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samedi 5 février 2022

INGAMBE NOCTAMBULE

INGAMBE NOCTAMBULE

 

Venez danser sur la peau du sommeil,

Librement chahuter au creux de l’insomnie

Traversée d’ondes, d’électrique agonie

Dont mes yeux absolvent le brûlant éveil…

 

Venez chantez sur ma couche branlante :

Modeste paillasse, ou triste litière !

On s’y sent mieux qu’un chat de gouttière

Repu de lunes pleines, et par trop irritantes.

 

Les étoiles ont boudé ma trop longue traverse,

Pour caresser les songes s'ils nous troublent,

Pour enfin renaître aux perles de l’averse...

 

O que n’ai-je ici de mon double,

En ce for illusoire, musser vaillance,

Moi, esprit débonnaire riche de connivences 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

vendredi 4 février 2022

PLUS RIEN A FAIRE


PLUS RIEN A FAIRE

 

Le glas de nos amours éventre le silence,

Écorche de l'aveu, l’inquiétant revers

Encor voilé de sombres apparences

En ce lavis placé en contrevair.

                                        Ici,

L’hallali affole des meutes la battue,

Résonne au froid des prétentions,

A l’heure où ripe des sentes pentues,

La silhouette de percluses factions.

                                         Là,

Baguées d’ivresses, les âmes soufflées

Sans doute, taisent de l’impartialité,

La clausule de serments marouflés :

Sécables feintes de banalités.

                                       Hélas,

Il n’y a rien à faire, plus rien !!!

De l'admonestation, fuitent des peurs

Nimbées de lâcheté : bouts de liens

D’un cordeau strangulé de rancœur ;

                                            Il

En ronge parfois, le seyant embout,

Au peccavi du sacristain volage ;

Aura-t-il raison des rêves tabous

Ankylosant le pénitent trop sage,

                                           S’il

Avoue_ non sans mal_ avoir menti

En l’encre de ses rimes bancales,

Usurpant du tempo empuanti,

Pestilence de joutes trop banales ?

                                                 Alors,

Il n’y a rien à faire ! rien !!!

L’idéal flatte de l'ego ventru,

Les dilutions du triste abélien,

Aux méandres où surnage l’intrus ;

                                             Le voilà !

Troublant céans de l’insomniaque

La narcose de polymorphie ;

Son érectile mue éveille du cloaque,

L'épais remugle de l’atrophie.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

jeudi 3 février 2022

INDISPENSABLE CLOÎTRE

INDISPENSABLE CLOÎTRE

 

Dans l’immense placard de la solitude,

J’égrène de doigts meurtris l’adolescence

Hissée au pinacle du temps en sa constance,

A l’aube des matins muselant l’hébétude.

 

Je regarde s’étrécir mes envies de voyages,

Mes besoins d’allumer du fugitif désir,

En sabouleux quêteur orphelin du plaisir,

A l’heure où triomphent les sages,

 

La minuscule mèche de l’iconique cierge…

 

Engoncé en cette basse-fosse, mes soleils

Prennent froid, puis, de la tépide stalle

Où s’accote prétaille dégrisée d’escales,

S’éteignent alors aux dernières veilles,

 

Pour ne plus revenir s’adouber de flamberge.

*

Dans cette ample demeure, ce rêve écrasé,

Ma vie pose au sixain du doute, du mépris,

Les piètres espoirs de renaître, surpris

De la déréliction afférée à ce col évasé,

 

De l’opiniâtreté dont souvent se délabrent

Les grinçants volets, les sonores blutoirs…

Du fond de ce cachot, ce socle aratoire,

Fondent mes souvenirs, ma silhouette glabre.


Je n’ai rien à offrir… rien qui ne soit céans,

Aux portes de noires luttes, que néfaste mue

D’un corps déprécié de la gent trop émue

Pour calmer de ma plaie, le cautère béant.

