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mardi 4 mai 2021

UMBRA* Nuance

UMBRA*

Nuance

 

Des nuances mauves embrasent le tableau ;

Fauve et pastel s’incarnent en la pochade

Dupant l’aquafortiste étranglé du simbleau …

De la munificence, à la bambochade,

S’étire le cordon de nos amours en rade,

Dupées de l’aquatinte émargée du troubleau.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

AUT NON NATUS NATA* Naître ou ne pas naître

AUT NON NATUS NATA*

Naître ou ne pas naître

 

Je vais par les chemins où se perdent encor,

L'homme, cet animal: fougueux destrier,

L'enfant, ce débonnaire: fœtus expatrié

De la matrice où s'allume le corps.

 

Longeant du devenir, aux aurores,

Le tortueux boyau de fiefs sans jardins,

Ma vie s'alune sans peine, ni dédain,

Refoulé du passé, ses fièvres sonores

 

Parfois diluées des peines de gosse,

Les déshérences aux larmes du deuil

De lacrymales... peu à peu s'y effeuillent,

Les années éventrées du négoce.


Je dévie de l'allée où tempêtent les vents,

S'irrite la tornade de désirs ambigus…

Mon envol pose ici, des soupirs exigus,

Aux travées de souhaits captivants.

 

Naître sous la ramure de jours lumineux,

Boire de la rosée, de diaphanes perles…

Ouïr l'oisillon abecqué du beau merle

Au plumage frôlé du germe glutineux.

 

Partir sans besace, s'accoter au rocher,

Puis de la corne, priser abondance...victorieux

De nuits où gît le cœur incurieux

Arc-bouté aux heures amochées.


Fin prêt pour le départ… Le Ciel me tutoie ;

Que n'aurais-je donné pour vivre sous son toit !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

lundi 3 mai 2021

ZUCAYAN Maurice Vallet

ZUCAYAN

Maurice Vallet 

Les filons furent épuisés
Avant d'être mis à jour
Ils furent exploités
Avant même d'exister
Zucayan
A Zucayan

A Zucayan
Les chercheurs ont jeté
Leurs pioches et leurs tamis
L'or est devenu sourd
A leur triste folie
Zucayan
A Zucayan
A Zucayan
Les sales et mauvaises fleurs
Ont envahi les rues
Les plantes carnivores
S'installent sur les balcons
Zucayan
Les hommes se sont tus
Ils ont fui leur maison
Et sont partis ailleurs
Refaire fortune encore
Zucayan




Tout seul je suis resté
Parmi les indiens bleus
Les lianes enchevêtrées
Et les anciennes mines
Zucayan
Ma barbe pousse lentement
Et la couleur de mes yeux
Se délave dans le temps
De ma mémoire en ruine
Zucayan
Je vieillirai sans joie
Auprès des piranhas
Et je finirai roi
De sauvages trop sages
Zucayan
Au moment du voyage
Je retrouverai les mines
Je redécouvrirai les filons
Je redeviendrai riche
Zucayan
A Zucayan
A Zucayan

PER TRINUS* Aller-retour

PER TRINUS*

Aller-retour

 

Partir ?... J’y ai pensé ; rester, j’y pense encor ;

Mais, au fait, quel indice profane, ou présage

Me pourrait retenir au sombre paysage

Dont s’insurge l’amour, ce factice décor

Pénétré d’insolubles couleurs, ce mucor

Parasitant l’ivresse décisionnelle ? sans adage,

Je confesse céans, en mes plus belles pages,

Farder de la garde, les ultimes voyages :

Prosodiques trochées sevrés de désaccords.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

dimanche 2 mai 2021

A SAINTE-BEUVE Alfred de Musset



A Sainte-Beuve

Ami, tu l'as bien dit : en nous, tant que nous sommes,
Il existe souvent une certaine fleur
Qui s'en va dans la vie et s'effeuille du cœur.
"Il existe, en un mot, chez les trois quarts des hommes,
Un poète mort jeune à qui l'homme survit."
Tu l'as bien dit, ami, mais tu l'as trop bien dit.

Tu ne prenais pas garde, en traçant ta pensée,
Que ta plume en faisait un vers harmonieux,
Et que tu blasphémais dans la langue des dieux.
Relis-toi, je te rends à ta Muse offensée ;
Et souviens-toi qu'en nous, il existe souvent
Un poète endormi toujours jeune et vivant.


Alfred de Musset 1810 - 1857

VINCERE CUM DIGNITATE…* S’affranchir… dignement

VINCERE CUM DIGNITATE…*

S’affranchir… dignement

 

M’arrive souvent, aux ides de juillet,

De me couler entre les molles vagues

De cycles ondulés, et qu’élaguent

Les mers où se viennent mouiller,

 

Les barques d’exotiques tempêtes,

Dont la rage redessine les flots…

J’y dérive en plaidable gourdiflot,

En des résipiscences d’arpettes.

 

Bavent des tortionnaires sans repos,

Pressureurs lovés entre les canisses

Du cerveau, las d’inféconds sacrifices ;

N’en vois aucun au lever du drapeau,

 

Me délivrant des faux calandrages

Sous lesquels s’agite l’infernal ego

Tancé de la vindicte aux reflets albugo

Traversés du miroir sans cadrage,

 

Ciselé d’orfèvres ; leur maillet échancre

Du profil rehaussé d’irisation,

Nitescence flouée de l’émaciation

Cernée de vierges aux yeux d’encre.

 

M’arrive, au faîte des joies,

De m'étendre nu, sur le gazon humide,

En rêvant, d'atteindre La Pyramide

Du Ciel Protecteur, aux Pieds du Grand Roi :

 

Seul Souverain de ma vie de croyant

Affranchi _ mais toujours guerroyant.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

samedi 1 mai 2021

CAERULEUM SOMNIABUNT * Rêve bleu

CAERULEUM SOMNIABUNT *

Rêve bleu

 

Les rêves bleus s’achèvent, avant de revenir

Peupler de la vacance de nos souvenirs,

Les éphémères pauses, la molle inertie,

L’inaction passagère, en pointe d’autarcie.

Par-dessus la rambarde de lubies intenses :

Cauchemars qui souvent s’y condensent…

De pompeux éléments heurtent encor du songe,

Quand bâille l’onirisme, au flou du mensonge,

Les fâcheux entrelacs, ces lacis formatés,

Pour n’être plus l’étrange venant tenter

Le sujet amorphe, écrasé de couardises,

Le béjaune poissé, lesté de balourdises.

 

Les rêves bleus encartent à nos belles pages,

L’image retouchée d’un possible voyage.

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021