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lundi 14 février 2022

VASQUE DE SHEOL


VASQUE DE SHEOL

 

Ils profanent les tombes, saccagent l’habitat,

Pissent sur le drapeau de nations, d’état ;

Ils égorgent les saints jusqu’à cet ablata

Considéré des leurs, sans désiderata.

 

Souillent les quartiers, taguent au soir les cités,

Vomissent sur vos fils, dévergondent en loups,

Les enfants du futur encagés de marlous

Pris au rets du péché par trop plébiscité…

 

Aux caves empuanties de froides banlieues,

Aux sinistres dortoirs de la gent maudite,

Hibernent ces démons entretissés de rites ;

La laideur de leur âme jouxte le cœur bilieux.

 

Quand la maréchaussée nettoiera_ ô bonheur !

Ces pestilents quartiers, le pourra-t-elle(?)

Le Ciel brûlera tous ces démons sans ailes,

Ses succubes grisés, ces gluants amphineures.

 

Ils engrossent les carnes de fragiles tours :

Grues de grises impasses sevrées de liberté ;

On les voit séduire ceux qui les ont hantées,

Aguicher les mâles, ces sinistres vautours.

 

Bouffis, sous opiacés, titubent au clair de lune ;

Les silhouettes griffées bavent au jour pâli ;

Font montre de démence en la glossolalie

Anonnée en l’aurore viciée, l’aube inopportune.

 

Sur leurs dépouilles siffleront les corbeaux :

Pasteurs sublunaires qui, en rats de cathèdre

Emondent la pensée en nuisibles proèdres,

Nus… en un triumvirat de serviles cabots.  

 

Il y aura_ croyez-moi ! _ aux larmes crispées

De pleureuses de laudes, de banales coulées ;

Verrons poindre, loin de leurs mausolées,

La folie ajustée au col de ces êtres dupés.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

dimanche 13 février 2022

PLAINTIVE AGONIE

PLAINTIVE AGONIE

 

Pâle nuit de décembre, triste déconvenue,

Toi que les âmes clouent au pinacle du rêve,

Fais vibrer sous l’arbre gélifié de sève,

Noueuses marcottes, et bulbes biscornus !

 

Exsangue agrypnie de l’orbe rapiécé,

Toi, l’étrange berme de la voie étoilée,

Viens enclore du songe à peine dévoilé

Les réelles visées s’y venant affaisser !

 

Soleil décoloré, astre d’aubes claires,

Empaquetez au soir mes riches cantilènes :

Cantates aux gammes souveraines,

Plaintives bergerades accolées d'éclairs !

 

Si j’ai fait de mes luttes en ces entropies

Prétentieuses victoires, avant que de fuir,

C’est pour voir au matin, modestement luire,

Les rais désaccordés du sommeil en repli.

 

En l'exégèse de mes contes bizarres,

Prosopopée de mes grasses pochades,

Emergent en flous d’antonomases fades,

Subtils poncifs embrumés de blizzards

Pincés en des lieux où vaque le hasard,

Avant de dégorger en l’écume de rades

Semblables aux nichées du casoar ;

Là, s'y meuvent les vagues rétrogrades


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

samedi 12 février 2022

IRRESISTIBLE LOUVE


IRRESISTIBLE LOUVE

 

Comment plonger la nuit en vos rêves étroits,

Quand l’automne vous bride en son revers ;

L’amour en délaisse les pénibles hivers,

Au deuil de passions décimées du pantois !

 

Vous vécûtes jadis accoutrée de mystères,

De fades insolences, de nasillardes plaintes ;

Vos musiques enjôlaient, et de douleurs ceintes,

Les amants encavés de luttes adultères.

 

En foulant de vos cris l’insoluble braiment,

Ai piétiné_ peut-être de guerre lasse _

Et l’envie, et l’espoir de griffer de l’audace,

L’immodeste hardiesse étoilée de serments :

 

Ces feux en demi-teinte, ces flammèches nues…

Je reviens souffler, penché sur la bobèche,

La scélérate pointe accrochée en esche,

Et qu’appâtent les vents désappointant la nue.

 

De votre ventre clair, au puits galactophore

Dont se sustentent les larvaires marins ;

Des monts callipyges, au ponton de vos reins

Où s’égare parfois le cœur sans contrefort,

 

Traînent des insomnies, d’acides turbulences ;

Je m’en veux d’en gêner la manœuvre…

Je croyais_ incorrigible loup_ en l’œuvre

Parachevée dont _ faisant allégeance _

 

Finauds, traîtres enquillés à escient,

Dénaturent l’offrande … se voudraient oblats

D’un cérémonial où, en catoblépas,

Les visqueuses âmes font du dépréciant,

 

Acolyte d’un jour, zélateur sous ajour,

Promenant sa superbe au naos des serves :

Immobiles vestales de la pleine réserve

Liées de confesses aux spires d’abat-jour.