 

Au sortir de la geôle, en des silences creux,

Irai me repentir de l’audace mienne,

La transmigration des traces permiennes

Calquant du devenir l’agencement ocreux.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mercredi 2 février 2022

A MAJORI AD MINUS


A MAJORI AD MINUS

Du plus au moins

 

Aux ruines d’un passé s’écaille mon enfance,

Mes nuits et mes jours ceints de désolation ;

Mes pas se sont fanés aux marches d’une époque

 

Où sombrèrent au soir, les âmes sénescentes

Prisonnières sans doute, de l’éruption

Fardant de Saint-pierre, les riches pendeloques.

 

Au tertre d’un souvenir jauni par les années,

S’amplifient les douleurs de malédictions

Posées au ventre gris de ce flou bitumé,

Et qui de la vacance, peuple l’émotion.

 

Mais mon île demeure, radieuse, alanguie,

Raisonnant de son cœur l’imprécise systole ;

Elle se laisse séduire sous la lame groggy

Dont l’océan écale les spumescents atolls.

 

Je m’imagine un feu emmurant l’aquatinte

De cette canopée bordée de rêves clos…

J’y vois naître aux roulements des plaintes,

Des subtiles gangues, l’anthurium juste éclos,

 

Le plumeria, la fleur de curcuma, l’hibiscus

Entretissés de diaphanes perles de rosée,

Cependant que la flore boute du tylenchus,

L’empoisonneuse sève s’y venant déposer.

 

*

 Aux ruines d’un théâtre de soufre et de cendres,

S’endorment des matins enfiévrés d’espoir…

Les pluies ont sublimé des flux à pierre fendre,

Les mutines grimaces des croches de guipoir.

 

J’ouïe des déferlantes aux tempêtes barbares,

Les grelots de colère déchiquetant la mer…

Que n’aurais-je vécu sur l’immense gabare,

Aux peines confisquées de mes luttes amères !

 

J’ai déposé Mando, mon double anxiogène

A la cale blindée d’éphémères souffrances,

Avant du retenir, rythmer l’anthropogène,

Et du simple sourire animer la vaillance.

 

Quand il fera soleil au nord de mes folies,

Irai me reposer avant de disparaître,

Sur l’étrange barlongue qu’éveille l’hallali

De ces cris aux abois, et qu’ignore le reître.


 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mardi 1 février 2022

INAMICALE CHUE

INAMICALE CHUE

 

Les neiges ont poudré le parterre fleuri

Du jardin de Cluny, son parc médiéval ;

Il bruine sur le Luxembourg, quand mûrit

Le soleil parisien aux pointes ogivales.

 

Le froid s’est installé aux fantoches banbans,

Aux fragiles girouettes que toise le protée,

Ce glissant avatar prémuni d’un caban,

Déçu de ces écarts aux faîtes démontés.

 

Au dôme des Invalides, blanchissent

Les bordures floconnées, l’ajouture

Modelant en ces lieux, du superbe édifice,

La solide charpente supportant l’égoutture

 

D’ondées emportées de bourrasques ;

Y point en l’aube claire, le souffle dilaté

Du prétentieux hiver amorcé en la vasque

D’une grise saison à l’aura éventée.

 

Les cheminées ensuiffent du bel azur,

Au soir où cheminent l’amoureux lascif,

Le gentilhomme guéri de ses blessures,

Le floconneux support, autrefois incisif.

 

Paris retouche cette fauve aquarelle :

Ces trop longs boulevards, où l’avenue

Bitumée de flous, pénètre les marelles

De fades trottoirs ignorés de la nue

 

Captive du brouillard du temps déraciné ;

Elle voit naître des ombres aux ornières

De villes écrasées de douleurs… calcinées :

Ruines sur pulpitum d’un vieux cimetière.

 

Bâillés de sombres noces, de volages hymens,

Fuitent des lendemains asservis au frimas :

Renouveau sans vices, ni précieux gulden

Pour s’offrir aux solstices, généreux climat.

 

Ivre, en la coulisse de ces désagréments,

De moites lèvres, j’énumère les songes

Qu’il me souvienne encor_ des moments

Où l’espoir, si le doute me ronge_

Espaces pétris de fielleux mensonges ;

Pris au rets de fastueux serments,

Ils pénètrent du jour que l’étrange forlonge,

La grossière doublure, l’imposant armement.


 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022