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vendredi 11 février 2022

RECUSATION D’ESTHETE

RECUSATION D’ESTHETE

 

Je n’aurais pas voulu en piètre mercenaire,

Allumer l'angoisse au col du niquedouille ;

L’âme et le cœur blessés qu’on fouille,

Ne peuvent apaiser le cri de Lacenaire,

Ni confondre en ce mal le latitudinaire,

L’innocence bercée de la vague qui mouille

La plage désertée dont les écumes souillent

Les abords écrêtés : exil d’alcyonnaires.

 *

Je n’aurais pas aimé entenailler l’ivresse,

Pour piéger la muse de catilinaires,

Quand la satire émonde du débonnaire,

Le style, la faconde, la métrique dénaires.

 

Je n’aimerais pas vivre harnaché de doutes,

En bedeau acrotère, en triste factotum ;

Placer le dithyrambe pénétré d’erratum

En simple ex-libris, quand l’ouvrage déroute,

 

Eut été selon moi, grossière manœuvre

De la gent qu’écartèle le paralogisme,

Incartade de pairs griffés de syncrétisme

Dont l’église revêt le nonce mue en pieuvre.

 

N’aurais pas souhaité parachever l’histoire,

Avant de désocler du luisant porphyre,

Manoirs et castels nous pouvant suffire ;

Aurais_ sans nul doute_ en l'ostentatoire,

Donné vie aux lunes, sans du confiscatoire,

Allégé sentence… qu’aurais-je fait de pire,

Aux nobles peccavi, quand s’écroule l’empire,

Si ce n’est : confondre le vulgum, si empire

L’offense de lois en leurs réquisitoires !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

jeudi 10 février 2022

IL FAUT

IL FAUT

 

Il faut donner aux sombres rebuffades,

A l’heure où la mémoire  fait la belle,

L’élégance du style... taire du langage fade,

Le jargon emprunté au béjaune rebelle.

 

Les sermonneurs de nos pompeux cénacles,

Rebutent le néophyte en quête de jouvence...

N’est_ je vous l’avoue, en ces folles débâcles,

Nulle issue confortable... Vous le savez, je pense !

 

Du lexème de prose, à la segmentation,

Rien de plus évident que l’image peuplée

De lourds apprêts dont la propension

Flatte du dithyrambe, les fallacieux couplets.

 

J'épure du mot, le sens isolable, sans farder

De l’idiome la métrie cadencée...

Ma plume boit du soleil, sans jamais cacarder,

D'inusables rais... m’en dois-je offenser ?


Il faut raison garder face à ces déferlantes 

Dont les mortes topiques ramènent l’orateur

Au silence de didascalie ! Brinquebalante,

La pensée raisonnable offense le conteur.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mercredi 9 février 2022

GRENIER D’OFFENSES

GRENIER D’OFFENSES

 

Dans mon cœur-grenier s’entassent

 

Poncifs et sépia d'une enfance ruinée,

 

Cotillons d’années folles ; s'y délace

 

L'écheveau d'un garçonnet puîné ;

 

 

Il cache de la doublure du mal

 

Lacérant ses entrailles, pour l’asservir

 

Au faste écoulé de la mue animale,

 

Le dispendieux boudé du repentir.



Ma raison fait festin de mornes solitudes ;

 

Elle pave l’existence de l’ermite blessé 

 

Fuyant de l’incurie, sous d'autre latitudes,

 

La cotonneuse nue trop souvent agressée

 


D’injustes brimades, aux topiques onguents

 

Lustrés du devenir de fugitif piégé

 

D’inutiles promesses, ces serments baguant

 

De la pensée, les minables projets.



Je veux de l'accessoire, abandonner

 

Sans peine aux conformistes butés,

 

L'hypocrisie... aux instances bornées,

 

Patelinage toujours tant rebuté ;

 


Enclosez les lèvres des dissertes amantes

 

Posez-y un singulier doigt… faites taire

 

Les muses dont la peau alimente

 

Le cuir, s'il donne souffle à la chair,

 

 

Confesse de l'esprit l'humiliation des nuits

 

Aux secrètes fêlures, sans en oser délier

 

En l'extase, profondeur de puits

 

Où grimacent nos pleurs !  Devrais-je les renier ?

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mardi 8 février 2022

ETRANGE BOULEVERSEMENT

    ETRANGE BOULEVERSEMENT

 

Les vents sont revenus soulever la marée,

Bouleverser la mer, ses plaintives vagues,

Avant de s’affaisser au ventre des marais

Que les bruines en l’automne, élaguent.

 

Me suis caché au nord de la vallée,

Attendant la fin de l’orage que fuient

Pérégrins et grimpeurs habiles affalés

Sur la plaine, en attendant la nuit…

 

Les paysans avançaient en silence…

Plus loin, les enfants enveloppés

De mantes semblaient quêter pitance ;

La brume tenace, d’un halo, les drapait.

 

J’attendais qu’il me vienne cueillir,

De ce fol hypnotisme ; j’en garde encor,

Malgré le temps, et sans jamais faillir,

Quelques traces me roidissant le corps.

 

Geignaient en ces heures indues, au soir,

L’acariâtre bourrasque :irascible tornade

Chue de la sphère… liées à l’illusoire,

S’accotaient les ombres sur la rade.

 

Au jour levé, les vents se sont tus…

Me suis relevé… notre terre pleurait

De n’avoir su de la lande pentue,

Unifier les minces engrêlures, entourer

 

Des fragiles rhagades, la bordure…

Ne restait en ce lieu, que miasmes figés

De vexantes plommées, morne nature,

Nidoreux pouacre de la nue affligée.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

lundi 7 février 2022

AUGURALES SHETLAND


AUGURALES SHETLAND

 

En traversant l’allée crispée aux froids,

Les Shetland paraissaient plus immenses ;

L’écosse s’embrumait, et ses vallons étroits

Semblaient dissous en la moiteur intense.

 

La côte écrêtée longeait du paysage,

Les rochers fouettés des vents salés ;

Les nuages floutaient dessus la plage,

Des furtifs reflets, les rais bariolés.

 

Mainland le rustre dilatait ses auvents,

Soufflant l’archipel hors la sente herbue

Longée du pérégrin, ce marcheur rêvant

De dompter les fiefs profanés de l’imbu.


L'eau ouatait à l’aube des renaissances,

La crique survolée de mouettes, ces reines

Du clair azur, en la phosphorescence :

Rutilance de gorges souveraines.

 

Les Vikings y laissèrent empreintes

Au socle culturel métissé de musiques

Insufflées aux pécheurs de la digue éteinte :

Harmonies enfiévrées de rythmique.

 

Le ciel norvégien se souvient, ce me semble,

De nuits en la grisaille de nidifications,

Espérant que migrent au soir, ensemble,

Les huppes fasciées, en lévitation...


Rien de plus beau, en ces ides volages

Calmant, comme le dit Tacite, le Saxon

Baguenaudé de la vague en tangage

Sur le pont... s'enivre de basson.

 

Shetland, mon île : toit d’infortune,

Je t'écoute gémir en mes proses livresques ;

Mon cœur a dénudé des caprices de lune,

Les factices décans de cadences tudesques.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022