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mercredi 26 mai 2021

VIGINTI ANNORUM* Vingt ans

VIGINTI ANNORUM*

Vingt ans

 

Les filles de vingt ans n’écoutent plus chanter

Les amoureux blessés de la belle Venise ;

Elles quittent la lagune, rétives, insoumises ;

Heureuses, quand on les veut tenter,

De fuir les ombres mortes tapissant la jetée,

De quitter les allées accolant des remises,

Les bordures crantées, la fragile butée.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

DEFINIRE NIMIUM* A se trop définir

DEFINIRE NIMIUM*

A se trop définir

 

Il est des rires pleins déchirant le silence

De ceux dont on disait, avant de les connaître :

De leur marche forcée, à leur intolérance_

Ils ont gravi des monts, en cette itinérance,

L’ubac encor humide, comme jadis l’ancêtre,

Embrumant des réserves, l’inutile fenêtre

Bâillant sur l’artefact scindé de rémanences.

 

Il est des mots trompeurs au licencieux verbe ;

De l’implexe thésaurus, au quintessencié  

De nos fades doctrines, l’idiome trop acerbe

Eveille du sophisme, le syllogisme terbe

Emprunté du docte : habile licencié

Dupé de la faconde que maudissait Malherbe.

 

A se trop définir, se trop éparpiller, l’homme

De ce cénacle appelé CONNAISSANCE,

A pris des raccourcis, le boyau contrefait,

La tortille pincée d’inusables méfaits

Dont se fait fort_ que ne le puis-je taire ! _ Rome,

La prévaricatrice, d’annihiler, sans mal,

Au travers d’encycliques, la logique princière,

Pour enclore du bâti de l’affreuse argutie,

L’épaisse fronce lestant le fidèle abruti

En génuflexion… qui, de ce mariolâtre abêti,

Au zélateur enfiévré de coutumes sismales,

Saura dévoiler la manœuvre ?… en némale,

Longe des lacrymales, l’intense flux bistré

Absorbé des ridules de béguines voilées,

Aspiré du poreux vieillissant l’entoilée

Aux généreuses coulpes administrées

De nonces hypocrites, retors… ces pédérastes

De messes controuvées, d'apocryphes lunes

Encagées de mensonges égrenés de falunes

Mimiques : exsangues formules de castes,

En la glossolalie d’archevêques peu chastes.

 

Quand ma plume admoneste l’idoine, l’adéquat

Vient percer le bedon de cette rhétorique

Dont s’abreuve le sage qui, de l’allégorique,

Pénètre l’embrouillamini exempt de logique,

L’imbroglio du croisé, ce triste porte-croix ;

Alors,

J’effeuille du principe ordalique, avec rétention,

Le vaseux calandrage de l’idiomatique…

Serein quant aux inflexions diacritiques

D’homographes retouchant l’appréhension  

Du cossard, du gouapeur caustiques :

Spadassins privés d’évolutif, et qu’encaustique

Le sage ex cathedra, l’orateur ivre d’accrétion.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mardi 25 mai 2021

ROSEA* Rose



ROSEA*

Rose

 

Une rose parfume mes errements,

S’entête à me séduire au matin à renaître,

Berçant de sa fragrance, derrière la fenêtre,

L’éveil de cet enfant s’y voulant repaître,

Quand, douces les saisons, mollement

S’étirent, ouvrant du sépale champêtre,

Les rides foliacées en cet essor mutant…

Une rose embaume ma joie revenue

En l’éclat d’un bonheur m’ayant assujetti,

Moi, inutile barde de musique… serti,

Trouvère d’un espace ignoré de la nue.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

FANTAISIE Gérard de Nerval

FANTAISIE

Gérard de Nerval

 

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.

Or, chaque fois que je viens à l’entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C’est sous Louis treize ; et je crois voir s’étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit,

Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ;

Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que, dans une autre existence peut-être,
J’ai déjà vue… – et dont je me souviens !

Gérard de Nerval

SERVIS SUIS* Servants

SERVIS SUIS*

Servants

 

Jadis les servants agonisaient à l’ombre,

D'une horrible madone… à l’étroit,

Bavaient neuvaine, l’âme, le cœur, pantois ;

Confessant leurs péchés sans nombre ;


Pensions_ pauvres gens de l’histoire:

La foi de la valetaille assure pitance ;

De l’appréhension, n’avions que faire…

Hélas, de l’imaginative, à l’imaginaire,

La dive repentance n’assure bombance,

Malgré les mascarades de l'ostentatoire !

 

Les carnes narrent en un moite langage

Formolé de cancane, les mésaventures

Epaississant nos replètes structures_

L'offrande que l’amante peu sage

Déposait à l’autel de ces fougueux latins,

Prestes sigisbées d’agréables nuitées

Rythmant des prouesses, avec assiduité,

L’embardée… en l’escorte de rites palatins.

 


Assidus, ces factotums, ces munitionnaires

D’entregents savent parler aux dames ;

Peu s’en fallait qu’ils prissent la flamme,

Dont la manœuvre aboute l’avenaire ;


Du sourire, aux gestes épurés, offraient,

Sans parcimonie, aux galantes fardées,

L’élégance du mâle, puis, sans s’attarder,

Baisaient du sein cuivré, le cuir frais,

Pour de la retenue, acter l’impertinence,

Cet affront enquillé aux vains satisfécits:

Attribut de muse dont l’entorse initie

L’égérie d’un boudoir, déliée d’abstinence…

 

Au tertre du libertinage, l’inconvenante :

Mutine, sans abus, ni inféconds exploits,

Ajuste du viatique sous lequel elle ploie,

Généreuse prébende au gandin qui l'évente,

Aux éphémères plaies, sans caprices aucuns,

En conquérant sur un sol de victoire,

Aux prémices d’efforts concomitoires…

 

Sur sa tombe, l’empreinte cunéiforme

L’arabesque marbrée, définiront sans mal,

Ce confiant laquais au rôle suboptimal :

A sa volonté, nous resterons conformes.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

lundi 24 mai 2021

TECTI AMBAGESQUE RESOLVIT* Enchevêtrement

TECTI AMBAGESQUE RESOLVIT*
Enchevêtrement

 

Derrière les barreaux de l’orgueil mutant,

Entre les barbelés effilochés du temps,

Les cages retenant les hommes impotents,

Se tiennent les esclaves de la prétention,

Les ilotes blessés, les béotiens butant

Aux parois de bastilles de rétention,

Sans terre, ni patrie ; en reîtres impotents,

Croient avoir conquis de chaque scission,

Les roides déchirures... prenant possession

De l’âme vagabonde, de l’esprit consentant.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

ELEGIAQUES IVRESSES




Une pérégrine ascension entre les cols ténus de l'offense et l'ivresse des cimes de la poésie. Naissent en mes vertiges, d'élégiaques remembrances. Mes poèmes sont vôtres... J'écris par peur de taire les contradictions miennes. 





Armand Mando ESPARTERO