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lundi 24 mai 2021

ELEGIAQUES IVRESSES




Une pérégrine ascension entre les cols ténus de l'offense et l'ivresse des cimes de la poésie. Naissent en mes vertiges, d'élégiaques remembrances. Mes poèmes sont vôtres... J'écris par peur de taire les contradictions miennes. 





Armand Mando ESPARTERO


APUD LAUTULAS DIMICATUM* Désaffection

APUD LAUTULAS DIMICATUM*

Désaffection

 

Se fanent les années en l’antre du malheur ;

Heures désaccordées, inutiles leurres,

Accrochés au bout de nos larmes, ces pleurs

Ruisselant au matin, au faîte des douleurs.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

PERDITA* Egarés

PERDITA*

Egarés

 

Je vois marcher la peur, courir l'angoisse;

Je regarde l'enfance étranglée de poisse,

Le rejeton que la misère empoisse...

J'entends sonner le cor du dernier jour;

Se peut-il au soir, aux péchés qui s'accroissent,

Que l'adultère se vête en ce séjour,

D'allégeance, en prélat de paroisses

Baissant la garde, défait de son ajour!

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

SCANDALIS* Offenses


SCANDALIS*

Offenses

 

Je n’ai rien de l’amant assujetti au rêve,

Ni du galant poudré, ce pâle damoiseau

Qui peut vaincre le feu, se jouer des eaux,

Quand l’amoureux vaincu a épuisé sa sève ;

Suis de ceux qui plient aux vents légers,

Et sans s'y jamais rompre… je vis serein

Sur la terre des hommes, en fier marin

Bravant mille tempêtes, pour encor voyager

Entre les confluences du lac où s’esbaudit

La glissante naïade que la bise étourdit:

Riche enjôleuse de pôles ennuagés.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

dimanche 23 mai 2021

IN FABULA* L’histoire

IN FABULA*

L’histoire

 

Quand l’histoire parachève le quotidien,

La science nous berce en son méridien,

La musique éveille le cœur amérindien,

L'andragogie soulève le pan de l’avenir...

Alors...

Les hommes deviennent esclaves à bannir...

Les femmes s’apitoient, sautent en acridiens,

Les enfants refusent hélas, de s'abonnir! ... 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

L’ALBATROS Charles Baudelaire

L’ALBATROS

Charles Baudelaire

 

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Charles Baudelaire

 

samedi 22 mai 2021

SANGUINEM ENIM ANIMARUM* Le sang des âmes

SANGUINEM ENIM ANIMARUM*

Le sang des âmes

 

Le monde est une geôle sans porte,

Un cachot que les larmes emportent ;

C'est un cloître, un vieux monastère

Sans barreaux… c’est un champ de ruines ;

C'est ici que les âmes s'enterrent,

Que les démons s'affairent...

Aux ides... les cycles le redessinent,

Au jour grisé d'infernales colères

Voulant déformer, aux flux de la cohorte,

Le sphérique habitacle, hué d’acariâtres,

L'ovale stratosphère aux nuages noirâtres,

Et qu'absorbent, telle la liqueur forte,

Pontifiants, jouissifs noceurs : cette minable

Caste de sectaires, et qu’assoient à leur table,

Prélats et scientistes, professes et marâtres,

Ici-bas, se fardant d'actes inénarrables. 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021