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samedi 21 mai 2022

INDIGNES EMPYREES


INDIGNES EMPYREES



Toi que les ans pénètrent, puis dissolvent

Aux callipyges lunes d'amantes désœuvrées ;

Toi pour qui le plaisir à l'aube survivrait,

Vois s'éteindre l'aura du rêve en l'alcôve



De trompeuses promesses, en l'abysse

Bagué de turbulences, de hourvari !

Il t'en faut prémunir quand l'aube s'avarie !

Le monde solennise la cadence du vice...



Lorsque tombent les nuits, choient les astres

Dégarnis, sevrés de leur superbe, l'homme

Avance voûté, telle la bête de somme

Lestée de  fardeaux, de désastre...



Connais-tu du bonheur la dive retenue ?...

Il est des jours de pluie en la force d'aimer,

Bruinant sur la fadeur de songes décimés,

Écurant la peau blême de naïades nues



Longeant du doux ressac l'ivresse bohème

Aux spumescents cristaux que la lame égorge ;

Tu peux en admirer si le désir te forge,

La fatale beauté... sans te faire anathème.



J'ois aux aurores, au silence des eaux,

Les frêles pépiements de l'oisillon vaincu

D'irrévérencieuses brises ayant vécu

Aux houleuses marées emperlées du roseau.



J'en savoure, et souvent à plus soif, l'intense

Décloîtrant la béguine blessée, la serve liée

Aux rites abbatiaux … elle semble supplier

La carnassière mue que le souhait condense.



Vois-tu, n'est rien de réel aux tertre du désir !

Le péché est un cri ouaté d'imprécation ;

Il formole le sage, anesthésie en la tentation,

Le pervers complu en sa rudesse... gésir



Aux empyrées lui semble raisonnable ! au licol

Du sybaritisme, se laisse prendre sans mal

Au rets de la débauche, en stupide animal,

Se cogne aux parois d'infranchissables cols.



Ne te laisse séduire, ivre de luxuriance !

N'est rien de plus stérile que le sang transfusé

Aux veines du désordre ! Éconduire ou user

De finaudes brettes, aiguise l'appétence



Du noceur en ribote... le vice est un alcool

Prisant de la docilité, l'imparable vertu...

Refoule de l'alacrité la berme trop pentue,

Fais montre de réserve, et déploie en torcol



Tes plus belles rémiges ! Au-delà de l’Éther,

Tourbillonnent les vents de la romance ;



En actif échevin, admoneste sans ganse

L'ego bridant l'affect d'un socle acrotère !



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

vendredi 20 mai 2022

NAUSEEUX TOTEISME


NAUSEEUX TOTEISME


Entendez les râles somnambules

Maquillés de spectres égarés

Au porche des chapelles ! déambulent,

Meurtris, l’œil torve... effarés.



Mains pleines de sang, confessent

Sans être absous, de véniels délits,

D'excusables entorses ; s'y affaisse

L'espoir d'endoctriner jusqu'à la lie,



L'inexpérimenté : gobe-mouche bercé

De fades litanies... ces gourous séduisent,

Cosmétiquent sans mal, l'adepte de Circé,

La nubile d'Hélios... peu à peu, enduisent



Du philtre de Perséis, le catéchumène

Évoquant du Ciel la Divine Clémence,

Le bizuth conjurant l'âme amène

Au col de l’Hadès, plombée de démences.



Iconoclastes sectes, sacrilèges cabales,

Vous dont l'esprit attise le mensonge,

Voyez mourir, quand le péché l'emballe,

Le zélateur, et que le remords ronge !



Pointera du doigt, au Jugement Dernier,

Le confesseur indigne, ce chapelain

Encellulé de fièvres, en quête de denier,

Cet arrogant mentor... ventre plein.









J'avancerai vainqueur, libre ô combien,

Au pied du Seigneur, mon Agneau Béni,

Sans jamais accorer d'inutiles liens

Ma barque ! Du Salut, ne point ferai déni.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022








jeudi 19 mai 2022

REQUIEM AETERNAM


REQUIEM AETERNAM


Je vois se roidir au mois de mai nouveau

Les pivoines humectées de rosée...

