Désaffection
Se fanent les années en l’antre du malheur ;
Heures désaccordées, inutiles leurres,
Accrochés au bout de nos larmes, ces pleurs
Ruisselant au matin, au faîte des douleurs.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Désaffection
Se fanent les années en l’antre du malheur ;
Heures désaccordées, inutiles leurres,
Accrochés au bout de nos larmes, ces pleurs
Ruisselant au matin, au faîte des douleurs.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Egarés
Je vois marcher la peur, courir l'angoisse;
Je regarde l'enfance étranglée de poisse,
Le rejeton que la misère empoisse...
J'entends sonner le cor du dernier jour;
Se peut-il au soir, aux péchés qui s'accroissent,
Que l'adultère se vête en ce séjour,
D'allégeance, en prélat de paroisses
Baissant la garde, défait de son ajour!
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Offenses
Je n’ai rien de l’amant assujetti au rêve,
Ni du galant poudré, ce pâle damoiseau
Qui peut vaincre le feu, se jouer des eaux,
Quand l’amoureux vaincu a épuisé sa sève ;
Suis de ceux qui plient aux vents légers,
Et sans s'y jamais rompre… je vis serein
Sur la terre des hommes, en fier marin
Bravant mille tempêtes, pour encor voyager
Entre les confluences du lac où s’esbaudit
La glissante naïade que la bise étourdit:
Riche enjôleuse de pôles ennuagés.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
L’histoire
Quand l’histoire parachève le quotidien,
La science nous berce en son méridien,
La musique éveille le cœur amérindien,
L'andragogie soulève le pan de l’avenir...
Alors...
Les hommes deviennent esclaves à bannir...
Les femmes s’apitoient, sautent en acridiens,
Les enfants refusent hélas, de s'abonnir! ...
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Charles Baudelaire
Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.
Charles
Baudelaire
Le sang des âmes
Le monde est une geôle sans porte,
Un cachot que les larmes emportent ;
C'est un cloître, un vieux monastère
Sans barreaux… c’est un champ de ruines ;
C'est ici que les âmes s'enterrent,
Que les démons s'affairent...
Aux ides... les cycles le redessinent,
Au jour grisé d'infernales colères
Voulant déformer, aux flux de la cohorte,
Le sphérique habitacle, hué d’acariâtres,
L'ovale stratosphère aux nuages noirâtres,
Et qu'absorbent, telle la liqueur forte,
Pontifiants, jouissifs noceurs : cette minable
Caste de sectaires, et qu’assoient à leur table,
Prélats et scientistes, professes et marâtres,
Ici-bas, se fardant d'actes inénarrables.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Assurance vie
Égrenant des nuits, toute la démesure,
Elle voit s’arrondir son ventre ;
L’enfant qui naîtra deviendra l'épicentre
Du bonheur délié de chaque meurtrissure.
Elle écoute pousser la glaireuse semence,
S’imagine l'océan entre les déferlantes
Jaillissant des récifs, et qu’enfantent
Les perles de la luminescence.
Elle sent sous ses reins, glisser le liquide
Du lourd fœtus brassé de l’amnios:
Confluentes vagues, mascarets véloces,
Chassés du spumescent, en l'humide.
Elle calme sa matrice, illusionnée,
Grimée de l’artefact, ce vitreux halo,
Gesticulant entre les mortes eaux
Du ressac... ce jusant chiffonné.
Gwendoline en cerne l'éclat trompeur,
Elle y scrute les moindres atomes
Transmués, figés, sous hématomes ;
Devenue femme, elle écume ses peurs.
Des primes douleurs, se souviendra
Comme d’un nécessaire mal… sa peau
Lacérera des visqueux oripeaux,
L'étrange protubérance, sous les draps...
Emmailloté, son corps en abstinence
Voilera le duvet satiné de la chair,
Apaisant la frêle créature, l'être cher
Tambourinant avec impatience.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021