 

Si mes mots cognent aux silences mutants

De ressouvenance, c’est pour palier au vice,

A l'altération de possibles sévices

En berne au confort du clephte hésitant.

 

N’ai de Zéphyr jamais emprunté rémiges…

Je vole entre les stries de cotonneux stratus,

De remembrances moulées d’hiatus

Floutés d’élision au seuil de la grébige.

 

Gardez de mon espace, naïade de bas-fonds,

L’étrange parallaxe posée à l’objet du désir,

Ce frileux accessoire… avant que de gésir

Au souffle buté du ténébreux tréfonds !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

vendredi 11 février 2022

RECUSATION D’ESTHETE

RECUSATION D’ESTHETE

 

Je n’aurais pas voulu en piètre mercenaire,

Allumer l'angoisse au col du niquedouille ;

L’âme et le cœur blessés qu’on fouille,

Ne peuvent apaiser le cri de Lacenaire,

Ni confondre en ce mal le latitudinaire,

L’innocence bercée de la vague qui mouille

La plage désertée dont les écumes souillent

Les abords écrêtés : exil d’alcyonnaires.

 *

Je n’aurais pas aimé entenailler l’ivresse,

Pour piéger la muse de catilinaires,

Quand la satire émonde du débonnaire,

Le style, la faconde, la métrique dénaires.

 

Je n’aimerais pas vivre harnaché de doutes,

En bedeau acrotère, en triste factotum ;

Placer le dithyrambe pénétré d’erratum

En simple ex-libris, quand l’ouvrage déroute,

 

Eut été selon moi, grossière manœuvre

De la gent qu’écartèle le paralogisme,

Incartade de pairs griffés de syncrétisme

Dont l’église revêt le nonce mue en pieuvre.

 

N’aurais pas souhaité parachever l’histoire,

Avant de désocler du luisant porphyre,

Manoirs et castels nous pouvant suffire ;

Aurais_ sans nul doute_ en l'ostentatoire,

Donné vie aux lunes, sans du confiscatoire,

Allégé sentence… qu’aurais-je fait de pire,

Aux nobles peccavi, quand s’écroule l’empire,

Si ce n’est : confondre le vulgum, si empire

L’offense de lois en leurs réquisitoires !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

jeudi 10 février 2022

IL FAUT

IL FAUT

 

Il faut donner aux sombres rebuffades,

A l’heure où la mémoire  fait la belle,

L’élégance du style... taire du langage fade,

Le jargon emprunté au béjaune rebelle.

 

Les sermonneurs de nos pompeux cénacles,

Rebutent le néophyte en quête de jouvence...

N’est_ je vous l’avoue, en ces folles débâcles,

Nulle issue confortable... Vous le savez, je pense !

 

Du lexème de prose, à la segmentation,

Rien de plus évident que l’image peuplée

De lourds apprêts dont la propension

Flatte du dithyrambe, les fallacieux couplets.

 

J'épure du mot, le sens isolable, sans farder

De l’idiome la métrie cadencée...

Ma plume boit du soleil, sans jamais cacarder,

D'inusables rais... m’en dois-je offenser ?


Il faut raison garder face à ces déferlantes 

Dont les mortes topiques ramènent l’orateur

Au silence de didascalie ! Brinquebalante,

La pensée raisonnable offense le conteur.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mercredi 9 février 2022

GRENIER D’OFFENSES

GRENIER D’OFFENSES

 

Dans mon cœur-grenier s’entassent

 

Poncifs et sépia d'une enfance ruinée,

 

Cotillons d’années folles ; s'y délace

 

L'écheveau d'un garçonnet puîné ;

 

 

Il cache de la doublure du mal

 

Lacérant ses entrailles, pour l’asservir

 

Au faste écoulé de la mue animale,

 

Le dispendieux boudé du repentir.



Ma raison fait festin de mornes solitudes ;

 

Elle pave l’existence de l’ermite blessé 

 

Fuyant de l’incurie, sous d'autre latitudes,

 

La cotonneuse nue trop souvent agressée

 


D’injustes brimades, aux topiques onguents

 

Lustrés du devenir de fugitif piégé

 

D’inutiles promesses, ces serments baguant

 

De la pensée, les minables projets.



Je veux de l'accessoire, abandonner

 

Sans peine aux conformistes butés,

 

L'hypocrisie... aux instances bornées,

 

Patelinage toujours tant rebuté ;

 


Enclosez les lèvres des dissertes amantes

 

Posez-y un singulier doigt… faites taire

 

Les muses dont la peau alimente

 

Le cuir, s'il donne souffle à la chair,

 

 

Confesse de l'esprit l'humiliation des nuits

 

Aux secrètes fêlures, sans en oser délier

 

En l'extase, profondeur de puits

 

Où grimacent nos pleurs !  Devrais-je les renier ?

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022