

Le majestueux chêne chatouillé d’Éole ;

 

De ce pédonculé, les oisillons hardis, au soir,

Faisaient demeure… la nuit, encoffrée

De ses noueuses branches, lasse, s’offrait

A ce géant, ce mythe séculaire, pour asseoir

 

De la sorgue, la ténébreuse chape… ébahis,

Les gamins, adossés à ce tronc raboteux,

Imaginaient parfois, loin des sols cahoteux,

La douceur de l’instant démuni de saillie.

 

Il fait bon vivre sur la lande herbue… l’été,

En refaisant bagages, laisse ouverte la porte ;

Maugréant : _ que les ventées l’emportent !

Fit si bon… des plaines, aux rampes de jetées,

 

Quand l’océan poussait de ses vagues frisées,

La lame désodée d’irascibles crachins…

Quelquefois, répugné du tenace fraichin

Cloqué de nauséeux relents… dégrisés.

 

Rancunière ? sûrement !… on le serait à moins ;

N’est-il pas ? aux précoces murmures du temps

Dénaturé, se dissipent, derrière l’abattant,

Les volutes perlées du renouveau- témoin ;

 

S’y activent les grises feuilletées de septembre,

La moite mousse d’octobre… le froid décrispe

L’estivation ; s’avance furtivement, la hispe

Hérissée de pointes ; s’y défigent ses membres.

 

La germination a clos de sa superbe, l’aura ;

Les tenaces arômes d’offrandes frugifères

S’évaporent en l’azur blêmi ; tout à son affaire,

Le bouvreuil duvète de son nid, le claustra.

 

Les saisons, en marge de ces mutations,

Évincent des champs pleins, les semences ;

Les surgeons jonchent, en cette décroissance,

Les friables ridules de germination…

 

Sur le tapis transi de la belle vallée, s’attardent

Cochenille, tipule gourmande ; decticelle

Et Éphippigère, aux bruines en ruisselle,

S’y peu à peu, défont de leur vielles hardes.

 

Quand l’automne paraît, se dissolvent, à l’aube

Les émanations de l’humide cosmos… déliées

Des teintes cérulées, le remugle pose à ce palier,

Son souffle fermenté de miasmes d’engobe :

 

Irrespirable ruclon de semis étranglés

De lierre… là, de l’épaisse brume, montent

De lourdes vapeurs dessanglées de la fonte

De cirrus floutés, de flocons dessanglés.

 

L’automne fait son entrée, en raglan de cortège,

Sur la scène bancale d’un théâtre de morts…

Nul cavalier ne peut l’accorer à son mors ;

Demeure le parâtre que les ombres protègent.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023