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jeudi 10 juin 2021

SPARGERE LUCIDOS* Eparpillement

SPARGERE LUCIDOS*

Eparpillement

 

En ces temps incertains, déchirés,

Ces nids pollués où fusent de partout

Le cri des zélateurs emportés de marées,

Quand la mort devient un fourre-tout,

La plèbe enclouée d’inertie, pose l’atout,

En rebattant les cartes… se laisse emmurer

De dogmes manichéens… se laisse écurer

En l’habeas corpus, l’arbitraire, rassuré

De translations qui pour lui, règlent tout…

*

Quand le péché rudoie l’âme du sectateur,

Se voile son esprit de bigot désœuvré,

Les ténèbres entoilent ceux que le tentateur

Séduit ; croissent en inféconde ivraie…

Quand au mal, se viennent livrer,

Arpentant le shéol, en abjects contempteurs.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

 

 

mercredi 9 juin 2021

CONCURSUS ISTIUS* Agitation

CONCURSUS ISTIUS*

Agitation

 

Comme un bateau sur l’onde après tempête,

Un navire balloté de violentes vagues,

Les nuits blanches s’éparpillent, et s’entêtent

A narguer mon sommeil déporté de la Brague.

 

Je tâtonne entre d’épaisses brumes, à chercher

Une issue semblable au renouveau, passage

Où tous mes rêves ont été harnachés

D’une horrible croupière accorée avec rage.

 

Somnolant aux heures consommables, j’épie

Des dérives miennes, malgré moi, par dépit,

Les fâcheux entrelacs, sans comprendre

 

L’étrange mutation du somnambulisme :

Ésotérique mue, et qui de l’animisme

Contrefait l’inertie sous les cendres.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

AVEM* Oiseau

AVEM*

Oiseau

 

Envole-toi vers de lointaines sphères !

Viens nager au-delà de l’Ether !

Tu verras la pâleur de l’astre enfoui

Sous les stratus qu’imagine l’Inuit

Et qu’éveillent les bruines délétères

Absorbées au soir du gigantesque puits

Dressé sur le domaine de castes altières…

Là, s’enflent les rumeurs princières.

Au ciel bleu de juillet, les nuages s’enfuient,

Pour ne plus revenir aux ténébreuses nuits

Asphyxier un peu plus, le ventre de nos terres.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mardi 8 juin 2021

LA FILEUSE Paul Valéry


LA FILEUSE

Paul Valéry

 

Assise, la fileuse au bleu de la croisée

Où le jardin mélodieux se dodeline;

Le rouet ancien qui ronfle l’a grisée.

 

Lasse, ayant bu l’azur, de filer la câline

Chevelure, à ses doigts si faibles évasive,

Elle songe, et sa tête petite s’incline.

 

Un arbuste et l’air pur font une source vive

Qui, suspendue au jour, délicieuse arrose

De ses pertes de fleurs le jardin de l’oisive.

 

Une tige, où le vent vagabond se repose,

Courbe le salut vain de sa grâce étoilée,

Dédiant magnifique, au vieux rouet, sa rose.

 

Mais la dormeuse file une laine isolée;

Mystérieusement l’ombre frêle se tresse

Au fil de ses doigts longs et qui dorment, filée.

 

Le songe se dévide avec une paresse

Angélique, et sans cesse, au doux fuseau crédule,

La chevelure ondule au gré de la caresse...

 

Derrière tant de fleurs, l’azur se dissimule,

Fileuse de feuillage et de lumière ceinte :

Tout le ciel vert se meurt. Le dernier arbre brûle.

 

Ta sœur, la grande rose où sourit une sainte,

Parfume ton front vague au vent de son haleine

Innocente, et tu crois languir... Tu es éteinte

Au bleu de la croisée où tu filais la laine.

 

Paul Valéry

UT AUFERRENT AB EIS IUGUM* Se défaire du joug

UT AUFERRENT AB

 EIS IUGUM*

Se défaire du joug

 

Ne te laisse séduire du remords ! il enserre

La foi du pénitent mué en contempteur !

En confessant la faute absoute du Pasteur:

Jésus, L’Unique, Le Seul Agneau du Père,

Tu vaincras de l’orgueil, et sans perdre repères,

La trompeuse valeur aboutée au tuteur...

SACHE QUE:

Riche de probité, l’observance prospère.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

PARVULI DILIGITIS* Enfants de l’amour

PARVULI DILIGITIS*

Enfants de l’amour

 

 

Deux enfants s'aiment en l’aube souveraine :

 

Deux regards empreints de lumière,

 

Deux faces pénétrées de grâce coutumière ;

 

S’en éploient des mesures pérennes.

 

Deux faces bercées de symphonies

 

Semblables aux étoiles de la galaxie,

 

Égrènent du jour l’altière autarcie,

 

A l'éveil serein de dives harmonies.

 

En l’aube, discrets, immobiles,

 

Se contaient fleurette, grisés du doux arômes

 

De fruits du bel été ; ici, l’odeur du chaume

 

Monté du foin coupé, stimule le nubile,

 

 L'enfant impatient, s'il se fait gage,


Aux moites vespérales, d'animer du cœur

 

Chaque grelot spolié de rancœur,

 

En un chahut estoquant le langage.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

MERO : VINCENS* Conquérantes senteurs

MERO : VINCENS*

Conquérantes senteurs

 

De mémoire d’enfant, jamais fleurs

Ne furent si belles, si éclatantes…

Ont su lier en mes joies constantes,

La fragrance dont se revêt le cœur !

 

Leur douceur enchâssait à l’amour,

En mes primes approches, le bonheur

D’en jouir, quand s'évidaient des heures,

Les peines encordées à l’offense des jours

 

Profanant la blessure de l’amant éconduit,

Isolé de la meute raillant son infortune ;

Tenace, ô combien, des pièges sans lunes,

J’évinçais la noirceur dont l’âme s’enduit !


J’avais, des nuits d’automne, sans fards,

Au printemps à renaître, empreint

Au seuil d’extases sans frein,

Cosmétiqué l’envie écachée de tares,

 

N'étant_ c'est vrai! _ prémuni d’insolences,

L’esprit contrefait de semonces sonores…

Ma mémoire engluée au mal qui l’honore,

Fait montre d’abnégation, de dolences,

 

De torpeur, sans d'aveux premiers,

Régurgiter sans peine, la répulsive lie…

Au nard musqué des roses, ma folie

A fièrement pincé les sucs coutumiers,

 

Pour donner à ma soif ointe d’émotion,

L’incisive pépie du pérégrin meurtri

D’errements, passablement contrit,

De qui l’aplomb spolie la disposition.  


De mémoire d’esthète, jamais bouquets

Purgés de ripopées, d’hybridisme,

N’a sur mon cœur, posé par atavisme,

Autant d'aisances, ni déloqué

 

D'opinions viciées, l'abscons dépôt !

Aussi, pour m’entremettre, j’écale

Des miennes pulsions, le noyau bancal,

Atrophié (peut-être) à la cireuse peau

 

Du fruit mordu, son cerne violacé ;

Son sédiment accuse la sapidité

A naître du goût dont il a hérité :

L'exhalaison aux fumets nuancés.

 

De mémoire d’aède, jamais plume loquace

N’obvia du poème, afin d’en retenir,

Du disponible, sans les jamais ternir,

Le style, le panache… de la dédicace !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021