Je ne ne peux sur ta tombe poser

Un bouquet parfumé, et farder du caveau

L'exsangue lividité vénérée du dévot,

Et qui de la froideur aspire à nausée

Les miasmes chaulés en-deçà du biveau.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mardi 17 mai 2022

SERA-CE BIENTÔT


SERA-CE BIENTÔT

 

Où pousseront demain les fleurs parfumées,

Les roses dont Ronsard agrémente l'aura?

Qui nous fera connaître en ce mois mai,

Les nouvelles semences; qui saura

Piétiner de l'allée les bordures  crantées,

Marteler du béton l'imparfaite coulure;

Les branches que les vents ont entées

Réajustent du pampre, l'élégante voilure ?

*

Quand l'hiver poudrera les fleuves désarmés,

Gèlera des matins la candide rosée, l'aurore

Fera fondre les rayons désarmés,

Et pour s'évanouir au cœur de l'altiport

Alors...

Mes yeux se poseront sur l'astre démuni,

L'orbe du périastre, le caillou orbital...

Au-delà de l'Ether, peu à peu désunies,

Les nouvelles planètes me feront captal.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

dimanche 15 mai 2022

SÉDUCTEURS EMERITES

SÉDUCTEURS EMERITES


Autrefois les amants allumaient des désirs

Au cœur des rosières, de naïves soubrettes :

Mazettes coincées muées là en nymphettes

Au pied du nanti assoiffé de plaisirs…


Autrefois les fiers céladons flattaient

Des donzelles, le galbe prometteur ;

Roulant carrosse en séducteurs,

Dévirginaient le tendron, le hantaient.


Autrefois les galants de libertines cours,

Les damoiseaux poudrés de l’ombre

Faisaient aux suivantes la cour,

Promettant des richesses sans nombre.


Autrefois les poètes hissaient au pinacle

Les jeunes péronnelles, les couchant

Sur la page où dorment tant d’oracles,

Tant d’augures nous effarouchant.


*

Céans, les piètres lovelaces sombrent

En estaminet, grisés de roublardises,

Enivrés de cautèles plus sombres,

De froides manigances, de ringardises.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

samedi 14 mai 2022

HETEROCLITES SOUHAITS



HETEROCLITES SOUHAITS


Mon enfance a couru avant de s’envoler

Loin des terres herbues où dorment

Les soleils empourprés de vermeil


Ma jeunesse a dormi avant d’être volée

D’aggiornamento, d’inutiles réformes

Peuplant peu à peu le fragile sommeil.


Je l’entends murmurer au creuset de l’oubli,

De mielleuses complaintes, et qu’attisent

Les vents dont les frasques publient

De piètres vésanies proches de la hantise.


Mon enfance a griffé de ses rêves lointains

L’onirique substance, avant de s’écailler

Au miroir de ces ans dont le tain

Agrémente l'arceau de généreux matins.


A son dernier repos, triste, je l’ai posée 

Au marbre glacé de fantasmes éteints ;

A ses pieds, me suis seul reposé,

Pour voir du temps les désirs incertains.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

jeudi 12 mai 2022

COUCHES DANS L’OXALIDE


COUCHES DANS L’OXALIDE

 

Les premiers frissons accusent dépendance

Quand nos corps chavirent de la retenue ;

L’on sent peu à peu à même la peau nue,

Emerger le désir que pulpe la mordance

 

De profils sous étoupe pubienne,

Et qui de la jouissance renfloue l’ardeur

Calmement égrenée, que boude la pudeur

Refoulée de larmes alluviennes…

 

La chaleur de son cou emprisonne ma lèvre,

Et je sens se roidir mon souffle mis à mal

Par d’autres crispations, et qui de l’animal

Attisent le mépris d’inquisitives fièvres.

 

J’ai de malsains besoins, d’impudiques feux ;

Il semble que la peur enfante des affronts,

Puis clampe de la chair le néphron

Dont mon nerf agrémente l’enfeu.

 

Couchés pour voir éclore de la liberté,

Sans s’en faire jamais… sans biaiser,

La caloricité, et pour la déniaiser,

La pensée dont l’âme a héritée.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022