INAMICALE CHUE
Les neiges ont poudré le parterre fleuri
Du jardin de Cluny, son parc médiéval ;
Il bruine sur le Luxembourg, quand mûrit
Le soleil parisien aux pointes ogivales.
Le froid s’est installé aux fantoches banbans,
Aux fragiles girouettes que toise le protée,
Ce glissant avatar prémuni d’un caban,
Déçu de ces écarts aux faîtes démontés.
Au dôme des Invalides, blanchissent
Les bordures floconnées, l’ajouture
Modelant en ces lieux, du superbe édifice,
La solide charpente supportant l’égoutture
D’ondées emportées de bourrasques ;
Y point en l’aube claire, le souffle dilaté
Du prétentieux hiver amorcé en la vasque
D’une grise saison à l’aura éventée.
Les cheminées ensuiffent du bel azur,
Au soir où cheminent l’amoureux lascif,
Le gentilhomme guéri de ses blessures,
Le floconneux support, autrefois incisif.
Paris retouche cette fauve aquarelle :
Ces trop longs boulevards, où l’avenue
Bitumée de flous, pénètre les marelles
De fades trottoirs ignorés de la nue
Captive du brouillard du temps déraciné ;
Elle voit naître des ombres aux ornières
De villes écrasées de douleurs… calcinées :
Ruines sur pulpitum d’un vieux cimetière.
Bâillés de sombres noces, de volages hymens,
Fuitent des lendemains asservis au frimas :
Renouveau sans vices, ni précieux gulden
Pour s’offrir aux solstices, généreux climat.
Ivre, en la coulisse de ces désagréments,
De moites lèvres, j’énumère les songes
Qu’il me souvienne encor_ des moments
Où l’espoir, si le doute me ronge_
Espaces pétris de fielleux mensonges ;
Pris au rets de fastueux serments,
Ils pénètrent du jour que l’étrange forlonge,
La grossière doublure, l’imposant armement.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022