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vendredi 25 novembre 2022

ALOÏSE

ALOÏSE

 

Des jets fusent de vos rires,

Quand la rosée pénètre le matin

Baigné de flots diamantins

Au dôme d'un riche empire

 

Au cœur d’un doux verger

Dont les fruits égayent en l’avril,

Le pourpré... parfois du fin grésil,

Éclosent des teintes mitigées.

 

Votre col rehaussé d’un sautoir,

A l’éclat qu’embrument au soir,

Les volutes cupriques d’ostensoirs

Figent la nue d’un flou ostentatoire.

 

Vos longues mains ivoires serties

De fines rides, cadencent du geste

L’agréable rythmique : immodeste

Récurrence de causes abouties :

 

Assurance, réflexes éthérés

De muse déliée de contraintes,

De dryade faisant fi des feintes

Arborées de galants maniérés.

 

Des canisses, aux frêles interstices,

J’épie à l'aube cette tempérance

Empreinte de complaisances…

S’en exhalent des baumes factices.

 

Suis-je donc partenaire des volitions

Dont vos pensées captivent doléances,

Caressent sans réelle constance

L'inextinguible soif ceinte d’émotions ?


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

DUO

DUO

 

Par-delà les claies écaillées de l’oubli

S’insurgent des regrets… triomphant

De l’espèce dont l’âme se défend,

De l’espace que le vide publie.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

 

jeudi 24 novembre 2022

MADELEINE

MADELEINE

 

Je le sais : tu reviendras
Parfumer des dimanches,
Nos pleurs en avalanches,
Nos grimaces intenses...
Oui ! bien sûr, tu reviendras
Où le soleil se penche ;
Là, s'étire la branche…


Et si nos cœurs nus flanchent,
Resterai prisonnier de tes bras.

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mercredi 23 novembre 2022

CŒUR ECAILLE

CŒUR ECAILLE

 

Dans ses bras en tenailles,

Je me vide du venin d’entrailles

Oignant de bile les friables écailles

De peau, après moult ripailles.

 

Aliéné aux vents de sa folie,

Je me joue du miroir qu’embelli

De reflets chahutés de roulis

L’ivresse de la douce Ophélie.

 

Suis-je encor partenaire

De ces gaupes en l’éther

D’estaminets dont je suis réfractaire,

De dipsomanes vicieux, délétères ?

 

 Déconfit, derrière le grillage

Du destin, ai refait le voyage,

Jusqu’au livre d’images

Irradiées… comme pris en otage.

 

Avant d’aimer en l’aurore feutrée,

Me suis délié du sabir indiscret,

Souvent hué en l’alcôve secret

D’impétueuses lois engluées de décret.

 

Sans paraître, me trop dévoiler,

Je nuance de vos rires voilés

D'adamantines larmes éraillées

De vains maux voulant en étoiler

La tricuspide du cœur écaillé.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

lundi 21 novembre 2022

COMME AU TEMPS JADIS

COMME AU TEMPS JADIS

 

Si nous jouions comme au temps jadis,

Entre l’arbre et la rive, heureux_

A pigeon-vole, pinçant de mots hardis,

La vacance du verbe aux pièges poreux.

 

Nous longerions la berge des jeudis...

Peut-être y verrions-nous flotter

Quelque profil simiesque, roidi

Sous les rais guillerets de l'été,

 

Quand les cris fusent des maisons

Où l’enfant aspire du sein gonflé

Les sucs galactophores… de la belle saison,

S’ouvriraient les boutures renflées.

 

Le printemps délierait des cols froids,

Jasmin, camomille, colchique ;

Les jeunes roses au pied du beffroi,

Parfumeraient encor la vieille crique.

 

Chanteraient mistral et tramontane ;

La Provence, en nos yeux ébaubis,

Nuancerait, quand le méridien tanne

De tons violacés, ton doux regard rubis.

 

Captés des pages d’un livre d’images,

Nos yeux cingleraient des cryptes,

Les fragiles oupilles, pour du voyage,

Embraser les traces anaglyptes.  

 

Goûterions à l’aube, émargés du sommeil,

Aux claires bruines, à la tiède rosée ;

Apprécierions en ces journées vermeilles,

Le cri du cochevis s’y venant poser.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022 

dimanche 20 novembre 2022

LE SILENCE

LE SILENCE

 

C’est une vierge au socle froid de marbre,

Qui s’approche du reflet de l’absence

Peu à peu déliée des branches du bel arbre

Où caillette l’oiseau grisé de nitescence.

C’est

Un lac ondoyant aux vents légers d’avril,

Fleuve hué de brises printanières ;

On aime le voir au centre de nos villes,

Éteindre le chahut de nos cancanières…

 

C’est un feu dont les braises grésillent

Au souffle de flammèches moqueuses,

Et qu’enrouent les flux du fin grésil...

En l’âtre, s'activent des suies cendreuses.

 

C’est un réservoir buvant du mutisme,

L’étrange rétention, l’hétéroclite stase

Dévoilant des nonces, le diffus syncrétisme

Du prélat amorphe, chaque antonomase ;

 

Car de la périphrase, à la coquecigrue,

L’absurde dévêt du prédicat captivé

De harangue, pimbêches et grues

Rivées à la lèvre les voulant enivrer.

 

C’est une loi pulsée de l’ordalie

De médiévales causes, de scolastique ;

Ignace de Loyola en l’hallali,

Acquiesce l’obligataire sous portique ;

 

Car l’incivil est un faraud sans âme :

Rodomont cosmétiqué d’emphases,

Préambules appréciés des dames

D’un royaume altéré à sa base,

 

Couvé au boudoir de mondaines,

Au tunnel où s’égare la chienne ;

Le vice en admoneste la percée soudaine…

La none outrée de calembredaines

 

En fait jardin secret… l’amantes s’y noie,

Cachant de ses rides, l’altier minois...

 

Sous beffroi, dilettantes amours,

Exsangues rosières sans ganses

Fardent de vœux casuels le cœur lourd,

Faisant fi des folles manigances

 

Du damné chu de vespérales spires,

Aux fiévreuses pollicitations

Enjuguées au mal, ce licol qui attire

La serve bercée de prétentions.

 

Le silence est l'œuvre d’un orfèvre :

Ornemaniste retouchant du maillet,

La muse entrouvrant la balèvre

Confirmée du geste au relief guilleret.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

LE SILENCE

LE SILENCE  (II)

 

Le silence attise du mot vrai,

Quand la mort envenime l'absence,

L'opportunité, la juste relevance

Ébarbée de sophismes cuivrés.

 

Ai vu l'endeuillé sertir de hâblerie

L'amante encernée, hors du temps,

Lier de contrevérités le battant

Fier d'avoir vaincu seul, l'ahuri

 

Estourbi sous toise de simulacre,

Grisé du cépage quoiqu'âcre

De la treille au noduleux sarment

 

Quand s'y posent, doucement ouaté,

L'oisillon guilleret, par le vent, fouetté

Le frêle papillon… sis, délicatement.

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022