IN CONSPECTU*
Avant de
l’oublier
Avant de l’oublier, je reviendrai danser
En ses nuits, pister ses insomnies,
Me griser du nectar de ses vieilles manies
Amputant de l’amante, les teintes nuancées.
Avant de l’oublier, confesserai sans haine,
L’avoir purgée de ses lubies absconses,
Égrené de ses rires, de ses lèvres d’oponces,
La quintessence, l'effluve souveraine.
Apeurée, frustrée, elle a suivi mon ombre,
Dépassant du profil des compromissions,
La suggestive aura de l'inhibition
Qu'illustre au soir, son côté sombre.
Avant de l’oublier, grisé de fragrances,
J’amoindrirai des peines ponctuelles,
Le spumeux ressac d’influx rebelles
Au faîte du corps piégé de sénescence.
Avant de l’oublier, éteindrai de ses joies,
L’euphorie passagère dont l’humeur
Meurtrie du raisonnable, la tumeur
Gangrenée, quand la pensée rougeoie
Du putrescible, ce voile subéreux
Sans le fard de déliquescence, blessant
Du temps émietté du verbe obsolescent
L'offre d’orateurs au langage poreux.
Avant de l’oublier, de nier l’évidence
Drapée de démesure, l’immodestie,
Dénuderai _ cela, sans contredit ! _
L’entrelacs du déni dupant la conscience.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021






