pinterest

mardi 25 mai 2021

FANTAISIE Gérard de Nerval

FANTAISIE

Gérard de Nerval

 

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.

Or, chaque fois que je viens à l’entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C’est sous Louis treize ; et je crois voir s’étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit,

Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ;

Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que, dans une autre existence peut-être,
J’ai déjà vue… – et dont je me souviens !

Gérard de Nerval

SERVIS SUIS* Servants

SERVIS SUIS*

Servants

 

Jadis les servants agonisaient à l’ombre,

D'une horrible madone… à l’étroit,

Bavaient neuvaine, l’âme, le cœur, pantois ;

Confessant leurs péchés sans nombre ;


Pensions_ pauvres gens de l’histoire:

La foi de la valetaille assure pitance ;

De l’appréhension, n’avions que faire…

Hélas, de l’imaginative, à l’imaginaire,

La dive repentance n’assure bombance,

Malgré les mascarades de l'ostentatoire !

 

Les carnes narrent en un moite langage

Formolé de cancane, les mésaventures

Epaississant nos replètes structures_

L'offrande que l’amante peu sage

Déposait à l’autel de ces fougueux latins,

Prestes sigisbées d’agréables nuitées

Rythmant des prouesses, avec assiduité,

L’embardée… en l’escorte de rites palatins.

 


Assidus, ces factotums, ces munitionnaires

D’entregents savent parler aux dames ;

Peu s’en fallait qu’ils prissent la flamme,

Dont la manœuvre aboute l’avenaire ;


Du sourire, aux gestes épurés, offraient,

Sans parcimonie, aux galantes fardées,

L’élégance du mâle, puis, sans s’attarder,

Baisaient du sein cuivré, le cuir frais,

Pour de la retenue, acter l’impertinence,

Cet affront enquillé aux vains satisfécits:

Attribut de muse dont l’entorse initie

L’égérie d’un boudoir, déliée d’abstinence…

 

Au tertre du libertinage, l’inconvenante :

Mutine, sans abus, ni inféconds exploits,

Ajuste du viatique sous lequel elle ploie,

Généreuse prébende au gandin qui l'évente,

Aux éphémères plaies, sans caprices aucuns,

En conquérant sur un sol de victoire,

Aux prémices d’efforts concomitoires…

 

Sur sa tombe, l’empreinte cunéiforme

L’arabesque marbrée, définiront sans mal,

Ce confiant laquais au rôle suboptimal :

A sa volonté, nous resterons conformes.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

lundi 24 mai 2021

TECTI AMBAGESQUE RESOLVIT* Enchevêtrement

TECTI AMBAGESQUE RESOLVIT*
Enchevêtrement

 

Derrière les barreaux de l’orgueil mutant,

Entre les barbelés effilochés du temps,

Les cages retenant les hommes impotents,

Se tiennent les esclaves de la prétention,

Les ilotes blessés, les béotiens butant

Aux parois de bastilles de rétention,

Sans terre, ni patrie ; en reîtres impotents,

Croient avoir conquis de chaque scission,

Les roides déchirures... prenant possession

De l’âme vagabonde, de l’esprit consentant.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

ELEGIAQUES IVRESSES




Une pérégrine ascension entre les cols ténus de l'offense et l'ivresse des cimes de la poésie. Naissent en mes vertiges, d'élégiaques remembrances. Mes poèmes sont vôtres... J'écris par peur de taire les contradictions miennes. 





Armand Mando ESPARTERO


APUD LAUTULAS DIMICATUM* Désaffection

APUD LAUTULAS DIMICATUM*

Désaffection

 

Se fanent les années en l’antre du malheur ;

Heures désaccordées, inutiles leurres,

Accrochés au bout de nos larmes, ces pleurs

Ruisselant au matin, au faîte des douleurs.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

PERDITA* Egarés

PERDITA*

Egarés

 

Je vois marcher la peur, courir l'angoisse;

Je regarde l'enfance étranglée de poisse,

Le rejeton que la misère empoisse...

J'entends sonner le cor du dernier jour;

Se peut-il au soir, aux péchés qui s'accroissent,

Que l'adultère se vête en ce séjour,

D'allégeance, en prélat de paroisses

Baissant la garde, défait de son ajour!

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

SCANDALIS* Offenses


SCANDALIS*

Offenses

 

Je n’ai rien de l’amant assujetti au rêve,

Ni du galant poudré, ce pâle damoiseau

Qui peut vaincre le feu, se jouer des eaux,

Quand l’amoureux vaincu a épuisé sa sève ;

Suis de ceux qui plient aux vents légers,

Et sans s'y jamais rompre… je vis serein

Sur la terre des hommes, en fier marin

Bravant mille tempêtes, pour encor voyager

Entre les confluences du lac où s’esbaudit

La glissante naïade que la bise étourdit:

Riche enjôleuse de pôles ennuagés.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021