Les vents sont revenus soulever la marée,
Bouleverser la mer, ses plaintives vagues,
Avant de s’affaisser au ventre des marais
Que les bruines en l’automne, élaguent.
Me suis caché au nord de la vallée,
Attendant la fin de l’orage que fuient
Pérégrins et grimpeurs habiles affalés
Sur la plaine, en attendant la nuit…
Les paysans avançaient en silence…
Plus loin, les enfants enveloppés
De mantes semblaient quêter pitance ;
La brume tenace, d’un halo, les drapait.
J’attendais qu’il me vienne cueillir,
De ce fol hypnotisme ; j’en garde encor,
Malgré le temps, et sans jamais faillir,
Quelques traces me roidissant le corps.
Geignaient en ces heures indues, au soir,
L’acariâtre bourrasque :irascible tornade
Chue de la sphère… liées à l’illusoire,
S’accotaient les ombres sur la rade.
Au jour levé, les vents se sont tus…
Me suis relevé… notre terre pleurait
De n’avoir su de la lande pentue,
Unifier les minces engrêlures, entourer
Des fragiles rhagades, la bordure…
Ne restait en ce lieu, que miasmes figés
De vexantes plommées, morne nature,
Nidoreux pouacre de la nue affligée.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022
